Cataractes: l'image de marque sème la controverse

Bryan Perro, Tommy Tremblay et Martin Bernard des... (Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste)

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Bryan Perro, Tommy Tremblay et Martin Bernard des Cataractes ont dévoilé mercredi la nouvelle image de marque de l'équipe, où on y retrouve plusieurs joueurs dépeint comme des Amérindiens. Une image dont la LHJMQ a préféré se dissocier.

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(Shawinigan) La nouvelle image de marque des Cataractes, dévoilée mardi, suscite la controverse. La façon de dépeindre Anthony Beauvillier, Samuel Girard et Alexis D'Aoust mi-hockeyeur et mi-indien fait réagir sur les médias sociaux - notamment à l'extérieur de la province - et a obligé la Ligue de hockey junior majeur à accorder quelques entrevues à ce sujet. Le directeur des communications Photi Sotiropoulos, tient à dissocier complètement le circuit de cette initiative publicitaire.

«Nous n'avons  pas donné notre accord à ce concept, ni même été consultés à ce sujet. Et je peux ajouter que nous n'endossons pas du tout les images qui ont été publicisées», a expliqué Sotiropoulos, le commissaire Gilles Courteau n'étant pas disponible pour commenter. Pour l'instant, la LHJMQ va s'en tenir à cette déclaration, mais elle n'écarte pas complètement d'intervenir si le débat venait à s'enflammer davantage.

Du côté des Cataractes, le nouveau directeur des ventes et du marketing Tommy Tremblay disait n'avoir reçu aucune plainte à ce sujet, assurant que la majorité des commentaires reçus étaient très positifs. «L'idée, c'était de personnifier notre logo, qui est un indien. On n'a pas voulu ridiculiser personne, ni soulever aucune controverse. Jusqu'à maintenant, les commentaires sont en grande majorité très positifs et je ne vois pas pourquoi ça changerait. On a fait attention dans notre maquillage, dans les couleurs et les éclairages pour simplement personnifier notre logo avec nos joueurs.»

Tremblay a travaillé étroitement  avec Bryan Perro et le graphiste Jason Gélinas pour développer ce concept. Perro, qui débarque du milieu artistique, n'a pas vu venir cette controverse mais il disait néanmoins la comprendre. «Que ça suscite des questions, de la controverse au Canada anglais et aux États-Unis, je peux le comprendre. Ils ont une histoire différente avec les peuples amérindiens. De notre côté, il y avait une relation de partage entre les francophones et les Amérindiens au début de la colonie, alors notre réalité est bien différente. À la base, on a un Indien sur notre chandail et cette déclinaison visuelle, artistique et stylisée, démontre simplement notre fierté régionale. Malheureusement, ce n'est pas perçu de cette façon ailleurs.»

Perro ne croit toutefois pas que les Cataractes doivent réajuster le tir, et plancher sur une nouvelle image de marque. «Il n'y aucun problème ici. Tout ce qu'on entend chez nous, ce sont des félicitations! Le débat est culturel plus qu'autre chose. Que ça puisse déranger ailleurs, je ne suis pas si surpris. Mais cette campagne publicitaire a été conçue par des gens d'ici, pour des gens d'ici. Et elle est très réussie!»

De nombreux cas du genre en Amérique

La cause des Premières Nations dans le sport a beaucoup défrayé les manchettes dans les dernières années, particulièrement chez nos voisins du sud. Les Redskins (peau-rouge en français) de Washington subissent énormément de pression de la part de plusieurs groupes afin qu'ils changent leur nom considéré comme péjoratif. Même le président Barack Obama s'est prononcé en faveur d'un changement de nom pour l'équipe de la capitale américaine.

Les Redskins ont d'ailleurs vu leurs droits d'auteurs sur ce nom être annulés par la cour fédérale puisque le terme «pouvait être désobligeant» envers les Améridiens. Sans droits d'auteurs, toute personne peut maintenant utiliser le nom Washington Redskins. Le club a porté la cause en appel.

La NCAA a aussi eu de longues batailles avec certaines de ses universités dont le nom des équipes sportives avaient un lien avec des tribus amérindiennes, et ce de façon péjorative. Par exemple, les Fighting Sioux de l'Université North Dakota, dont le programme de hockey est l'un des meilleurs aux États-Unis, ont dû changer de nom en 2012 après que la NCAA ait menacé, six ans plus tôt, de ne plus laisser les équipes sportives visées utiliser leur propre logo lors des matchs éliminatoires.

Ironiquement, le logo de l'équipe avait été dessiné par un étudiant de la tribu ojibwés. 

L'Université North Dakota n'a toujours pas adopté un nouveau surnom.

Ailleurs, dans le baseball majeur, les Indians de Cleveland ont progressivement retiré leur ancien logo, Chief Wahoo, de leurs publicités, pour faire place à la lettre C. Plusieurs intervenants des Premières Nations ont même tenté au fil des années d'empêcher l'équipe d'utiliser le logo par la voie des tribunaux, sans réussir.

Plus près de chez nous, à Montréal, le festival de musique Osheaga a interdit, lors de sa dernière édition, les coiffes autochtones, affirmant que «ces coiffes ont une signification spirituelle et culturelle dans la communauté autochtone et afin de respecter les traditions et la dignité des peuples autochtones, Osheaga demande aux fans et aux artistes qui participent au festival de ne pas utiliser ce symbole en tant qu'accessoire mode.»

Avec la collaboration de Nicolas Ducharme

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