Mikaël Zewski plus déterminé que jamais

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Mikaël Zewski a un plan bien précis en tête pour la suite de sa carrière.

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Steve Turcotte
Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) Mikaël Zewski est passé par toute la gamme des émotions ces derniers mois. Il y a eu ce nouveau statut de papa à apprivoiser, gracieuseté du petit Olan qui a fait son apparition tout juste avant l'été. Mais il y a aussi eu cette première défaite chez les professionnels, encaissée à Las Vegas à la fin mai devant les principaux bonzes de l'industrie. Le Trifluvien a pris un peu recul pour digérer cette grande déception, et il est de retour depuis peu au gymnase, affirmant être plus affamé que jamais.

«Je prends le blâme pour cette défaite. C'est la raison principale pour laquelle j'aime la boxe, tu es le principal artisan de tes succès comme de tes échecs. Ceci dit, je sais que je n'étais pas au maximum de mes capacités ce soir-là», lance l'athlète de 26 ans, qui a perdu son titre NABF aux mains du Russe Konstantin Ponomarev (28-0, 13 K.-O.), qui a mérité une décision unanime après 10 assauts.

«J'ai revu le combat par petits bouts à la fois. C'est tellement fâchant, j'ai fait des erreurs que je ne commets pas habituellement. J'ai des pistes pour comprendre ce qui s'est passé mais comme je ne pouvais mettre le doigt avec exactitude sur le bobo, ça m'a forcé à tout remettre en question. Et faire les changements dont j'avais besoin pour passer à la prochaine étape.»

Zewski parle avec enthousiasme de sa nouvelle collaboration avec le préparateur physique Victor Conte, fondateur et président du controversé Laboratoire BALCO qui s'est tourvé vers la boxe et les arts martiaux mixte après ses démêlées avec l'agence anti-dopage des États-Unis, au début des années 2000.

«C'est un scientifique, un gars avec des méthodes très poussées. J'ai passé des tests récemment à Boston, il a découvert des petites choses, notamment que je ne m'hydratais pas assez. Dès que la date de mon prochain combat sera choisie, j'irai m'entraîner avec lui dans son gymnase à San Francisco. Je vais aussi probablement aller à Philadelphie, mettre les gants avec des gars qui peuvent me brasser. C'est le temps de sortir de la ouate, de mon confort quotidien.»

C'est la principale conclusion à laquelle arrive le clan Zewski. Les 26 victoires alignées depuis ses débuts chez les pros, pimentées par 20 mises hors de combat, l'ont lentement mais sûrement fait glisser vers la facilité.

«Tu enchaînes les victoires, tu enchaînes les K.-O., tu ne te poses pas trop de questions. Je m'entraînais fort, sauf que c'est le cas pour tous les boxeurs à ce niveau. Si tu veux te démarquer, tu dois pousser la machine encore un peu plus loin. Il faut que tu sois affamé et je le suis plus que jamais», affirme celui qui livre au Nouvelliste sa première entrevue depuis ce rendez-vous raté à Vegas.

Bientôt prêt à jouer le tout pour le tout

Le boxeur trifluvien a un plan bien précis en tête pour la suite. Il penche vers un combat de retour à l'automne, question de mettre cette nouvelle routine à l'épreuve. Il estime qu'il aura peut-être même besoin d'une deuxième sortie préparatoire, afin de l'aligner vers les meilleurs boxeurs de sa division.

«C'est intelligent de prioriser un combat de retour à ce moment-ci, question de peaufiner toutes les nouvelles choses que l'on met en place. Une deuxième sortie du genre n'est pas exclue non plus, si ça prend plus de temps que prévu pour assimiler le tout. Mais ensuite, on va passer aux choses sérieuses. Avant, j'avais une belle fiche à protéger. Ce n'est plus le cas. Je serai prêt pour les défis qui pourraient me permettre d'avancer. Je vais être all in!», clame-t-il sous le regard approbateur de son entraîneur.

Entre ce premier revers et le retour au boulot sous les ordres de son papa Jean, Zewski s'est offert un long mois de congé. Il a pu refaire le plein, tant physiquement que mentalement. Il confie aborder ce nouveau segment de sa carrière avec une motivation additionnelle.

«L'arrivée d'Olan a changé un paquet de choses dans ma vie. Et en boxe aussi! Avant, je me battais pour moi, maintenant je me bats aussi pour lui offrir un certain niveau de confort. Là, j'ai hâte que ça recommence, de connaître la date de mon prochain combat. Je dois avoir une discussion avec mon gérant Cameron Dunkin dans un avenir rapproché. Ça devrait se passer en septembre ou en octobre.»

Les heures qui ont suivi cette contre-performance face à Konstantin Ponomarev ont été longues et stressantes. Mikaël Zewski s'imaginait que les gens de Top Rank allaient se servir d'une clause dans son contrat pour mettre fin à leur association, ce qui l'aurait forcé à se trouver un nouveau promoteur alors que sa valeur était à la baisse.

Quand son gérant lui a appris que Top Rank n'avait pas l'intention de l'abandonner, il s'est promis de leur donner raison. «Dans mon contrat, Top Rank pouvait se retirer advenant une défaite. J'ai cru que c'est ce qui allait arriver. Au contraire, les gens de Top Rank m'ont prouvé qu'ils avaient toujours confiance en moi, et ils veulent m'encadrer davantage pour que ça fonctionne. C'est grâce à eux si je travaille maintenant avec Victor Conte. Je veux leur montrer qu'ils ont eu raison de me supporter.»

Zewski ne le cache pas, il rêve d'un combat revanche face à son seul tombeur chez les pros. Quelque part dans sa cour arrière, que ce soit le stade Fernand-Bédard, le Colisée de Trois-Rivières ou pourquoi pas l'Amphithéâtre Cogeco. Après un duel préparatoire, c'est le scénario qu'il choisirait si la décision lui appartenait. «Pour moi, ce serait un rêve qui se réalise. Est-ce que ça va se produire? Ce n'est pas impossible, mais j'en doute à court terme car Ponomarev a tout à perdre à m'offrir une revanche.»

Son paternel, Jean, n'est pas convaincu lui non plus que Ponomarev souhaite se retrouver à nouveau dans le même ring que son fils. «Son entraîneur a même reconnu à Las Vegas que ce n'est pas le Mikaël Zewski qu'il attendait que son élève venait de battre. Nous, d'une façon ou d'une autre, on va avancer», raconte l'entraîneur, qui croit toutefois aux chances de Mikaël de se produire devant ses concitoyens à moyen terme.

«Je sais que Top Rank était intéressé à venir ici avant la défaite à Mikaël. C'est quelque chose qui pourrait être effectivement mis sur pied. Mais allons-y une étape à la fois. Pour tout de suite, la priorité, c'est de remettre Mikaël en selle. Le congé lui a fait du bien, ses entraînements sont de qualité depuis son retour. À la boxe, tu es aussi bon qu'à ton dernier combat. Quand Mikaël aura passé la prochaine étape, de belles choses seront à sa portée.»

Le pugiliste dit s'inspirer du parcours de David Lemieux, devenu champion du monde après deux échecs. Lemieux, rappelons-le, se prépare actuellement à affronter Gennady Golovkin en octobre au Madison Square Garden devant les caméras planétaires de HBO, avec une alléchante bourse à la clé. «Ça prouve qu'on peut se relever d'une défaite, en tirant les bonnes conclusions...»

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