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Jean Béliveau a laissé des souvenirs indélébiles dans la mémoire de ses coéquipiers

Bobby Rousseau (15) a été l'un des partenaires... (Photo: Archives, La Presse)

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Bobby Rousseau (15) a été l'un des partenaires de trio de Jean Béliveau (4) lors de son passage avec le Canadien. Sur la séquence, les deux hommes se mesuraient à un autre grand du sport, Gordie Howe (9).

Photo: Archives, La Presse

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(Trois-Rivières) Le monde du hockey est durement ébranlé depuis mardi soir à la suite du décès de Jean Béliveau. Pour ses anciens coéquipiers, les souvenirs sont nombreux.

Alors que Jean Béliveau emplissait le filet de... (Photo: Archives, La Presse) - image 1.0

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Alors que Jean Béliveau emplissait le filet de l'adversaire, Jean-Guy Talbot montait la garde à la ligne bleue du Canadien.

Photo: Archives, La Presse

Jean-Guy Talbot a vécu une bonne partie de sa vie aux côtés de Béliveau, puisqu'il a été son coéquipier pendant 14 ans, dont 12 avec le Canadien de Montréal.

«Même si on savait que ça n'allait pas bien et qu'il était malade, lorsque je l'ai appris (mardi soir), c'était très dur.»

Les deux hommes étaient encore proches malgré le temps et l'éloignement. Les deux se voyaient à quelques reprises par année, en plus de ne jamais oublier de s'appeler pour se souhaiter bonne fête. «Tous les gens qui l'ont côtoyé disent que c'était un gentleman et ils ont raison. C'était un monsieur. Il était élégant sur et hors de la glace», dit-il à propos de celui qui a été son co-chambreur à plusieurs reprises à l'époque où Toe Blake dirigeait l'équipe.

André Pronovost a remporté quatre Coupes Stanley en compagnie du «Gros Bill» dans l'uniforme tricolore. Mais il a aussi dû lui faire face plus tard dans sa carrière alors qu'il portait le gilet des Bruins de Boston et des Red Wings de Detroit. Malgré le fait qu'ils étaient des adversaires, le natif de Shawinigan entretenait un grand respect pour le capitaine du Canadien.

«On était intenses, mais contre Jean, il y avait un respect pour lui. Et de son côté, on savait qu'il ne nous ferait pas un coup salaud, et c'est pourquoi nous avions le même style. Si l'entraîneur de Boston m'avait dit de lui faire mal, je peux dire que je l'aurais envoyé chez le ''yable''.»

Bobby Rousseau a évolué pendant 942 matchs dans la LNH, dont 10 saisons avec le Tricolore. Jean Béliveau avait le 'C' cousu sur sa poitrine durant toute cette période. Il est donc bien placé pour connaître le type de leadership qu'apportait le numéro 4.

«Jean, comme capitaine, montrait l'exemple en donnant le maximum de lui-même. Il parlait très peu dans la chambre, la raison étant que nous avions Toe Blake comme instructeur et, comme Béliveau, il avait une forte présence. L'autorité était là et on savait à quoi s'attendre. Il fallait se présenter à toutes les parties.»

Talbot se souvient d'ailleurs que le choix de nommer Béliveau comme capitaine ne faisait pas de doute auprès de ses coéquipiers.

«J'ai eu trois bons capitaines, avec Maurice Richard, Doug Harvey et lui. Mais Béliveau était différent des deux autres, il était plus calme. À l'époque, ce n'est pas le club qui choisissait le capitaine, les joueurs votaient, et lorsque nous sommes passés au vote, ça n'a pas été long.»

Un être généreux

Reconnu comme un gentilhomme sur la surface glacée, Béliveau était très généreux de son temps. En plus d'être un ambassadeur pour le Tricolore, il avait créé sa fondation afin de venir en aide aux enfants handicapés du Québec. «C'est le plus grand ambassadeur que le hockey a eu au Canada, voire au monde. C'était un athlète, un ami et un conseiller», souligne Rousseau.

Béliveau avait d'ailleurs fait un arrêt à Trois-Rivières, sa ville natale, en 1971 puisque le pavillon du parc des Pins allait être renommé en son honneur. Son coéquipier John Ferguson, lui aussi fraîchement retraité, l'avait accompagné et les deux hommes avaient visité l'ancienne demeure du capitaine.

«La rue avait été fermée. Béliveau était monté à l'étage et avait salué les gens sur le balcon. Il y avait un enfant trisomique sur place, dont l'idole était Béliveau. Il l'avait pris le jeune dans ses bras et Ferguson avait pleuré quand il avait vu ça», se remémore l'historien sportif Gerry Rochon.

Une Coupe mémorable

Rousseau, qui réside à Louiseville, se souvient très bien de sa première Coupe Stanley, en 1965, remportée alors qu'il évoluait à la droite du «Gros Bill». Son trio y était allé d'une performance mémorable. «J'ai gagné quatre Coupes avec lui, mais la première était très spéciale. C'était la septième partie, au Forum, contre Chicago. Après les 10 premières minutes, c'était 4-0 et le pointage était demeuré comme ça. Jean Béliveau, Dick Duff et moi, on avait trois des quatre buts et j'avais récolté trois passes.»

Âgé de 74 ans, Rousseau mentionne que c'est en regardant les parties des As de Québec de la Ligue senior du Québec à la télévision qu'il a découvert tout le talent de Béliveau. À l'époque il rêvait d'un jour enfiler le chandail du Canadien. Un rêve qui s'est concrétisé près d'une décennie plus tard.

«Jamais j'aurais pensé qu'un jour, neuf ans plus tard, j'allais devenir ailier droit dans la Ligue nationale, surtout avec un joueur de centre comme Jean Béliveau. Gilles Tremblay était à notre gauche. Les deux sont décédés dans les derniers jours. Dans mon cas, j'espère que le petit Jésus voudra me garder en vie longtemps...»

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