Joueur, étudiant et... papa

Est-il possible d'être à la fois joueur de... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Est-il possible d'être à la fois joueur de hockey, étudiant et papa? Olivier Hotte et sa copine Mélissa Côté en étaient persuadés et n'ont pas hésité à accueillir le petit Edison dans leur famille.

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) La vie d'un étudiant-athlète en hockey à l'UQTR n'a rien de facile. Savoir naviguer entre la quinzaine d'heures de cours hebdomadairement, les entraînements le matin ou l'après-midi, l'étude en vue des examens, les matchs et les voyages en Ontario, sans oublier la vie sociale, peut parfois relever de l'exploit. Pourtant, ce n'est pas ce qui a empêché le défenseur Olivier Hotte et sa copine Mélissa Côté de se lancer dans une toute nouvelle aventure: avoir un enfant.

Il y a cinq mois, le couple a accueilli dans sa vie le petit Edison, et les nouveaux parents ne pourraient mieux s'en porter. C'est en toute conscience qu'ils ont pris la décision d'avoir un enfant, malgré les énormes défis que le tout comporte.

«Elle ne m'a pas mis de pression. On était rendu là dans la vie», souligne le hockeyeur.

«À l'université, souvent, souvent, on sort dans les bars. Mais on l'avait déjà fait, on avait lâché notre lousse. On était maintenant prêts», souligne la jeune maman, qui occupait l'emploi de serveuse avant la venue de son garçon.

Même si ce choix de vie semblait difficile à adopter, particulièrement en ce qui a trait à l'emploi du temps, Hotte n'a jamais douté que son couple était en mesure de réussir.

«On voulait faire tomber la barrière selon laquelle il faut attendre la fin des études. Ma blonde était prête et moi aussi. On s'attendait tout de même à ce qu'il y ait des difficultés.»

«Tu t'imagines que ça pourrait être plus facile, mais on fait avec ce que l'on a. Si ce n'était que des études, ça irait, mais c'est le fait qu'il y a du hockey qui complique les choses», ajoute-t-elle.

C'est ainsi que depuis le début de la saison, Mélissa trimbale le petit Edison dans son siège d'auto lors des matchs des Patriotes au Colisée. Elle n'était toutefois pas seule dans cette situation, parce que ce n'est pas un, mais bien deux papas qui ont enfilé le chandail vert et orange cette saison. L'attaquant Olivier D'Aoust se retrouvait lui aussi dans cette aventure.

Mélissa Côté croit d'ailleurs que de ne pas avoir été seule a favorisé l'adaptation à cette toute nouvelle vie. «Ça m'a aidé personnellement. Je me sentais moins seule parce qu'on se comprenait à travers ce que l'on traversait.»

D'ailleurs, la venue de deux bébés dans l'entourage des Patriotes semble avoir attiser l'instinct maternel chez certaines.

«Les blondes des autres joueurs réalisent que c'est possible. Ça leur donne des idées et elles disent qu'elles ont hâte. Ç'a l'air facile, elles nous voient juste quand c'est le fun. Elles ne sont pas là quand il faut se lever la nuit!», rigole le couple.  

Et les coéquipiers?

De toute évidence, les deux joueurs rompent avec le stéréotype habituel du joueur de hockey en début de vingtaine. L'arrivée de deux bébés dans l'entourage de l'équipe a d'ailleurs été très bien accueillie dans le vestiaire. Si quelques blagues d'occasion se sont ajoutées au répertoire, certains coéquipiers sont devenus des «mononcles».

«Ils n'étaient pas surpris. Ils connaissaient mon tempérament. Ils voyaient vers où notre couple s'en allait. Mais je ne leur en avais pas parlé avant», indique Hotte.

Le pilote des Patriotes, Marc-Étienne Hubert, n'était pas étranger à une telle situation. À l'époque où il jouait avec l'UQTR au début des années 2000, un de ses coéquipiers était aussi un jeune père. Si le pilote a permis quelques arrangements lorsqu'il était impossible pour ses troupiers d'être à l'entraînement, il souligne les efforts déployés par Hotte et D'Aoust afin que rien n'y paraisse.

«Les gars ont agi en professionnels et ont fait ce qu'ils devaient faire, mentionne-t-il. Je ne peux pas dire que j'ai vu une grande différence. Étant père de famille moi-même, il faut comprendre certaines choses et être ouvert d'esprit.»

Hotte termine sa quatrième année au sein du baccalauréat en éducation physique de l'UQTR. Bien qu'il serait éligible pour disputer une cinquième saison, il ne sait pas s'il sera de retour. La venue du petit Edison, combiné au fait qu'il ne sera pas sur les bancs d'école mais plutôt en stage à l'automne, le force à se questionner à savoir si son agenda lui permettra de lacer les patins.

«En ce moment, je vois ma carrière à court terme avec les Patriotes et les séries. Avec le petit, on ne se projette pas à l'avant. Si on ne veut pas s'épuiser, on doit fonctionner à la semaine, surtout en séries. Ensuite, ce sera les examens. Je ne peux pas dire où je serai l'an prochain. Il faudra faire un bilan avec l'école et le hockey. On va analyser en quoi on a réussi à s'en sortir et ce qu'on veut améliorer», conclut-il, son garçon dans une main, le biberon dans l'autre.

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