Jeux panaméricains: la région bien représentée

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(Trois-Rivières) Amorcés dans l'ombre depuis mardi, les Jeux panaméricains ont officiellement été lancés vendredi à l'occasion de la cérémonie d'ouverture, présentée au Centre Rogers de Toronto. Cette année, la région sera très bien représentée au sein de l'équipe canadienne avec six athlètes qui ont tous des chances légitimes de rentrer au bercail avec une médaille au cou. Le Nouvelliste vous propose un portrait de cette délégation composée de Gabriel Beauchesne-Sévigny, Alex Genest, Hugo Houle, Simon Kean, Isabelle Rioux et Laurence Vincent-Lapointe. Ils seront en action dans la métropole canadienne jusqu'au 26 juillet.

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Isabelle Rioux

Isabelle Rioux: l'épreuve d'une vie

Isabelle Rioux a trimé dur pendant de nombreuses années afin de participer aux Jeux panaméricains. Elle vivra enfin ce rêve la semaine prochaine, mais il y aura un grand absent à ses côtés, son mari et entraîneur Luke Doucet, qui est décédé après une longue maladie, il y a un mois. La Trifluvienne est persuadée que, sur les allées torontoise, il n'y aura pas une, mais bien deux mains sur sa boule de quille.

Ce sont de véritables montagnes russes émotionelles que vit Rioux depuis quelques mois. Jeudi, alors qu'elle venait de faire son arrivée à Toronto et se préparait pour la cérémonie d'ouverture, elle peinait encore à traduire tout ce qu'elle ressentait.

«C'est sûr que je commence à être excitée et je suis enthousiaste, mais je suis aussi fébrile avec la perte de mon mari, a-t-elle dit d'entrée de jeu, la douleur dans la voix. C'est sûr que j'ai réfléchi. Est-ce que j'allais être capable de me préparer, si peu de temps après ce que je venais de vivre?»

Luke n'allait pas laisser sa protégée aller de l'avant avec l'idée de ne pas prendre part à la compétition. Il s'en est assuré.

«C'est une des dernières choses qu'il m'a dit, il voulait que je vienne ici (à Toronto), qu'on ne gâche pas tout le travail de plusieurs années, raconte-t-elle. J'ai pris mon courage et je me suis préparée. J'ai eu l'appui de ma famille, de mon équipe, de mon entraîneur et du Comité olympique canadien. Je suis confiante de livrer une bonne performance et je sais que Luc sera là pour me guider.»

L'entraîneur canadien est d'ailleurs venu à Trois-Rivières afin de permettre à Rioux de se replacer sur les rails. Ce week-end, après les festivités entourant le début des Jeux, les athlètes de l'équipe canadienne participeront à un camp d'entraînement dans la Ville Reine. Un camp qui tombe à point puisqu'il s'agira non seulement d'une répétition pour les membres de l'unifolié, mais surtout, une chance pour la quilleuse de retrouver ses repères et de s'imprégner de l'esprit de compétition.

«J'ai accepté le fait que ma préparation ne sera pas la même, mais il n'y a rien qui est comme d'habitude. Je l'ai accepté et je vais donner tout ce que je peux pour représenter mon pays.»

Des chances de médailles

Les compétition en quilles se dérouleront du 22 au 25 juillet sur les allées du Planet Bowl d'Etobicoke, un centre que Rioux connaît à merveille puisqu'elle y a remporté le titre canadien. C'est aussi à cet endroit que la Fédération a tenu ses camps d'entraînement. C'est une des raison pour lesquelles la Trifluvienne fait preuve de beaucoup d'optimisme.

«C'est sûr qu'on vise des médailles. Dans la zone panaméricaine, le Canada est une force, tant au masculin qu'au féminin. En plus, nous serons chez nous, ça nous donnera plus d'énergie pour aller chercher des médailles.»

Rioux compétitionnera en simple ainsi qu'en double en compagnie de Robin Orlikowski.

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Alex Genest

Alex Genest: la perfection pour un podium

Alex Genest revient de loin. Il y a un an à peine, le spécialiste du 3000 mètres steeple-chase était au repos forcé, victime d'un épuisement professionnel.

Petit à petit, la fierté de Lac-aux-Sables a repris l'entraînement avec comme objectif de participer aux Jeux olympiques de Rio en 2016. De fil en aiguille, il a repris la forme et s'apprête à représenter le Canada aux Jeux panaméricains pour la première fois de sa carrière.

Deuxième aux plus récents Championnats canadiens d'athlétisme, l'athlète de 29 ans peaufine présentement sa préparation à Guelph, avant de mettre le cap sur Toronto où il sera en action le 21 juillet à la piste d'athlétisme de l'Université York.

«Je dois encore améliorer ma vitesse de pointe en état de fatigue. Je pense que mon dernier kilomètre peut être encore plus rapide et plus fort», indique l'olympien de 2012 qui a souffert légèrement de surentraînement dans sa route vers le rendez-vous national de la semaine dernière. Heureusement, il a su mettre les freins à temps pour éviter de sombrer de nouveau.

C'est à l'intérieur de cette dernière portion du 3000 m steeple-chase que tout va se jouer pour une place sur le podium. Genest rêve d'ailleurs d'y faire sa place. Si le champion canadien Matthew Hughes risque d'être difficile à déloger, le Mauricien croit pouvoir se frayer un chemin tout juste derrière.

«Ça va me prendre une performance sans faille. Tout va se jouer au kick, dans les 800 derniers mètres. Ça risque d'être très stratégique comme course», note celui qui participera aux Championnats du monde d'athlétisme à Pékin au mois d'août.

Cette saison, Genest a également réussi son standard pour les Olympiques de 2016. Ceci ne représente toutefois qu'une partie de l'équation avant d'obtenir son billet pour le Brésil. Le porte-couleurs du club Zénix de la Mauricie devra également se classer dans les trois premiers aux Championnats canadiens de 2016.

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Hugo Houle

Hugo Houle: une lancée effrénée à poursuivre

Le vent souffle très favorablement dans le dos d'Hugo Houle par les temps qui courent, ce qui est loin d'être mauvaise chose en cyclisme sur route! Le champion canadien du contre-la-montre voudra certainement poursuivre sur sa lancée le 22 juillet lors des Jeux panaméricains.

Les dernières semaines ont été passablement chargées pour le cycliste de Sainte-Perpétue. En plus de son triomphe lors des Championnats canadiens tenus en Beauce, l'athlète de 24 ans avait préalablement participé au prestigieux Tour d'Italie au sein de son équipe AG2R-La Mondiale, du 9 au 31 mai.

Cette fois, face à la crème de la zone panaméricaine, il croit avoir les ressources pour se glisser dans le top-3. «Après mon résultat aux Championnats canadiens, je suis super motivé. Mon objectif, c'est de remonter sur le podium. J'ai eu un petit rhume qui a ralenti mon entraînement, mais ça va mieux maintenant. Je veux absolument être compétitif à Toronto», lance celui qui sera aussi en action lors de l'épreuve sur route le 25 juillet.

Sans connaître chacun des compétiteurs auxquels il sera confronté lors du contre-la-montre, Houle souligne qu'un rival du Chili s'annonce passablement redoutable. «On en sait peu sur les coureurs d'Amérique du Sud. Mais en bout de ligne, au contre-la-montre, ça revient à moi-même et pas aux autres. Je peux tenir en puissance pendant une heure et ça sera à moi de le prouver. Je veux aussi montrer à Cyclisme Canada qu'ils ont fait le bon choix en me sélectionnant pour les Jeux.»

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Laurence Vincent-Lapointe

Laurence Vincent-Lapointe: la reine a soif de couronnement

La reine du canoë féminin a des fourmis dans les jambes. Bien qu'elle soit habituée à participer à des compétitions internationales, la Trifluvienne Laurence Vincent-Lapointe s'apprête à vivre une expérience totalement différente aux Jeux panaméricains.

À Toronto, la quintuple championne du monde sera évidemment considérée comme la grande favorite en C1-200 m, une épreuve où elle est intouchable depuis 2010. Cependant, il n'y aura aucune place à l'erreur sur la grande scène panaméricaine, en comparaison avec le format habituel des épreuves de Coupe du monde. Pour la canoëiste de 23 ans et ses rivales, tout se jouera en une seule course. Pas de préliminaires, place à la finale directement! 

«Je suis stressée, c'est certain, mais pas plus que lors des autres compétitions. Ça fait cinq ans que je gagne aux Championnats du monde alors je devrais être capable de gagner si tout se passe bien», indique celle qui sera en action le 14 juillet.

Même si elle est clairement établie favorite - elle a remporté les deux tranches de la Coupe du monde cette saison - la représentante du Club de canoë-kayak de Trois-Rivières est loin de prendre la victoire pour acquis. La plus féroce opposition pourrait venir de l'Équatorienne Anngie Avegno et la Brésilienne Valdenice Nascimento. Cette dernière est la rameuse qui s'est approchée le plus près de la marque mondiale de 46,4 secondes détenue par Vincent-Lapointe.

Une finale historique

Cette année, il s'agira de la première fois que le canoë féminin sera présenté aux Jeux panaméricains. Cette percée permet d'ailleurs à la championne du monde d'espérer que sa discipline soit un jour insérée dans la programmation des Jeux olympiques.

«Je suis confiante que ça va se faire et j'espère que ça sera d'ici 2020», mentionne la tête d'affiche mondiale en canoë féminin.

À ce sujet, Laurence Vincent-Lapointe dit comprendre petit à petit à quel point elle peut représenter un modèle pour la relève mondiale en canoë féminin. «Je ne pense pas vraiment à la façon dont les gens me voient. Après tout, je n'ai jamais changé: je veux juste continuer à gagner des courses. Mais quand j'ai participé à la Coupe des femmes, en France, j'ai réalisé que j'étais une sorte de modèle. Les filles venaient me parler et me serrer la main en admiration. C'est flatteur et je trouve ça toujours un peu drôle», dit celle qui est présentée comme une tête d'affiche des Jeux par la délégation canadienne.

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Simon Kean

Simon Kean: «c'est le temps de performer»

À l'image de tout boxeur qui souhaite connaître du succès, Simon Kean a confiance en ses moyens. Fraîchement débarqué à Toronto cette semaine, le super lourd trifluvien ne vise rien de moins que la médaille d'or aux Jeux panaméricains.

Après tout, aux Jeux olympiques de Londres, en 2012, le protégé de Jimmy Boisvert avait réussi à atteindre le cinquième rang mondial, baissant pavillon en quarts de finale devant l'éventuel médaillé de bronze. «C'est le temps de performer. Je suis ici pour gagner et je sais que c'est possible!», lance le redoutable cogneur de 26 ans.

En juin, lors des qualifications en vue du rendez-vous panaméricain, le pugiliste du club Performance avait eu besoin d'un coup de pouce du destin pour obtenir son laissez-passer. Vaincu d'entrée de jeu par le Brésilien Rafael Duarte, Kean s'est finalement qualifié grâce à la victoire en finale de son tombeur du premier tour.

Un mois plus tard, le colosse a eu le temps de décortiquer son combat et a apporté les correctifs nécessaires à son approche. «J'ai commis trop d'erreurs aux qualifications. J'ai voulu boxer trop technique. Au troisième round, j'ai foncé plus vers lui et ça m'a permis de le déstabiliser. J'aurais dû faire ça dès le début. Aux Jeux, je vais être celui qui a le meilleur physique alors ça sera à moi d'être plus robuste», mentionne celui qui grimpera dans l'arène la première fois le 22 juillet contre un adversaire dont l'identité demeure à déterminer.

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Gabriel Beauchesne-Sévigny

Gabriel Beauchesne-Sévigny: un baromètre avant les Mondiaux

Gabriel Beauchesne-Sévigny garde de douloureux souvenirs de sa dernière participation aux Jeux panaméricains. À l'automne 2011, au Mexique, le Trifluvien avait vu son rêve olympique de Londres 2012 s'évaporer sur le bassin de Guadalajara en raison d'une cinquième position en C2-1000 m.

Cette fois-ci, l'enjeu ne sera pas aussi critique pour le porte-couleurs du Club de canoë-kayak de Trois-Rivières, mais n'empêche qu'il s'agira d'une excellente occasion pour lui et son coéquipier Benjamin Russell - le frère d'Andrew avec qui il ramait en 2011 - d'évaluer sa préparation en vue des Mondiaux de canoë-kayak de vitesse, prévus en Italie à la fin août. C'est à ce moment que le duo pourra qualifier l'embarcation en vue des Jeux de Rio.

«Nous avons eu une bonne saison jusqu'à maintenant. Il s'agit d'un important test dans cette année olympique qui nous permet de vérifier où on se situe par rapport à notre entraînement», dit le Trifluvien de 30 ans, confiant que son coéquipier et lui pourront s'accrocher une médaille au cou.

Sur le circuit de la Coupe du monde 2015, le tandem a récolté une médaille d'argent au Danemark, une médaille de bronze au Portugal et une quatrième position en Allemagne.

«On a des chances légitimes d'espérer un podium compte tenu de nos résultats cette année», analyse Beauchesne-Sévigny, qui se méfie particulièrement du Brésil qui misera sur le champion du monde en C1 (Isaquias Querioz) qui prendra part à l'épreuve de C2-1000 m.

À Toronto, tout se jouera en l'espace d'une seule course pour le duo canadien. Et cette finale, elle aura lieu le 13 juillet.

Ensuite, le Trifluvien se dirigera à Milan pour les Mondiaux. Un top-6 permettrait au Canada de qualifier l'embarcation. Quant à Beauchesne-Sévigny il devra ensuite mériter son poste plus tard dans l'année. «Nous avons terminé en quatrième place lors des deux derniers Mondiaux. Je suis tanné. Je veux un podium, cette fois», tranche-t-il.

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