Les Packers comme modèle

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Jean-Guy Paré, au centre, mène le projet de retour du football à l'UQTR. Normand Chouinard, vice-président aux investissements du Fonds de solidarité FTQ, et Yvon Michel, du Groupe Gym, ont aussi promis leur appui à cette initiative.

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(Trois-Rivières) Le succès du football du Rouge et Or à l'Université Laval peut grandement être attribué à Jacques Tanguay. Président de l'équipe, il a su élever la formation au sommet du football canadien en adoptant un modèle de gestion privé dans une perspective universitaire, ce qui n'existait pas au Québec à l'époque. Trois-Rivières, elle aussi, aura ses Jacques Tanguay.

En coulisses, un groupe de 35 investisseurs s'active afin de mettre sur pied le projet. Si certains sont d'anciens joueurs, d'autres n'ont strictement rien à voir avec la formation qui a rendu l'âme en 1979.

On connaissait déjà l'intérêt du groupe Le Prix du Gros et celle d'Yvon Michel du groupe Gym dans la boxe, d'autres noms se sont ajoutés comme Louis Bibeau, propriétaire de l'entreprise Logistik Unicorp, qui fabrique des uniformes pour les forces de l'ordre partout à travers la planète, et qui deviendrait l'un des plus importants donateurs pour l'équipe. Plusieurs investisseurs préfèrent pour l'instant garder l'anonymat, mais sont des acteurs très impliqués dans la communauté des affaires trifluvienne.

La présence du Groupe Yvon Michel pourrait être l'une des pierres d'assise du développement marketing de la nouvelle formation, puisque celle-ci devrait opérer indépendamment du Service de l'activité physique et sportive de l'UQTR. Cette manière de faire devrait grandement faciliter les opérations, puisque la structure bureaucratique de l'institution n'est pas adaptée à une équipe sportive qui peut espérer attirer 6000 personnes par match.

«Ma compagnie va être impliquée financièrement parce que je l'ai fondée et j'ai réussi à convaincre mes partenaires du bien-fondé de cette participation. Mais moi, personnellement, j'ai un réseau de contacts, des amis, des connaissances spécifiques. L'implication de redonner, ce n'est pas seulement financier, mais aussi au niveau humain, qui peut aider au bon développement et aux opérations», souligne Michel, qui a évolué comme secondeur de 1975 à 1977, en plus d'être entraîneur lors des deux années suivantes. Il a vu les Patriotes s'éteindre en 1979.

«Quand c'est tombé, j'étais tellement furieux que j'ai délaissé le football, raconte Michel. C'est paradoxal, parce que si le football n'était pas tombé, je ne serais pas rendu à Montréal pour me lancer dans la boxe, ça aurait été dans le football.»

Peu demandant pour l'UQTR

La structure financière du projet s'inspirera des Packers de Green Bay de la NFL, où la communauté est propriétaire de l'équipe. Des parts de 10 000 $ seront mises en vente et jusqu'à présent, une somme de 475 000 $ a déjà été promise, dont 125 000 $ venant d'un seul donateur. Au total, les Patriotes tenteraient de compter dans leurs rangs 300 donateurs afin d'atteindre le chiffre magique de 3 M$ nécessaire afin de lancer le programme.

Cette formule de financement est primordiale, puisque l'Université, si elle accepte de sauter dans cette aventure, serait une des institutions dont la participation financière serait la moindre au Québec, avec une somme de 150 000 $ par année, soit 14 % du budget, en plus de ne pas avoir à mettre un sou dans le lancement de la formation. En comparaison, McGill, Bishop's et Concordia défraient entre 70 et 80 % des coûts annuels. Laval et Montréal, eux, ne font appel qu'à des fonds privés ainsi que les revenus aux guichets pour boucler le budget.

Après l'avoir fait avec les Diablos, Pierre Richard,... (Photo: Stéphane Lessard) - image 2.0

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Après l'avoir fait avec les Diablos, Pierre Richard, un ancien des Patriotes football, propose de créer bénévolement le programme d'aide académique aux joueurs des Patriotes. Son fils, Jonathan Beaulieu-Richard, joue maintenant avec le Rouge et Noir d'Ottawa. «N'eut été du football universitaire, je n'aurais jamais mis les pieds à l'UQTR. J'ai fait ma vie à Trois-Rivières et mes enfants sont trifluviens.»

Photo: Stéphane Lessard

De nouveaux programmes dans la mire

Afin d'attirer d'avantage de joueurs à Trois-Rivières, la corporation pour le retour du football à l'UQTR espère que l'institution mettra de l'avant deux nouveaux champs d'études susceptibles d'intéresser cette clientèle.

Ces deux nouvelles formations,une maîtrise en thérapie sportive et une maîtrise en coaching s'adresseraient autant au monde du sport que des affaires. Pour l'équipe, l'avantage d'ajouter des programmes de maîtrise est que le tout s'adresse aux étudiants de quatrième et cinquième année, ce qui permettra ainsi de garder les joueurs un peu plus longtemps à l'université, plutôt que de les voir quitter après leur baccalauréat.

«C'est 80 nouveaux étudiants. En plus, par 20 étudiants, c'est un professeur de plus. Tout le monde y trouve son compte», rappelle Jean-Guy Paré, un des instigateurs du projet.

Celui-ci ajoute que les baccalauréats uniques à l'UQTR, tel que chiropractie et podiatrie, permettra aussi aux Patriotes de compter sur un avantage face à d'autres universités en termes de recrutement.

Accompagnement pour les étudiants

Si une équipe devait voir le jour à l'UQTR, la corporation promet qu'un système d'aide aux étudiants-athlètes serait mis de l'avant afin d'aider à leur réussite. Pas question de compter dans les rangs des joueurs qui passeront cinq ans sur les bancs d'école à titre d'étudiant libre, sans décrocher un diplôme.

«Ce qu'on veut, ce sont des étudiants-athlètes qui sont avant tout, des étudiants. Il ne faut pas que ce soit le contraire», prévient Pierre Richard, qui devrait être en charge de mettre sur pied ce programme, lui qui fait partie du groupe des donateurs. Et le tout de manière entièrement bénévole. 

L'ancien professeur du Cégep de Trois-Rivières et de l'UQTR - il enseigne toujours à l'Université de Sherbrooke - s'y connaît dans le domaine, puisqu'il a tenu ce rôle avec les Diablos pendant de nombreuses années.

«Quand j'ai commencé, je n'avais pas de libération pour le faire, je le faisais bénévolement. Mon fils jouait pour l'équipe et j'étais prêt à le faire.»

Son fils, c'est Jonathan Beaulieu-Richard, qui évolue avec le Rouge et Noir d'Ottawa dans la Ligue canadienne de football, mais surtout, qui a complété ses études en pharmacie tout en étant un joueur-clé des Carabins de Montréal.

Le paternel utilise d'ailleurs la même technique avec ses protégés qu'il ne le faisait avec son fils.

«Je travaille comme un bon père de famille et on rencontre les joueurs individuellement, pratiquement chaque semaine, explique-t-il. 

Habitué de travailler avec des étudiants-athlètes cégepiens, moins autonomes que les collègues féminines, Richard estime que ce type de programme peut grandement aider de jeunes adultes à avoir du succès autant sur que hors du terrain. «Quand je regardais au niveau collégial, ils étaient un peu plus à risque. Au niveau universitaire, je n'en suis pas certain, ils ont plus de maturité. On a obtenu au niveau collégial des taux de réussite très intéressants, sans mesure coercitive.»

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