GP3R: un autre pari sur le point de payer

Dominic Fugère et son équipe veulent en mettre... (Olivier Croteau)

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Dominic Fugère et son équipe veulent en mettre plein la vue au petit univers du rallycross.

Olivier Croteau

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(Trois-Rivières) C'est connu, le directeur général du Grand Prix de Trois-Rivières, Dominic Fugère, est un amateur de poker. Pour la deuxième année consécutive, il a pris un pari, et il semble en voie de réaliser une quinte flush royale.

Bien que l'idée de faire passer le GP3R d'une semaine à deux avait fait partie de multiples discussions au fil des années, c'est finalement en 2015 que le tout aura lieu, le Championnat du monde de rallycross ayant un peu forcé la main des organisateurs.

Dans son bureau du parc de l'Exposition, qui, croyez-le ou non, ne donne pas sur le circuit, Fugère règle plusieurs dossiers à quelques jours du début de l'événement. Le téléphone ne cesse de sonner pour petits et gros dossiers, les employés font le va et vient dans son bureau, bref, le DG ne chôme pas. 

Mais il n'y a pas de panique, tout semble se dérouler à son goût.

«Nous sommes où nous voulions être, et je n'en suis pas surpris, nous avons toute une équipe. Ça va bien parce qu'ici on ne joue qu'avec des as», lance-t-il faisant un lien avec le poker.

Il faut dire qu'à l'heure où Le Nouvelliste l'a rencontré, en avant-midi, les problèmes majeurs de la journée ont été discutés depuis 7 h le matin, lors du déjeuner des dirigeants, une tradition quotidienne. Au Grand Prix, c'est avec des oeufs et du bacon que les problématiques se règlent.

Il ne fait plus de doute que la décision de passer d'une fin de semaine à deux était la bonne aux yeux de la direction, qui semble très bien s'en accommoder. La plus grande inquiétude, que les bénévoles ne soient pas de la partie, ne s'est pas concrétisée. Ils ont répondu présent, et pour plusieurs, seront en action lors des deux semaines.

«C'est au-delà de nos espérances. Les bénévoles restent pour les deux semaines. Ils ont compris ce que nous voulions faire.»

Pas de lutte avec Montréal, sauf que...

Le directeur général semble bien satisfait de la vente de billets pour les deux week-ends. Environ 60 % des sièges ont été écoulés. Mais ce qui le surprend le plus, c'est le fait que 40 % des gens se sont procurés un laissez-passer pour les deux événements, alors que du côté de la direction, on espérait atteindre le chiffre de 25 %. Tout ça après avoir dû convaincre la population et plusieurs instances que l'événement pouvait connaître du succès sur dix jours.

«Est-ce que le pari en valait la peine? On ne le sait pas encore, de la mauvaise météo pourrait tout changer», avoue le DG.

Faisant irruption dans le bureau de Fugère, le maire Yves Lévesque, qui tenait à donner un coup de main, applaudissait la décision prise par l'organisation l'an dernier.

«Ce qui est le fun, c'est que les gens vont découvrir la ville à travers l'événement (sur deux semaines), et ensuite vont retourner chez eux pour parler de la ville.»

«Ce n'est pas vrai que ce que nous faisons vaut 20 fois moins pour la collectivité québécoise que le Grand Prix du Canada»

Dominic Fugère
Michel Turcotte... (Olivier Croteau) - image 3.0

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Michel Turcotte

Olivier Croteau

Pas de doute que le GP3R jouit d'une popularité rarement atteinte, et que la tenue des courses sur deux fins de semaines, une mesure commune en Europe mais pas en Amérique du Nord, ajoutera au côté unique de l'événement. Est-il temps de comparer le GP3R au Grand Prix de Montréal en termes de renommée?

«C'est différent, ça n'a rien à voir. Ce n'est pas un concours. Nous ne voulons pas être la grenouille qui devient plus grosse que le boeuf, nous voulons être la plus belle grenouille en ville. On est bien heureux dans notre rôle. Le Grand Prix de Montréal, c'est une noce, nous, c'est un party autour du feu, mais au final, tu vois ta famille, tu prends un coup et tu as du plaisir.»

Toutefois, le GP3R aimerait bien être considéré au même niveau que l'événement de l'île Notre-Dame aux yeux des gouvernements. Fugère ne comprend pas que l'événement trifluvien se retrouve avec de la petite monnaie en termes de subventions.

«Québec met 5 M$ à Montréal, alors qu'ici, c'est 235 000 $. On fait des représentations chaque fois qu'on les voit. 5 M$, c'est 20 fois plus. Je comprends que le Grand Prix de Montréal fait très bien, avec beaucoup de retombées (économiques). Nous, nous faisons ça à notre manière, mais ce n'est pas vrai que ce que nous faisons vaut 20 fois moins pour la collectivité québécoise que le Grand Prix du Canada», pestait l'ancien journaliste.

Impressionner le monde du rallycross

Pas de doute, les organisateurs veulent frapper fort pour la fin de semaine du rallycross afin d'impressionner toute la planète, qui n'avait vu Trois-Rivières qu'une seule journée en 2014. La tâche est retombée sur le directeur du montage, Michel Turcotte, qui aura beaucoup plus que les 24 h de l'année dernière, en pleine nuit, pour aménager le circuit sur terre battue.

«C'était l'idée de Michel de passer de un à deux week-ends. Il ne voulait pas s'enlever de l'ouvrage, mais de la pression pour l'équipe et lui.»

«Je ne m'en suis pas encore enlevé assez, réplique immédiatement Turcotte, qui s'était joint à l'entrevue entre-temps. On devrait avoir fini le circuit de rallycross vendredi, c'est une semaine d'avance sur l'an dernier.»

Les deux hommes l'avouent, la tenue de l'épreuve du Championnat du monde de rallycross FIA l'an dernier n'a pas été parfaite, mais elle aura permis de gagner en expérience et de savoir à quoi s'attend la firme IMG, qui dirige la série.

«L'an passé, ç'a marché, mais nous n'étions pas satisfaits de comment ça s'est passé. Michel est perfectionniste et moi, j'écoute ce qu'il dit. On a maintenant l'expérience de l'an passé, et nous avons eu les notes remises par IMG et la FIA. Nous parlons aux équipes, et maintenant, ils nous connaissent, ils savent qui nous sommes et nous savons ce qu'elles veulent», conclut Fugère.

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