Quatre dossiers chauds sous la loupe de Lalonde...

Ray Lalonde... (Photo Marco Campanozzi, archives La Presse)

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Ray Lalonde

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(Trois-Rivières) Le Nouvelliste a profité de cette entrevue avec Ray Lalonde pour lui demander son opinion d'expert sur quelques dossiers chauds en Mauricie.

Avec la construction d'un nouveau colisée à Trois-Rivières, la Mauricie peut-elle soutenir deux équipes de hockey junior?

«Quand j'ai grandi, il y avait cette rivalité entre Trois-Rivières et Shawinigan, entre les Dravers et les Cataractes, et avant, entre les Ducs et les Bruins. En voyant tout ça, j'ai compris rapidement qu'il y avait de l'espace.

C'est sûr que la Mauricie est capable d'accueillir une deuxième équipe pour nourrir cette rivalité. C'est sain, c'est bon pour l'industrie en général d'avoir des rivalités, peu importe le sport.

Mais il y a des défis. Le hockey junior au Québec n'est pas comme en Ontario ou dans l'Ouest. Ce n'est pas la même situation, les arénas ne sont pas tous aussi rénovés ou neufs. Même à Montréal, la LHJMQ a un défi important. Quand le Junior était à Montréal, ce n'était pas facile. Il y a l'Armada à Blainville-Boisbriand, mais ce n'est pas à Montréal, c'est en banlieue.

Ce n'est pas facile le hockey junior au Québec. Il y a du talent, de bonnes bases et des gens compétents qui y travaillent, mais ce n'est pas une certitude. Il faut travailler très fort pour y arriver, donc à Trois-Rivières et Shawinigan, ça s'applique aussi. Ce n'est pas parce que tu as une équipe qu'elle va marcher. Mais je pense qu'il y a de la place pour une deuxième équipe.»

Le Grand Prix de Trois-Rivières ajoutera une deuxième fin de semaine à son calendrier de course. S'agit-il d'un pari sûr, risqué ou suicidaire?

«Tout est risqué, mais tout peut être une bonne idée. Si tu ne prends pas de risques, tu n'auras pas de bonnes idées.

Ce changement, c'est assurément d'innover et de montrer qu'il y a une façon de trouver son compte et de rejoindre les différents publics pour répondre aux attentes de tous les consommateurs.

Est-ce que les gens vont aller aux deux week-ends? Pas nécessairement. Est-ce que les gens vont rester à l'hôtel pendant la semaine entre les deux, il n'y a rien de sûr non plus. Il faudra que le GP3R offre deux programmations différentes, mais avec le même niveau de qualité, pour séduire la clientèle de chacune. Il faut leur laisser le temps de se créer une notoriété et une crédibilité. Il est trop tôt pour se prononcer, mais je dois applaudir leur innovation.»

Le football à l'UQTR peut-il s'avérer un succès?

«Une université peut toujours obtenir du succès. Les Patriotes de l'UQTR au hockey ont connu une croissance parce qu'il ont eu des bonnes performances, des championnats canadiens et de bons entraîneurs, dont Clément Jodoin, qui ont amené les Patriotes à un point où ils étaient comme le Rouge et Or au football aujourd'hui, la référence à l'échelle canadienne. Ç'a permis à l'UQTR de redorer son image et de prendre sa place dans la communauté. La référence d'une université, ce sont ses équipes sportives.

Celles-ci aident l'institution à prendre sa place dans la communauté et aident le recrutement sportif d'athlètes, bien sûr, mais aussi des étudiants, parce que ça attire des éloges, de l'attention, de la couverture médiatique et, ultimement, de l'argent, parce que les gens veulent se greffer à des programmes qui ont du succès.

Il n'y a pas de mauvaises raison d'avoir une équipe, mais avec 8 millions de personnes au Québec, si on ajoute des équipes partout, la profondeur va manquer. Mais l'UQTR peut se comparer à l'Université de Sherbrooke, qui l'a fait dans la petite région de l'Estrie. Le Vert et Or fait bien même s'ils sont plantés à côté de Bishop's.

Il n'y a pas de raison pour laquelle ça ne pourrait pas marcher, mais ça prend le soutien communautaire, de l'institution et des gens d'affaires de la région. Il faut que tout le monde embarque parce que c'est une business aujourd'hui, surtout si tu veux être compétitif. Ça coûte des sous.»

La Classique de canots peut-elle retrouver ses lettres de noblesse?

«Le canot fait partie de la culture en Mauricie qui s'explique par sa géographie (avec la rivière Saint-Maurice). Ce n'est pas facile à transposer la discipline et à la faire valoir ailleurs, parce que les environs géographiques ne sont pas les mêmes. C'est la même chose avec la Traversée du Lac Saint-Jean.

À Trois-Rivières, on ne traverse pas le fleuve Saint-Laurent, ou encore la rivière Saint-Maurice à Trois-Rivières, mais on le fait au Lac Saint-Jean.

La Classique, il faut que quelqu'un prenne le relais et se dise que ça fait partie de notre patrimoine, qu'il faut la faire connaître. Mais ce n'est pas nécessairement quelque chose qui va attirer l'attention d'une personne à Valleyfield ou Baie-Comeau, parce que c'est régional.

Ça prend des gens dévoué à la cause, mais il faut être modeste dans nos attentes. Il faut continuer à chercher des solutions en terme de qualité, d'attrait touristique et savoir comment créer un engouement à petite échelle pour la communauté. Toutefois, ça restera un événement qui est petit sur la scène sportive d'aujourd'hui qui est de plus en plus mondiale. Mais à mon avis, ça doit survivre.»

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