Les poches de Noël

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Le Nouvelliste

Depuis quelques semaines, c'est la frénésie de la charité qui s'opère un peu partout. L'oeuvre de la bonne conscience bat son plein sous la forme de soupers-bénéfices, de distributions de denrées de toutes sortes et quoi d'autres encore? Tout cela est bien gentil et fort louable, mais n'agit que sur les symptômes, rarement sur les causes d'un appauvrissement collectif grandissant.

Pendant ce temps et lors de ces événements caritatifs, on voit se pointer la frimousse souriante de nos députés alors que la politique d'austérité qu'ils prônent et endossent en est une des causes. Il faut être particulièrement «poche» et effronté pour jouer aux bienfaiteurs, alors que plusieurs de leurs réformes visent à vider les poches des gens, tout en diminuant les services auxquels les citoyens auraient droit et pour lesquels, en principe, ils contribuent.

Pendant qu'ils jouent aux pères Noël d'occasion, les vrais cadeaux, ils se les font entre eux et se les gardent pour eux et quelques amis précieux. Force est de constater qu'ils ont compris ce que veut dire «charité bien ordonnée commence par soi-même» ou «au plus fort, la poche»! Le hic, est que c'est avec mon argent et le vôtre qu'ils s'offrent de généreux cadeaux! Et des cadeaux, ils s'en font à pleine pocheté! J'imagine que quand on travaille aussi fort pour le bien des autres, on mérite une petite prime, prélevée à même le bas de laine ou celui de Noël, des contribuables. Pourquoi se gêner quand on est l'élu!

Je commence à croire à la féérie de Noël et à la fée des étoiles. Un exemple parmi d'autres: présidente de la commission permanente de révision des programmes, dont le mandat principal est justement d'identifier là où l'État devrait couper, Lucienne Robillard reçoit 1100 $ par jour pour ses efforts! Oui, oui, 1100 $ par jour! C'est de la commission ça mes amis! Il faut croire que le père Noël est passé chez vous et chez moi avant de passer chez elle, en apportant dans sa grosse poche l'argent de nos cadeaux pour le remettre à cette bonne fée! Comme si j'avais les moyens de payer un salaire aussi féérique avec le mien!

Qu'à cela ne tienne, il me reste mon sapin et tous ceux que l'on s'apprête à me passer. Moi qui me suis longtemps demandé si les lutins de Noël existaient. À bien y penser, je crois que les lutins, c'est nous! À moins qu'à force de se faire bourrer, nous ne soyons devenus aussi les dindons de la farce.

Joyeuses fêtes tout le monde! Surtout, n'oubliez pas de vous serrer la ceinture ainsi que celle de votre famille durant ces temps de réjouissances!

Michel Purcell

Saint-Paulin

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