Luce Mongrain, une pionnière

Défenseure de l'équipe canadienne pendant près de dix... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

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Défenseure de l'équipe canadienne pendant près de dix ans dans les années 80 et 90, Luce Mongrain est bien placée pour constater à quel point le soccer féminin a évolué pour le mieux.

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

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Louis-Simon Gauthier
Louis-Simon Gauthier
Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) La plupart des étudiants-athlètes à l'Académie les Estacades l'ignorent, mais leur coordonnatrice des programmes Sport-études, Luce Mongrain, est une pionnière.

Alors que la planète soccer aura les yeux tournés vers le Canada cet été pour la Coupe du monde féminine de la FIFA, on célébrera les 20 ans de la première participation de l'unifolié au grand rendez-vous international. Une cohorte dont faisait partie la Trifluvienne qui, deux décennies plus tard, sourit encore en racontant cette belle épopée.

«Tu te promènerais dans les couloirs de l'école aujourd'hui, et je ne suis pas certaine qu'une majorité de jeunes connaissent notre parcours, avance-t-elle. Il s'en est passé des choses en 20 ans.»

Difficile à nier, en effet! Si la première Coupe du monde homologuée par la FIFA a été disputée en 1991, ce n'est que quatre ans plus tard que le Canada faisait son entrée sur la grande scène. En Suède, Mongrain, 24 ans, campait le rôle d'assistante-capitaine et patrouillait la défensive. Elle a joué les 90 minutes du match contre le Nigeria, un verdict nul de 3-3. Il s'agissait du coup du premier point obtenu par les Canadiennes en Coupe du monde.

Les matchs attiraient 4000 spectateurs en moyenne, dans des stades plus intimes qu'aujourd'hui. Certaines nations partaient de loin. Très loin. «Le soccer féminin avait déjà bonne mine en Scandinavie, au Canada, aux États-Unis de même qu'en Asie. À l'opposé, les programmes en Amérique du Sud ainsi qu'en Afrique était inexistants ou presque. Même la France, à l'époque, commençait à peine à s'y investir. Aujourd'hui, on parle d'une puissance mondiale.»

La FIFA estime qu'en 2015, les retombées économiques pour la Coupe du monde devraient avoisiner les 310 millions de dollars. «Je suis heureuse des investissements majeurs et du chemin parcouru. Il y a plus d'athlètes, plus d'opportunités et plus de matchs internationaux. Le calibre a évolué. Est-ce que j'aurais été en mesure de garder mon poste à l'époque? C'est une question difficile! Chose certaine, les joueuses sont mieux préparées et misent sur un meilleur encadrement. Dans le temps, on s'entraînait 3 ou 4 mois dans l'année. Aujourd'hui, c'est du 12 mois sans arrêt.»

Luce Mongrain, une enseignante de formation graduée de l'Université McGill, a défendu les couleurs de son pays pendant toute son adolescence et au début de sa vie d'adulte. De 16 à 24 ans, elle a voyagé aux quatre coins du monde avec la sélection nationale. Elle a notamment eu le privilège de rencontrer la légende brésilienne Pelé et de vivre la première Coupe du monde non-officielle, en Asie, en 1987.

Mais rien n'égale les émotions vécues en Suède il y a 20 ans. «On était vraiment une belle gang. J'aimerais qu'on se revoit cet été, même si nous sommes un peu éparpillées. En tout cas, l'anniversaire tombera à point avec la présentation de la Coupe du monde au pays.»

Le Canada a échoué dans sa quête d'atteindre la ronde éliminatoire en Suède, mais depuis, nos représentantes surfent sur une séquence de six participations consécutives à la deuxième portion du tableau. Pour la première fois cet été, le tournoi impliquera également 24 nations.

En juin au Stade olympique, lorsqu'elle encouragera les joueuses de l'édition actuelle, Luce Mongrain se remémorera sans doute ses premiers pas avec l'équipe canadienne. En 1987, du haut de ses 16 ans, la jeune unilingue francophone ne le savait pas encore, mais elle et ses coéquipières allaient tracer la voie à une nouvelle génération d'adeptes du ballon rond, qui bénéficient désormais d'un environnement encore plus stimulant.

Marie-Ève Nault fait partie de cette cohorte. La Trifluvienne, qui a grandi en idolâtrant Mongrain et les autres «pionnières», saura cet après-midi si elle aura l'honneur d'enfiler le chandail rouge et blanc du Canada en vue de la prochaine Coupe du monde. L'entraîneur John Herdman dévoilera sa formation à 14 h, sur les ondes de RDS.

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