Dominique Ducharme: un pas à la fois

Dominique Ducharme est comme un poisson dans l'eau... (Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste)

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Dominique Ducharme est comme un poisson dans l'eau à Halifax, où il accumule les succès depuis quelques années. C'est toutefois à Trois-Rivières avec les Patriotes, aux côtés de Jacques Laporte, qu'il s'est épanoui comme entraîneur.

Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste

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Steve Turcotte
Le Nouvelliste

(HALIFAX) Quand Jacques Laporte a accepté de refiler un job d'adjoint à un ex-hockey professionnel qui venait d'accrocher ses patins sur le Vieux Continent, il ne se doutait peut-être pas qu'il allait assister à l'envol d'un des plus brillants entraîneurs de sa génération.

Cet entraîneur, c'est Dominique Ducharme, qui gère le trafic derrière le banc des Mooseheads d'Halifax depuis quatre ans. Durant cette courte période, l'homme de hockey natif de Lanaudière a bu dans la Coupe du Président, paradé avec la Coupe Memorial, dirigé des gars comme Nathan MacKinnon, Jonathan Drouin et Zachary Fucale et gravi les échelons au sein du programme national.

Bobby Smith cherchait le bon homme pour relancer sa concession lorsqu'il a invité Ducharme, alors adjoint à Pascal Vincent avec le Junior de Montréal, à le rencontrer. Deux jours plus tard, il déménageait en Nouvelle-Écosse!

«J'avais eu une semaine pour me préparer, alors j'étais arrivé avec un document sur ma vision d'une équipe. C'est un document que j'utilise encore d'ailleurs, même s'il y a eu des ajouts. J'avais eu trois entrevues en 24 heures (Rimou-ski et Cap-Breton lui avait également fait de l'oeil) mais le déclic a été presque instantané avec les Mooseheads. C'est une ville que j'aimais lorsque je venais avec le Junior, je connaissais aussi la bonne réputation de l'organisation. Et je voyais que sur la glace, l'équipe était prête à connaître du succès après trois saisons de reconstruction, alors j'ai accepté ce nouveau défi avec plaisir.»

Ducharme était mûr. Il venait de seconder Vincent dans la métropole, une aventure qui avait été précédé de quatre saisons à la barre de l'équipe junior AAA de son patelin, à Joliette, où il avait mérité deux championnats. Tout juste avant, il avait fait ses premières armes aux côtés de Laporte avec les Patriotes de l'UQTR. «Une belle école pour apprendre! À chaque nouvelle expérience, tu grandis comme entraîneur.»

Le prochain épisode, Ducharme va le vivre l'an prochain comme adjoint au sein d'Équipe Canada junior. «Je suis très heureux d'avoir été sélectionné. Hockey Canada fonctionne par étape et tu gagnes tes galons au fur et à mesure si tu fais du bon travail. J'ai participé au Défi mondial des moins de 17 ans, au championnat du monde U-18. Ce dernier tournoi, c'était quelques semaines seulement après la Coupe Memorial, l'été avait été court. Je suis content d'avoir fait ce sacrifice-là, car c'est ce qui m'amène avec Équipe Canada junior. Cette fois, c'est comme adjoint, mais c'est certain que j'aimerais être entraîneur-chef dans le futur.»

Des sacrifices, Ducharme n'a jamais eu peur d'en faire. Depuis sa première saison à la barre des Mooseheads, il est établi seul à Halifax, loin de ses deux enfants qui sont rentrés à Joliette avec leur maman.

«Ce n'est pas facile, c'est vrai. Mais les Mooseheads sont très compréhensifs, ils me permettent de prendre l'avion dès que je peux prendre une journée de congé afin de passer un peu de temps avec mes enfants. Quand nous jouons au Québec, j'essaie aussi de me dégager du temps pour eux. Ce n'est pas parfait. Mais dans le fond, aucune situation n'est parfaite.»

Ducharme a quand même songé à se rapprocher. Il y a trois ans, lorsque les Patriotes et Jacques Laporte ont divorcé, ses amis à l'UQTR lui ont fortement suggéré de soumettre sa candidature. Il a jonglé avec l'idée, avant de la laisser tomber. «Ça aurait pu être tentant. C'est un bon programme. Mais je voyais ce qui s'en venait avec les Mooseheads, je ne voulais pas rater ça!»

Un an plus tard, il guidait les Mooseheads jusqu'au titre canadien. Il aurait pu aussi à ce moment-là quitter le navire, puisque son contrat était expiré. Les Cataractes et les Remparts se cherchaient activement un nouveau pilote à l'époque, il aurait pu monnayer sa valeur.

«Ça ne m'a jamais passé par l'esprit. Quand on a eu le temps de s'asseoir, Bobby et moi, en revenant du tournoi de la Coupe Memorial, ça pris quatre minutes pour régler les détails du nouveau contrat. Je ne dis pas qu'un jour, je n'aimerais pas me rapprocher. Mais pas tout de suite, j'ai encore des choses à vivre ici.»

Ducharme ne cache pas non plus son ambition de passer chez les pros. Il vient de franchir la quarantaine et confiait, l'an dernier au Soleil, se visualiser avec la Coupe Stanley au bout des bras à 50 ans. Il sourit quand on le questionne sur le sujet.

«J'ai dit ça, moi? Écoute, les entraîneurs sont comme les joueurs dans le junior, on veut tous monter. Et une fois rendu là, il n'y a plus qu'une chose qui compte et c'est mettre la main sur Coupe Stanley, non? C'est un rêve, et je continue de travailler chaque jour le plus fort possible afin de le réaliser.»

En rafale

Surpris que Jonathan Drouin prenne du temps à se mettre en marche dans la LNH?

«Non, pas vraiment. Il a fait la même chose dans le junior, avant d'exploser en séries. C'est un gars qui a besoin d'amasser de l'information avant de décoller. Il est tellement intelligent sur une glace. Je ne dis pas qu'il va aussi exploser en séries ce printemps dans la LNH, mais c'est clair que ce n'est qu'une question de temps.»

Surpris que la guigne de la deuxième année ait réussi à toucher Nathan Mackinnon?

«Il faut regarder comment l'équipe se comporte avant de juger un joueur. L'an dernier, tout allait bien chez l'Avalanche. Cette saison c'est plus dur, tout le monde les attend. Nathan a aussi été ennuyé par des blessures. Les gens ne se rendent pas compte à quel point c'est difficile de performer dans la LNH. C'est la meilleure ligue au monde. Il faut que tout soit à point. Il va apprendre de tout ça et revenir plus fort. Il aura une grande carrière.»

Surpris des ennuis de Zachary Fucale avec les Remparts?

«De l'extérieur, c'est vrai que je suis surpris de ses statistiques. Des fois, un changement d'air, surtout quand ça fait longtemps que tu es à la même place, ça peut être déroutant pour un bout. Sauf que je ne suis pas inquiet pour lui. Il est trop intelligent, trop terre-à-terre pour ne pas rebondir. C'est un jeune conscient de ce qu'il a à faire pour avoir du succès. Il va se remettre sur la track, pour moi il n'y a aucun doute. Reste à savoir quand.»

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