Le soccer féminin plus vivant que jamais

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En Mauricie, le nombre de joueurs de soccer est presque similaire chez les garçons et chez les filles, et supérieur à la moyenne québécoise.

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(Trois-Rivières) Dans moins d'une semaine, le Canada accueillera la crème des joueuses de soccer de la planète dans le cadre de la Coupe du monde féminine. La pratique du ballon rond chez les filles n'a d'ailleurs jamais été aussi populaire en région.

Des 4800 joueurs en Mauricie, 48 % sont des filles, un chiffre qui surpasse la moyenne provinciale qui s'établit à 40 %. Dans les deux cas, ces pourcentages sont parmi les plus importants des dernières années, et surtout, une révolution par rapport à une époque pas si lointaine où les demoiselles représentaient l'exception.

«Quand j'ai commencé à coacher, les joueuses se retrouvaient dans des équipes mixtes, il n'y avait pas d'équipes de filles, et une joueuse comme Luce Mongrain a dû se développer toute seule. La création de ces équipes féminines, c'est ce qui a fait qu'il y a eu beaucoup de filles qui se sont mises à jouer. On essaye maintenant de leur donner le plus de ressources possibles», souligne le coordonnateur des communications de la Fédération de soccer du Québec, Michel Dugas.

Défenseure sur l'équipe qui représentera l'unifolié à la Coupe du monde, Marie-Ève Nault n'a accédé à l'équipe nationale qu'une fois rendue au niveau senior, après avoir évolué aux États-Unis dans la NCAA. Elle estime qu'aujourd'hui, avec les programmes nationaux et universitaires canadiens, les joueuses ont beaucoup plus d'outils pour atteindre leur plein potentiel.

«Les opportunités offertes du côté féminin sont bien plus nombreuses. Les équipes nationales commencent maintenant chez les moins de 15 ans, ce qui permet de voir le talent le plus tôt possible. Quand j'ai commencé, il y avait seulement une équipe des moins de 20 ans»

Ancienne membre de l'équipe canadienne de soccer et maintenant coordonnatrice des programmes Sport-études de l'Académie Les Estacades, Luce Mongrain se souvient bien de ses débuts, où le soccer féminin avait une visibilité qui, soyons généreux, dépassait à peine le stade d'anémique. Puis, au milieu des années 1990, tout a changé.

«Il y a eu la première qualification olympique en 1996 à Atlanta. Pour tout joueur, le rêve, c'est de jouer à la Coupe du monde, mais pour tout athlète, ce sont les Olympiques. Au début, c'était des possibilités qui n'existaient pas et leur arrivée a apporté un niveau de professionnalisme et de crédibilité.»

Soudainement, le soccer a pris de l'ampleur, particulièrement aux États-Unis, grâce à des visages connus tel que Mia Hamm et Brandi Chastain qui, en enlevant son chandail après avoir marqué le but gagnant devant 90 000 personnes à la Coupe du monde 1999, criait haut et fort que le soccer féminin était égal à celui des hommes.

Ce succès s'est transporté au Canada et, selon Mongrain, les joueuses sont devenues de bien meilleures ambassadrices qu'elles ne l'étaient à son époque.

«Elles deviennent de bons modèles, on le voit lorsqu'on les entend parler, ce n'est pas gênant du tout. (Le programme canadien) leur donne un coffre à outils, alors que nous, nous n'avions qu'un marteau et une égoïne. Je suis contente de voir toutes ses améliorations.»

Depuis, le sport a fait son entrée dans les écoles, rejoignant de nouveau les filles. Aux Estacades, des 70 joueurs du programme Sport-études, 34 sont des filles, pour près de 50 %, note son responsable, Durnick Jean.

«Quand je suis arrivé, il n'y avait pas de groupe féminin en secondaire 1 et 2. C'est un des trucs que je voulais faire dès le départ. Dans tous les sports, il y a tout le temps plus de garçons que de filles, mais les succès de l'équipe canadienne par rapport à ceux de la formation masculine ont beaucoup aidé. C'est ce qui a fait déboucher le sport au féminin, parce que les filles savent qu'elles peuvent jouer à un haut niveau.»

D'ailleurs, au niveau civil AAA, la Mauricie sera représentée par une seule équipe de plus de 15 ans, soit le senior féminin, ce qui témoigne de la qualité des joueuses de la région.

Arbitres et entraîneures

Après avoir su attirer autant de filles que de garçons sur les terrains de ballon rond, le soccer québécois change sa stratégie. C'est maintenant les arbitres et les futures entraîneures qui seront ciblées lors des prochains efforts de recrutement.

«Oui, on a 40 % de filles, mais nous manquons d'entraîneures. Il y a beaucoup de projets de formation pour aller chercher cette clientèle et que ça devienne un naturel. Ce n'est pas seulement d'être une joueuse, mais de préparer un avenir avec ces filles», conclut Tougas.

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