La soirée magique du clan Nault

La famille de Marie-Ève Nault était bien heureuse... (Photo: Louis-Simon Gauthier, Le Nouvelliste)

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La famille de Marie-Ève Nault était bien heureuse de voir enfin leur fille dans l'uniforme du Canada pour un match présenté au Québec. De gauche à droite, l'ancienne défenseure de la sélection nationale Luce Mongrain, le père de Marie-Ève Bernard Nault, sa mère Francine Grenier de même que ses tantes, Murielle et Huguette Godin.

Photo: Louis-Simon Gauthier, Le Nouvelliste

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Louis-Simon Gauthier
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Le Nouvelliste

(Montréal) Ils en ont passé des heures sur les terrains de soccer de Trois-Rivières, beau temps ou mauvais temps.

Aux premières loges lors de ses sélections des équipes du Québec, ou encore pour l'adhésion au Centre de haute performance, les parents de Marie-Ève Nault ont rarement loupé les grands rendez-vous de la carrière de leur fille. La Coupe du monde féminine de la FIFA 2015 ne fait pas exception à la règle. Il s'agit en fait de la cerise sur le sundae d'une carrière bien remplie.

Francine Grenier et Bernard Nault ont assisté aux deux premiers matchs du Canada à Edmonton la semaine dernière. Mais jamais n'auront-ils été aussi fébriles qu'à l'approche de la rencontre de lundi au Stade olympique.

Sans parler de l'aboutissement ou du fait marquant d'une carrière - la Trifluvienne a quand même remporté la médaille de bronze aux Jeux olympiques de Londres il y a trois ans - cette première joute dans le maillot de l'unifolié à Montréal était attendue depuis longtemps.

«De l'Association trifluvienne de soccer à un match de Coupe du monde devant toute sa gang: elle a suivi les étapes, comme on dit», rigolait son père, quelques minutes avant les présentations d'avant-match.

Le chandail rouge et blanc sur le dos, le numéro 20 bien en vue, Bernard Nault souriait en regardant la mer de rouge défiler dans le stade. Les chants des partisans canadiens étaient perceptibles. Sa fierté aussi.

«Ça chatouille, ça remue pas mal d'émotions. On a assisté à la Coupe du monde de 2011 en Allemagne, mais c'est tellement différent ici. Ça peut paraître bizarre, mais ça fait très longtemps qu'on n'a pas vu Marie-Ève jouer. Nous avons malheureusement raté Londres et elle nous attend encore pour notre premier match en Suède dans sa ligue professionnelle!»

Pas d'amertume

Bien sûr, Marie-Ève Nault aurait souhaité assumer un rôle de partante en défensive, à l'instar de la dernière Coupe du monde et des Jeux olympiques, l'année suivante.

Mais le simple fait de revêtir le chandail à la feuille d'érable, de participer aux entraînements, d'entrer dans le stade sous les acclamations bien sentiesdu public la satisfont au plus haut point. Et vous n'avez pas le choix d'y croire, puisque c'est sa mère qui le dit!

«Pour elle, l'important, c'était de joindre l'équipe, assure Francine Grenier. Je n'ai jamais senti d'amertume dans ses propos, ni de frustration. Elle assume son rôle de réserviste avec positivisme.»

Car il règne une belle synergie chez nos représentantes. Un esprit de fraternité qu'on pouvait constater, lundi, dans la section 143 où plusieurs familles de joueuses étaient réunies, alors que«leurs filles» s'échauffaient sur le terrain.

«Marie-Ève est prête à 100 %, sa blessure au mollet ne l'incommode plus.»

D'une fierté à l'autre

Pendant la rencontre du Nouvelliste avec le clan Nault, Luce Mongrain est arrivée dans la section réservée aux familles. Véritable pionnière du soccer féminin, elle a été l'une des idoles de Marie-Ève durant son adolescence.

En 1994 à Montréal, au terme d'un match de qualifications de la zone CONCACAF face à la Chine, la jeune espoir d'environ 14 ans avait eu la chance de s'entretenir avec la défenseure arborant le numéro 16.

Lundi, Luce Mongrain portait encore le 16. Mais les rôles avaient changé. Elle se trouvait dans les gradins avec des dizaines de milliers de personnes, contemplant cette athlète aujourd'hui âgée de 33 ans.

«C'est magique, a lancé Mongrain. L'événement me permet de reconnecter avec la gang de filles qui étaient présentes en Suède il y a vingt ans pour la première Coupe du monde du Canada. Aujourd'hui dans le stade, j'ai croisé plein de petites filles avec des chandails des joueuses de l'édition actuelle. Et nos représentantes, elles sont disponible et très généreuses. Ce sont de beaux modèles pour notre jeunesse.»

Comme la Trifluvienne Luce Mongrain l'a été pour Marie-Ève Nault. Et la roue tourne...

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