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Nouveaux règlements sur les mises en échec: «Ça va créer un désintérêt»

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La décision d'abolir la mise en échec au niveau bantam CC et midget BB ne fait pas l'unanimité chez les entraîneurs.

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Louis-Simon Gauthier
Louis-Simon Gauthier
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Denis Francoeur n'est pas contre l'idée d'augmenter les mesures préventives afin de diminuer les risques de commotions cérébrales, mais il estime que Hockey Québec ne s'y prend pas de la bonne façon pour garder l'intérêt de ses jeunes membres.

Le responsable du programme de hockey scolaire du Collège Marie-de-l'Incarnation est catégorique sur ce point. Au lendemain de l'annonce de l'organisme visant l'abolition des mises en échec dans les catégories bantam CC et midget BB, l'ancien pilote des Cataractes se questionne.

La décision découle pourtant d'une longue consultation et d'un travail de collaboration entre les dirigeants de Hockey Québec, des spécialistes du milieu de la santé ainsi que des organisations régionales.

«Je crois qu'on détermine trop tôt quels jeunes font partie de l'élite dans notre sport, lance Francoeur. Ceux qui ne sont pas dans la structure intégrée bénéficient d'un encadrement pas mal moins intéressant et du coup, ça crée un désintérêt.»

«Après, on se demande pourquoi autant de gars du midget BB n'ont plus de motivation pour continuer et on s'insurge du fait que nous développons de moins en moins de bons joueurs. Pourtant, le hockey est un sport à développement tardif. En ce moment, on fonctionne à l'envers alors que nous devrions mettre l'accent sur les heures passées à l'entraînement, à l'instar des Américains.»

Selon Francoeur, on gagnerait aussi à redéfinir ce qu'est une mise en échec. «Je comprends l'inquiétude de plusieurs parents, je le serais tout autant de mon côté. Il faudrait seulement éviter les mises en échec blind side, éliminer ce genre de situations, souvent proposées par des entraîneurs. Si les patins du joueur restent en parallèle avec ceux de celui qu'il s'apprête à plaquer, on éviterait des problèmes.»

Le grand manitou du programme du CMI s'inspire du modèle américain, notamment chez les U11 et les U13, où les mises en échec demeurent interdites. Lors des tournois de ses Panthères dans le Nord-Est des États-Unis, Francoeur constate que les techniques diffèrent chez nos voisins. «L'approche au porteur est très bien exécutée. Il n'y a jamais de contacts de dos. Mes joueurs s'inspirent de ça, je le vois depuis quelques années. Ils sont pas mal plus alertes.»

Francoeur trouve des appuis chez les dirigeants de l'une de ses écoles rivales. Le responsable de la structure hockey au Séminaire Saint-Joseph, Keven Desrochers, appuie ses dires, vantant au passage le système établi dans la Ligue de hockey préparatoire scolaire, où l'on retrouve le Vert et Or et les Panthères du CMI.

«Tout est dans la façon d'enseigner, observe Desrochers. La mise en échec, il y a une façon de la donner et de la recevoir. J'ai pu le constater cette année: dans la LHPS, ils ne lésinent pas avec la sécurité pour les contacts à la tête, entre autres. Alors oui, je pense que ça pourrait avoir un impact bénéfique sur le hockey scolaire, cette mauvaise décision de Hockey Québec. En tout cas, on n'améliore pas la qualité de notre sport. On recule. Et plusieurs seront peut-être tentés d'aller voir du côté du hockey scolaire.»

Pourtant, comme le rappelle le directeur de la structure intégrée chez Hockey Mauricie Daniel Paradis, 80 % des parents dont les enfants évoluent dans le bantam CC étaient d'accord avec l'abolition des mises en échec.

Si certaines associations régionales ont exprimé des réserves par rapport à la décision de Hockey Québec, Paradis se réjouit de celle-ci. «En huit ans dans les structures, je peux vous affirmer que l'élément qui a évolué pour le mieux, c'est celui de l'enseignement d'une mise en échec réglementaire. Nous sommes cités en exemple ailleurs. Je reviens à peine des Jeux du Québec, il n'y en a plus des contacts dans le but de blesser l'adversaire. En ce sens, les nouvelles règles sont très positives. On parle maintenant d'un contact physique, fait sans projection. On s'en va dans la bonne direction.»

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