Deux athlètes, deux histoires, un défi

Sarah Casaubon et Steeve Carpentier sont arrivés près... (Courtoisie)

Agrandir

Sarah Casaubon et Steeve Carpentier sont arrivés près de deux semaines avant le jour J afin de permettre à leur corps de s'adapter au climat hawaïen.

Courtoisie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Trois-Rivières) Le Shawiniganais Steeve Carpentier est l'un des premiers athlètes québécois à avoir pris part à des courses de type Ironman et a déjà participé à la grande messe du triathlon longue distance à deux reprises. Sa concitoyenne Sarah Casaubon en est quant à elle qu'à sa deuxième saison en triathlon et a complété son premier Ironman en août dernier à Mont Tremblant.

Néanmoins, ces deux athlètes d'exception feront face au même défi demain: soit celui de dompter les dieux de l'île de Kona à Hawaï tout au long des 3,8 km de nage, des 180 km de vélo et des 42,2 km de course à pied que composent le difficile parcours du Championnat du monde de Ironman. Joints en début de semaine à Hawaï, les deux comparses se disaient fin prêts pour la mythique course à laquelle participent des triathlètes venant des quatre coins du globe depuis 37 ans. Afin de mettre toutes les chances de leur côté, ils sont arrivés sur l'île de Kona près de deux semaines avant le jour J afin d'accélérer leur adaptation au climat hawaïen et peaufiner leur préparation. Après s'être entraînés d'arrache-pied pendant plusieurs mois tout en conjuguant carrière, famille et autres aléas de la vie quotidienne, il n'était pas question pour eux de bousiller tous ces efforts en arrivant trop tard.

«Ça prend environ 10 jours au corps humain pour s'adapter à une telle chaleur. En arrivant la semaine dernière, ça nous a permis de faire une grosse semaine d'entraînement dans ces conditions. Nous pouvons donc lever le pied cette semaine et nous reposer en prévision de la course», a expliqué Carpentier lors de l'entretien avec Le Nouvelliste.

La chaleur n'est cependant pas le seul facteur qui fait en sorte que cette course a la réputation d'être sans pitié pour les athlètes, même les plus aguerris. Les forts vents qui sont toujours présents sur l'île, le fait que la portion de natation se déroule dans un océan - donc dans l'eau salée - et les montées qui ponctuent les parcours de vélo et de course à pied donneront également du fil à retordre aux deux Shawiniganais.

«Il y a quelques montées pas évidentes», a reconnu Sarah alors que Steeve n'a pas hésité à qualifier le parcours de cochon.

«Il y a environ 1200 mètres de dénivelé sur le parcours de vélo, donc ça ne sera pas facile. Et en raison des vents, on doit rester le plus possible en position aérodynamique, même dans les montées. Il faut de plus commencer à s'hydrater rapidement une fois sur le vélo car on se déshydrate plus vite quand on nage dans l'eau salée», a-t-il poursuivi.

Même course, objectif différent

Bien qu'ils se soient préparés avec le même sérieux, l'enseignant au secondaire et la médecin n'ont pas le même objectif en tête. 

Alors que Carpentier espère compléter l'épreuve en moins de 9 heures et 45 minutes en misant sur une grosse performance lors de la portion de vélo - sa discipline de prédilection -, Casaubon est moins ambitieuse pour sa première participation. 

Soignant une blessure qui l'handicape à la course à pied depuis plusieurs mois - elle était d'ailleurs blessée lorsqu'elle s'est qualifiée lors du Ironman de Mont Tremblant - elle garde les deux pieds sur terre et demeure réaliste. Elle se croit tout de même en mesure d'offrir une bonne performance, mais préfère garder son objectif de temps pour elle.

«Ça va de mieux en mieux pour la course à pied. En fait, ça n'a jamais été aussi bien depuis trois mois. Ça devrait donc bien aller. J'ai hâte de le faire et je vais courir au feeling. C'est ce que j'ai fait à Tremblant et ç'a fonctionné. Je veux de plus avoir le sourire aux lèvres à l'arrivée», a-t-elle indiqué.

L'élève et le maître

Instigateur du projet Devenir Ironman dans le cadre duquel il a encadré 10 athlètes de la région pendant un an jusqu'au Ironman de Mont-Tremblant, Carpentier avait flairé la bonne affaire en recrutant Casaubon dans son groupe. 

Sans se douter qu'elle allait l'accompagner à Hawaï un an plus tard, il voyait tout de même en elle un grand potentiel.

«Je ne la connaissais pas beaucoup au début mais je savais que c'était une bonne athlète, notamment en course à pied. Mais quand nous avons commencé à s'entraîner ensemble au printemps, j'ai été un peu surpris par son potentiel. Il lui reste encore des choses à travailler, mais elle a un bel avenir devant elle», a-t-il confié.

«Je ne l'aurais pas cru si on m'avait dit il y a un an que je serais ici aujourd'hui. Je n'y crois pas encore. Je fais un peu de déni. J'ai un peu le syndrome de l'imposteur», a lancé la principale intéressée.

Des entraîneurs très fiers

En plus de leurs aptitudes physiques et de leur volonté de fer, Steeve Carpentier et Sarah Casaubon ont pu compter sur l'encadrement de deux entraîneurs chevronnés tout au long du chemin qui les a menés jusqu'à Hawaï.

Alors que Carpentier fait partie des disciples de Pascal Dufresne, Casaubon est au nombre des athlètes qu'encadre Isabelle Gagnon. Les deux entraîneurs, qui font partie de l'équipe du club Trimégo en plus d'entraîner plusieurs triathlètes de façon individuelle, sont très fiers de voir ces deux athlètes qualifiés pour le Championnat du monde de Ironman.

«En raison de son expérience, j'ai une relation spéciale avec Steeve. On discute beaucoup car il est également un entraîneur. On peut essayer des choses différentes car il se connaît très bien comme athlète. Il est le fun à coacher et je suis très fier qu'il se soit qualifié une troisième fois», indique Pascal Dufresne, qui a vu plusieurs autres de ses protégés prendre part à ce prestigieux rendez-vous au cours des dernières années.

Casaubon constitue quant à elle la première athlète qu'Isabelle Gagnon envoie à Hawaï. Celle qui a elle-même participé à cette course mythique au cours de sa carrière d'athlète confie qu'elle aurait bien aimé accompagner sa protégée. Néanmoins, elle suivra sa course à distance et est confiante qu'elle saura tirer son épingle du jeu.

«Je me reconnais en Sarah. Elle est un peu comme moi quand j'étais jeune. Elle est fonceuse. Il y a beaucoup de personnes qui auraient abandonné mais pas elle», raconte-t-elle, faisantréférence à la blessure qui incommode son athlète depuis plusieurs mois.

Doyon y sera

Champion dans la catégorie des 18 à 24 ans l'an dernier, le Trifluvien d'adoption Pierre-Marc Doyon sera également sur la ligne de départ demain. Complètement remis d'une blessure qui l'a considérablement ralenti en début de saison et fort d'une victoire lors du Triathlon Esprit de Montréal le mois dernier, il s'alignera dans la très compétitive catégorie des 25-29 ans cette année. Il a obtenu sa qualification en raison de son titre de champion de l'an dernier.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer