Football à l'UQTR: un ambitieux projet

La corporation visant un retour du football à... (Photomontage: Olivier Croteau)

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La corporation visant un retour du football à l'Université du Québec à Trois-Rivières estime que tout est en place afin de permettre aux Patriotes de connaître du succès au stade Diablos.

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(Trois-Rivières) La corporation visant un retour du football à l'Université du Québec à Trois-Rivières a de très grandes ambitions pour sa potentielle équipe. Ces ambitions passeront par l'expansion du stade Diablos de 2000 à 6600 places, un projet de 3,2 M$. Il ne manque que le feu vert de l'Université.

Le conseil d'administration de l'UQTR devra rendre une décision sur le projet le 2 novembre prochain lors de sa prochaine assemblée, après de nombreux reports. Il s'agit de la date limite pour le groupe, puisqu'une lettre d'intention devra être déposée au Réseau du sport étudiant du Québec d'ici à la Coupe Vanier, le 28 novembre. Si l'UQTR devait retarder sa décision, le projet serait inévitablement remis à l'an prochain. La corporation a accepté de dévoiler son plan financier au Nouvelliste.

Parmi les parties les plus ambitieuses du projet se retrouve l'agrandissement du stade Diablos, des coûts estimés à 3,2 M$, dont 50 % pourrait être financé grâce à un programme du gouvernement du Québec. Le 1,6 M$ restant viendrait d'un partenariat entre l'UQTR, le Cégep, la corporation et la Ville de Trois-Rivières.

L'ajout d'un pavillon de trois étages qui serait situé entre le Cégep et le terrain représente le gros du projet. Un ajout nécessaire du fait que les Patriotes n'ont pas accès à un vestiaire au stade Diablos. On retrouvera au sous-sol les différents services médicaux offerts aux joueurs, alors que le vestiaire sera situé au rez-de-chaussée. Finalement, des bureaux, ainsi que des salons et une terrasse seront aménagés au dernier étage, ce qui permettra à l'équipe d'accueillir les dignitaires.

Afin d'atteindre le chiffre de 6600 sièges, des estrades seront louées au Festival du cochon de Sainte-Perpétue, des installations temporaires qui se sont déjà retrouvées dans la zone des buts du stade Percival-Molson lors des matchs des Alouettes de Montréal. Celles-ci seraient installées sur la ligne de côté ouest, mais aussi derrière les deux zones des buts.

«Les Diablos pourront utiliser les installations», prévient un des meneurs de la corporation, l'ancien député du Parti québécois Jean-Guy Paré.

Selon le plan d'affaires mis de l'avant, des foules de 3675 personnes par match seront nécessaires afin de permettre à l'équipe de faire ses frais. En comparaison, le Vert et Or de Sherbrooke attire un peu de moins de 5000 personnes par rencontre, alors que les Diablos ont des foules avoisinant les 1000 amateurs.

«C'est une estimation réaliste. On est confiant parce qu'on a un groupe extraordinaire. Nous avons des gens qui sont reconnus dans le milieu pour être capables d'organiser des choses. Pour nous, ce sont cinq événements par année, ce n'est pas comme les Aigles qui sont chaque jour. Ce sera des rendez-vous exceptionnels, familiaux, qui vont commencer à 9 h le matin pour se terminer à 10 h le soir», analyse Paré.

La corporation s'est d'ailleurs tournée vers Wilson Oshaughnessy, un professeur de l'UQTR, afin de confectionner son plan d'affaires. C'était primordial selon Paré.

«C'est un professeur qui a une bonne crédibilité. Il ne faut pas oublier que récemment, le vérificateur général du Québec a dit que les dossiers qui étaient présentés au conseil d'administration était un peu bâclés», dit-il à propos de la qualité de sa présentation.

Le Cégep à l'écoute

Du côté du Cégep, après plusieurs discussions avec la corporation visant le retour des Patriotes, on est en mode attente en ce qui a trait à la construction de ce nouveau pavillon de 3,2 M$. Le manque d'infrastructures sportives au cégep, dont un gymnase supplémentaire afin de répondre à la demande, pourrait donner envie aux dirigeants de sauter dans l'aventure et de s'assurer que les infrastructures manquantes soient du projet.

«Ce nouveau bâtiment serait l'opportunité d'améliorer le stade. Quand on recevait le Bol d'or, il fallait mettre des toilettes chimiques partout. Oui, on a parlé d'éventuellement avoir un autre bâtiment, mais le tout n'est pas encore attaché. Je pense que tout ça pourrait aller plus vite lorsque l'UQTR confirmera ou infirmera qu'elle va de l'avant», analyse le directeur des Services aux étudiants du Cégep, Réjean Paquet.

«Pour le financement, il va falloir s'asseoir. Ça fait trois ans qu'on subit des coupures, il faut donc voir avec des partenaires. Le stade Diablos a été réalisé avec le partenariat de la Ville. C'est une décision à trois qui devra se prendre.»

Des arguments pour le recrutement

Jean-Guy Paré estime que la venue d'une équipe de football permettra un afflux d'au moins 80 étudiants - joueurs, amis, copines - qui ne se seraient pas inscrits à l'Université sans équipe de football. Puisque un étudiant signifie une subvention avoisinant les 10 000 $, voilà une entrée d'argent particulièrement intéressante en cette période de restrictions économiques. «Pour nous, c'est suffisant pour séduire l'université, parce qu'à partir de 2017, ils vont en récolter les fruits.»

Le groupe met aussi de l'avant le fait que l'UQTR profitera d'une publicité inestimable grâce aux retransmissions des parties au petit écran, qui ont attiré une moyenne supérieure à 600 000 spectateurs l'an dernier. «À l'époque, il y avait 50 000 personnes qui écoutaient ça. C'est pourquoi lors de la dernière période d'appel d'offres, il y a eu beaucoup de compétition. C'est différent de l'époque où il fallait payer pour être diffusé à RDS.»

Une publicité dont ne jouit aucune autre institution du réseau de l'Université du Québec. Il reste maintenant à savoir si les administrateurs de l'UQTR tenteront le grand coup ou s'ils préféreront mettre un genou au sol.

Budget (2017)

Dépenses

Masse salariale et frais de recrutement: 605 590 $

Équipement: 132 694 $

Bourses aux étudiants: 100 000 $

Dépenses totales: 998 384 $

Revenus

Billetterie: 401 000$ / 3675 personnes par match

Bâtisseurs et partenaires corporatifs: 425 000 $

Autre revenus: 64 250 $

Revenus totaux: 1 270 605 $

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