Gagné survolte le stade

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(Trois-Rivières) «C'était la dernière fois. Je voulais donner tout ce que j'avais.»

Douze ans après avoir remporté le trophée Cy Young avec les Dodgers de Los Angeles, Éric Gagné a démontré qu'il avait encore l'étoffe nécessaire pour se distinguer sur un monticule. À son premier départ professionnel en six ans, devant les gradins remplis à craquer du stade Fernand-Bédard, le célèbre numéro 38 a fait revivre de beaux souvenirs aux amateurs de baseball dans une victoire de 5-3 en offrant une solide performance de quatre manches et un tiers dans l'uniforme des Aigles de Trois-Rivières.

À 39 ans, Game Over aura fait vibrer les 6022 spectateurs pendant 81 lancers - dont certains ont atteint la barre des 93 milles à l'heure - n'accordant qu'un point sur deux petits coups sûrs, cinq buts sur balles en plus de se payer deux frappeurs des Capitales de Québec sur trois prises.

En bout de ligne, quelques problèmes de contrôle en raison d'un bras qui devenait de plus en plus lourd l'auront convaincu de tirer sa révérence, sous la plus chaleureuse ovation de l'histoire de la concession trifluvienne, après avoir réussi 13 retraits.

«Je voulais donner un bon show. J'étais étonné de voir que j'atteignais les 93. Parfois, l'adrénaline, ça permet de lancer encore plus fort. À part les buts sur balles, j'ai bien lancé pour mon vieil âge», a souri le héros du jour en point presse.

Pour Gagné, ce départ revêtait un caractère très émotif puisqu'il s'est déroulé sous le regard attentif de ses quatre enfants, dont certains n'avaient pratiquement aucun souvenir de lui en action sur un monticule. L'accueil du public lui a également fait très chaud au coeur.

«C'était le fun de voir leur face quand je suis revenu dans l'abri. Mon gars m'a accueilli avec une grosse caresse. J'étais content de leur montrer ce que je suis capable de faire, à part qu'au golf. C'était mon dernier match, je voulais qu'ils le voient.»

Contrairement à son retour au jeu avec les Capitales à l'été 2009, Gagné n'a pas tardé à se mettre en confiance sur la butte. C'est d'ailleurs avec une demi-manche parfaite qu'il a amorcé la rencontre en forçant les trois premiers frappeurs à claquer de faibles ballons. Le ton semblait donné pour une soirée magique.

Le portrait s'est compliqué en quatrième manche, avec deux passes gratuites d'entrée de jeu qui ont mené au premier point des visiteurs. La défensive est ensuite venue à la rescousse du copropriétaire avec un double-jeu.

Visiblement incommodé physiquement, Gagné a d'abord reçu la visite de Pierre-Luc Laforest après un seul tir en cinquième manche. Puis, quelques lancers plus tard, le vainqueur de la Série mondiale avec les Red Sox de Boston en 2007 a convenu, avec le sentiment du devoir accompli, de mettre un terme à sa soirée de travail, en avance 3-1.

«Avec tout ce monde dans les estrades, l'atmosphère me faisait un peu penser à celle du Fenway Park, à Boston. On aurait dit qu'il y avait 55 000 personnes à certains moments», a indiqué celui qui était opposé à Karl Gélinas sur la butte pour l'occasion.

Lagarde sauve Gravel

Une fois sorti du match, Gagné a vu les Capitales inscrire deux points rapidement pour créer l'égalité. Ce sont deux erreurs du jeune receveur Simon Gravel qui ont permis aux représentants de la Vieille capitale de revenir dans la rencontre aux dépens de Mike Bradstreet.

Appelé à remplacer Joel Carranza comme frappeur désigné, Sasha Lagarde a toutefois effacé la bourde de son receveur et relancé la fête dans les gradins à l'aide d'un double opportun qui a fait produire le point gagnant dès le tour au bâton suivant.

Puis, pendant que Bradstreet s'est assuré de réduire les Capitales au silence, Javier Herrera a bonifié le coussin des locaux avec un retentissant circuit solo. Il s'agissait de la deuxième longue balle de la soirée pour les Aigles, après celle de Steve Brown en troisième manche.

Fumant depuis un mois et demi, Kaohi Downing n'a pas fait durer le suspense en fermant parfaitement les livres en neuvième manche, mettant le point d'exclamation à cette soirée magique.

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