La bague surréaliste de Pedro Lopez

Grâce à un heureux concours de circonstances, le... (Photo: Stéphane Lessard)

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Grâce à un heureux concours de circonstances, le joueur d'arrêt-court des Aigles de Trois-Rivières, Pedro Lopez, a fait partie de l'édition 2005 des White Sox de Chicago qui a remporté la Série mondiale.

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(Trois-Rivières) Dans l'anonymat le plus complet, les Aigles de Trois-Rivières alignent un champion de la Série mondiale dans leur formation depuis le début de la saison. Même s'il n'a joué que 16 matchs en carrière dans les Ligues majeures, Pedro Lopez a tout de même eu l'immense privilège de sabrer le champagne avec les White Sox de Chicago au terme de leur magique épopée à l'automne 2005.

Après avoir disputé deux petits matchs au début de cette mémorable campagne avec les Sox, le Dominicain alors âgé de 21 ans avait été inséré au sein du groupe des 40 joueurs éligibles pour les séries éliminatoires. Bien qu'il n'ait pas disputé un seul jeu pendant les 12 matchs ayant mené au championnat des Ligues majeures de baseball - les White Sox ont affiché un impressionnant dossier de 11-1 - Lopez se souvient avoir savouré chaque instant avec la même passion que les meneurs de l'époque Paul Konerko, Carl Everett et autres Mark Buherle.

«C'est assez difficile de trouver les mots pour raconter à quel point j'ai été privilégié de vivre ça. Seulement Dieu peut l'expliquer. Il y a des gars qui jouent pendant 15 ans sans obtenir l'opportunité qui s'est présentée à moi. C'est assez irréel», mentionne le numéro 11 des Aigles.

Au cours de cette conquête empreinte d'invincibilité, plusieurs séquences sont passées à l'histoire, dont le circuit vainqueur de Scott Podsednik dans le deuxième match de la Série mondiale contre les Astros de Houston, ou encore cette victoire en 14 manches lors du troisième duel de la finale.

Plongé au coeur de ce tourbillon, Lopez avoue que chaque moment était pratiquement tiré d'un rêve. «C'était la Série mondiale. Tout était spécial! Je peine à croire que j'ai fait partie des célébrations avec le reste de l'équipe quand on a gagné», dit celui qui a tissé des liens particuliers avec la filière latino des White Sox, dont Pablo Osuna, Timo Perez, Freddy Garcia et Juan Uribe.

Au total, Lopez n'aura disputé que deux petites parties avec les White Sox au cours de sa carrière, des victoires les 1er et 8 mai 2005 contre les Tigers de Detroit (8-0) et les Blue Jays de Toronto (5-4), au cours desquelles il aura réussi deux coups sûrs, un point marqué et deux points produits en huit présences au bâton. Deux ans plus tard, il était réclamé au ballotage par les Reds de Cincinnati.

DES FLEURS DE GUILLEN

Son exploit plutôt particulier a refait surface récemment dans le Chicago Tribune lorsque les champions de 2005 ont souligné le 10e anniversaire de leur conquête lors d'un rassemblement au U.S. Cellular Field de Chicago. Le chroniqueur David Haugh rappelait, avec raison, que l'actuel arrêt-court des Aigles était assurément le joueur le plus méconnu à avoir reçu une bague de championnat parmi les 38 joueurs auréolés.

«Dès que j'ai reçu la bague, j'ai pleuré. C'est un rêve qui devenait réalité», a-t-il mentionné en entrevue avec Le Nouvelliste.

Même s'il ne pouvait être présent dans la ville des Vents pour le rassemblement commémoratif - il était plutôt à Toronto aux Jeux panaméricains pour y représenter la République dominicaine - Lopez a néanmoins eu droit à des propos forts élogieux du gérant de l'époque, Ozzie Guillen.

Questionné par le Chicago Tribune à propos de cet obscur joueur d'avant-champ qui a eu droit à une bague de la Série mondiale, le volubile entraîneur gardait un souvenir bien précis de Lopez. «Dès le premier jour où j'ai vu Pedro attraper des balles, il était selon moi le meilleur joueur défensif de l'organisation.»

Lorsque le talentueux inter a pris connaissance de cet hommage, il avait peine à y croire. «C'est assez fou! Ozzie m'appelait "mon fils". Il était comme un père pour moi. Je l'adore et il gardera toujours une place très spéciale dans mon coeur», dit un Lopez quelque peu incrédule aux abords du vestiaire des Aigles où il est débarqué ce printemps pour rejoindre son bon ami Jose Cuevas, dans l'espoir de retourner, un jour, dans les Ligues majeures.

S'il ne parvient pas à obtenir une nouvelle chance dans la meilleure ligue de baseball de la planète, Lopez pourra toujours se consoler en admirant cette merveilleuse bague qu'il garde cachée dans un endroit secret, loin des regards et des esprits malveillants.

«En ayant gagné quelque chose d'aussi gros que la Série mondiale, tu ne veux pas perdre ce précieux souvenir. Je la porte parfois pour des occasions spéciales, mais sinon, elle demeure en sécurité. Personne ne sait où, sauf moi!»

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