Veto territorial: les Cataractes n'auront plus le dernier mot

Martin Mondou et Réal Breton ont été des... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

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Martin Mondou et Réal Breton ont été des complices pendant plusieurs saisons. Une chicane interne a mené au départ de Breton, et l'homme d'affaires de la Vieille Capitale a depuis tenté de ressusciter les Draveurs, il y a deux ans.

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Steve Turcotte
Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) Si des promoteurs voulaient à nouveau ramener le hockey junior à Trois-Rivières, les Cataractes n'auront plus le dernier mot à partir de la mi-septembre. Le Nouvelliste a en effet appris que l'Assemblée des membres (propriétaires et actionnaires), qui se réunira les 11 et 12 septembre à Québec, va abolir le veto territorial dans la constitution de la LHJMQ, neuf mois après un projet de règlement qui a été soumis par un comité spécial et accepté par les gouverneurs du circuit.

Cette nouvelle réglementation sera mise en place afin de satisfaire le Bureau de la concurrence, qui avait menacé la ligue de poursuites judiciaires si le veto territorial restait en force. Mystérieusement, le Bureau de la concurrence s'était intéressé à cette portion précise de la constitution de la LHJMQ quelques semaines à peine après que Réal Breton n'ait pas réussi à convaincre ses anciens partenaires chez les Cataractes de le laisser opérer une deuxième franchise du circuit Courteau en Mauricie. Breton, qui souhaitait alors faire ressusciter les Draveurs en compagnie de partenaires de renom, - Geoff Molson, les frères Peter et Richard Simons et Bob Hartley - misait évidemment sur l'érection d'un nouvel aréna de 5000 sièges dans la cité de Laviolette, un dossier qui traîne en longueur. Deux ans plus tard, le projet serait encore dans les cartons du groupe. En entrevue au Nouvelliste la semaine dernière, Peter Simons n'a pas voulu aller aussi loin, mais il a reconnu que son frère et lui étaient intéressés par la possibilité de s'allier à la famille Molson.

«C'est surtout mon frère qui était impliqué dans le hockey et qui avait pris contact avec le groupe [d'investisseurs]. Honnêtement de mon côté, je n'ai pas trop de nouvelle. Je sais qu'il y a un colisée à construire et qu'il y a des ententes à prendre avec Shawinigan et les autres équipes, mais je ne sais pas où est le dossier... C'est sûr que les Molson, ce sont des partenaires avec qui nous aimons travailler. Ils sont des personnes avec de la vision et de la classe... Mon frère croyait vraiment qu'il y avait un potentiel et de l'intérêt. Il y aurait une belle rivalité dans la LHJMQ. Il était assez emballé. Mais encore faut-il que tout le monde soit d'accord. On ne s'intéresse pas à des situations conflictuelles. On souhaite que tout le monde soit d'accord», a-t-il souligné lorsque questionné à propos de cette tentative qui a avorté en 2013.

Une marche à suivre différente

Si Breton - ou un autre promoteur - revient à la charge à partir de la mi-septembre, la marche à suivre sera bien différente cette fois. C'est au bureau de Gilles Courteau qu'un projet semblable devra maintenant être déposé. Le commissaire offrira ensuite aux deux parties une fenêtre de 30 jours pour négocier une entente. En cas d'impasse, une firme externe spécialisée en évaluation de valeur d'entreprise serait alors mandatée pour évaluer, à court et moyen terme, la perte de revenus occasionnée par une candidature dans un marché existant.

Le bassin de clientèle, les revenus actuels et potentiels, l'importance des médias régionaux, l'identification des commanditaires locaux et régionaux, la vitalité de la région, l'apport des gouvernements, la qualité et la crédibilité des propriétaires, ainsi que leur importance dans le milieu seraient notamment sous la loupe de cette firme, qui déposerait son étude à un comité spécial formé du commissaire et de trois propriétaires du circuit. Ce comité serait aussi chargé d'entendre les deux parties avant de faire ses recommandations au bureau des gouverneurs, puis à l'assemblée des membres. Pour permettre une délocalisation dans un marché existant, ou encore la naissance d'une toute nouvelle équipe, les promoteurs auraient besoin de 80 % (15 sur 18) des votes à l'assemblée des membres.

Rappelons que les Cataractes sont satisfaits du niveau de protection offert par ce projet de règlement. L'ex-président de l'équipe Claude Lessard a d'ailleurs siégé sur le comité consultatif chargé de produire différents scénarios pour satisfaire le Bureau de la concurrence.

«Nous avons fait nos devoirs. Avec l'Armada, nous avons engagé une firme d'avocats spécialisée dans ce type de droit, qui est très spécifique. En bout de ligne, il est vrai que nous allons perdre notre veto, mais ce qui sera sur la table pour nous protéger est tout de même très substantiel. C'est du remodelage», insistait le gouverneur des Cataractes Justin Darchen en janvier, qui disait croire que son club aurait droit à une compensation financière très importante si jamais un promoteur se pointait le bout du nez à Trois-Rivières.

«Ça se chiffrerait facilement en millions $ si on en arrivait à cette étape-là. Bien sûr, on aurait à produire des preuves sur la provenance de notre clientèle et de nos commanditaires, mais ça serait assez facile pour nous...»

Avec la collaboration de Gabriel Delisle

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