Boxe Canada largue à nouveau Kean

À un peu plus d'un an des Jeux... (Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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À un peu plus d'un an des Jeux olympiques de Rio, Simon Kean digère mal la décision de Boxe Canada de le priver d'un brevet qui lui aurait donné quelque 28 000 $ et l'accès à des camps d'entraînement.

Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Steve Turcotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Ce n'est pas le meilleur moment pour s'approcher de Simon Kean dans le gymnase! Le super lourd trifluvien a appris il y a quelques jours qu'il ne rencontrait pas les critères de Boxe Canada pour un brevet, ce qui le prive d'importants revenus à un peu d'un an des Olympiques.

Avec sept brevets disponibles pour les 10 champions canadiens, les dirigeants de Boxe Canada ont bâti un système de pointage afin de distribuer cette aide financière cruciale dans le développement d'un athlète de classe mondiale. Kean, qui a été peu actif depuis sa participation aux Jeux de Londres en 2012 en raison d'une blessure à l'épaule et d'un séjour en prison, a vu sa candidature écartée.

Pourtant, le directeur de Haute Performance chez Boxe Canada, Daniel Trépanier, assure qu'il le croit capable de monter sur le podium à Rio en 2016. «C'est un espoir de médaille pour nous, c'est certain. Maintenant, la grille est là et avec son inactivité, Simon ne s'est pas qualifié. C'est Sports Canada qui prend les décisions finale à ce sujet», explique Trépanier.

Une explication que n'achète pas Kean, pas plus que son entraîneur Jimmy Boisvert. Surtout que le colosse dit avoir reçu l'assurance de Trépanier qu'il allait obtenir un brevet. «C'est 28 000$ que je perds, en plus de l'accès à des camps d'entraînement. Après le championnat canadien, il m'a dit de dormir tranquille, que j'allais obtenir le plus gros brevet. Alors j'ai lâché mon emploi dans la construction afin de me dédier à 100% à mon rêve de décrocher une médaille à Rio. C'est quand même assez incroyable d'apprendre que je me retrouve maintenant les mains vides à cause d'une grille que Boxe Canada a elle-même conçue, non?», lance Kean, de très, très mauvaise humeur. «C'est toujours comme ça avec Boxe Canada, il y a toujours une bonne raison pour me refuser un brevet. Entre 2011 et 2015, je n'ai eu droit qu'à trois mois de brevet, avant les Jeux de Londres en 2012. Boxe Canada a aussi refusé à mon entraîneur de venir avec moi aux Olympiques. Bref, pour le support venant de ma Fédération, ça vaut pas cher!»

Trépanier assure qu'il n'a jamais garanti quoi que ce soit à Kean. «Je ne fais jamais ça. Mais c'est vrai que j'ai dit à Simon qu'il avait de très grosses chances de mettre la main à nouveau sur un brevet. J'ai été le premier surpris de voir qu'il ne rencontrait pas les critères de la grille. Mais bon, on sait tous pourquoi Simon s'est absenté de la compétition pendant un bon moment, il a passé du temps derrière les barreaux...», rappelle-t-il.

Faux, répond Boisvert. «Même s'il n'avait pas séjourné en prison, Simon aurait été incapable de se battre à ce moment-là, il était blessé. Il a eu besoin d'une opération, d'une longue convalescence. Il a tout fait pour revenir au sommet, il a gagné tous ses combats depuis son retour mais ce n'est pas assez pour Boxe Canada. On doit vivre avec une décision illogique, qui vient freiner Simon. Et qui peut priver le Canada de son meilleur espoir en boxe pour Rio. C'est très frustrant.»

Selon Boisvert, Boxe Canada aurait très bien pu trouver une façon de créer une grille où son poulain n'aurait pas été trop pénalisé par sa blessure. «C'est le seul olympien du groupe, il me semble que ça compte! Pour des décisions aussi cruciales, tous les éléments doivent être pris en considération, pas simplement les chiffres qui font notre affaire.»

Trépanier ne nie pas que Boxe Canada et Sports Canada pourraient opérer différemment... à l'avenir. «Mais pour l'instant, c'est du noir sur blanc, les critères. Simon a participé aux Jeux en 2012 mais depuis, pour toutes sortes de raisons, d'autres boxeurs ont fait mieux que lui. Les décisions sont basées là-dessus.»

Rappelons que ce n'est pas la première fois que Boxe Canada largue Kean. Lorsqu'il avait été accusé, en mai 2013, de conduite avec les capacités affaiblies, de bris d'engagement, de bris de probation, d'entrave au travail des policiers et de méfait, Kean avait été exclu de l'équipe canadienne, perdant ainsi son brevet.

Les Panaméricains ou les pros?

Le clan de Simon Kean a une décision à prendre avec ce brevet qui lui échappe. Le champion canadien peut, à ses frais, tenter de se qualifier pour Rio. Ou encore passer chez les professionnels, une option avec laquelle il jongle depuis un bon moment déjà.

«Si j'avais su l'an dernier que je ne pourrais récupérer mon brevet en 2015, je me serais dirigé directement chez les pros. Mais là, à quelques mois seulement des Jeux panaméricains qui auront lieu à Toronto, je veux prendre le temps de bien mûrir ma décision», fait valoir Kean.

«Il y a des lignes qui ont été lancées pour mesurer l'intérêt des promoteurs à son endroit. Ce serait mentir de prétendre le contraire. Mais la décision n'est pas prise, les Olympiques sont dans un an seulement. Il est peut-être possible de trouver du financement autrement», laisse tomber Jimmy Boisvert.

Daniel Trépanier sait bien que Boxe Canada va échapper un gros poisson si Kean gradue immédiatement. Il soutient que son organisme veut l'aider à dénicher des commanditaires à Trois-Rivières. «De bons espoirs de médaille qui graduent avant les Jeux, ça arrive souvent. Il n'y a rien qu'on puisse y faire. Maintenant, si Simon veut rester, on veut bien tenter de l'aider. On a demandé à Jimmy (Boisvert) de nous fournir une liste de commanditaires potentiels parmi les grandes entreprises chez vous. On va aller cogner aux portes. Reste à savoir comment on va être reçu vu le passé de Simon.»

Boisvert n'attend pas après Boxe Canada. Il planche sur un gala amateur à la mi-avril dont les profits pourraient permettre à Kean de payer ses frais pour les qualifications menant aux Jeux panaméricains. «J'ai soumis une liste à Boxe Canada mais depuis, je n'ai aucune nouvelle. Ils ont annulé plusieurs rendez-vous téléphoniques depuis. Ce que je comprends, c'est qu'il faudra vraisemblablement s'organiser par nos propres moyens si Simon reste chez les amateurs.»

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