Des ligues de garage à la NCAA

À sa première saison en division 1 dans... (Photo: WCHA)

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À sa première saison en division 1 dans la NCAA, le Latuquois Olivier Mantha s'est rapidement établi comme l'un des meilleurs gardiens aux États-Unis.

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(Trois-Rivières) Il y a de ces athlètes qui prennent le chemin le plus long afin d'atteindre le sommet. Olivier Mantha, lui, s'est tapé un marathon qui vient de le mener à l'Université Alaska-Anchorage dans la NCAA, où il domine à sa première année en division 1.

Évoluant dans le bantam AA à Shawinigan, Mantha montrait un certain potentiel jusqu'à ce qu'il décide de mettre sa carrière en veilleuse en 2008. Une situation bien plus importante venait de frapper la famille. Sa soeur aînée, Marie-Michelle, apprenait qu'elle était diagnostiquée d'un cancer de la glande thyroïde.

«Comme je restais toujours à La Tuque, je voyageais quatre ou cinq fois avec mon père vers Shawinigan pour les entraînements et les matchs, tout ça alors qu'elle était malade. Avec la famille, j'ai pris la décision d'arrêter de jouer. De toute manière, le hockey n'était plus la priorité. C'était la santé de ma soeur qui était importante», souligne le portier.

Au terme d'un combat livré courageusement, Marie-Michelle a vaincu le cancer et Olivier était maintenant prêt à remettre les jambières.

«Comme individu et comme famille, elle nous a rendu plus forts. Quand je repense aux difficultés qu'on a vécues et surmontées, ça remet nos petits problèmes de tous les jours en perspective. Ça m'a aidé beaucoup dans ma carrière par la suite.»

Toutefois, puisqu'il avait quitté le hockey organisé, retourner dans la structure semblait difficile. Il a plutôt décidé de recommencer à jouer dans le hockey pour adultes à La Tuque, avant de rejoindre l'équipe de calibre midget A locale en 2009.

Puis, en 2010, la chance a souri au gardien, quand les Dragons du Collège Laflèche ont fait appel à ses services. Mantha a rapidement progressé pour devenir l'un des meilleurs gardiens du circuit collégial. Des performances qui lui ont permis de se retrouver dans la meilleure ligue de hockey junior A au Canada, en Colombie-Britannique avec les Vees de Penticton. Encore une fois, il s'est illustré, si bien qu'il a reçu une offre de la part des Seawolves de l'Université Alaska-Anchorage, au nord du 60e parallèle.

Contre la crème de la crème

Malgré l'éloignement, les Seawolves évoluent dans la division 1 de la NCAA. Mantha se frotte ainsi à plusieurs joueurs repêchés dans la LNH ainsi qu'aux meilleurs programmes du pays de l'Oncle Sam, comme celui des Badgers du Wisconsin.

«Mon premier match a été contre Wisconsin. En plus, c'était à la maison. C'était incroyable, je n'en revenais pas et j'ai connu une bonne partie. Quand l'adrénaline est redescendue et que j'en parlais avec mes parents après le match, je réalisais ce qui venait de se passer. Il y a quatre ans, j'étais dans la ligue collégiale, là, je venais de battre les Badgers.»

Même s'il n'est qu'une verte recrue, Mantha s'est rapidement établi comme le partant de son équipe, détrônant le vétéran en place. En 11 matchs, six de plus que son adjoint, il montre une moyenne de buts accordés de 2,26 et un taux d'efficacité de ,935, ce qui le place déjà parmi les meilleurs gardiens aux États-Unis.

«Je commence à réaliser ce qui se passe. Je n'ai jamais voulu regarder trop loin, mais je réalise à quel point tout s'est fait rapidement. Jamais je n'aurais pensé que je passerais du midget A à la division 1 NCAA.»

Si certains Québécois ont l'impression que La Tuque est situé au bout du monde, imaginez l'Alaska! Pourtant, Anchorage est une ville qui fait le double de la taille de Trois-Rivières. Mantha n'a pas été si dépaysé à son arrivée.

«C'est une grosse ville, mais on ne le sent pas vraiment. Le plus gros ajustement que j'ai eu à faire, c'est pour l'ensoleillement. On se lève à 9 h 30 et il fait encore noir comme s'il était 2 h 30. Mais la température est plus chaude qu'au Québec, nous n'avons pas encore eu de neige.»

En se tournant vers le passé, le gardien de 21 ans aurait-il préféré ne pas se retrouver dans la difficile situation familiale qu'il a connu et suivre le chemin habituel des joueurs québécois menant vers la LHJMQ?

«Je n'échangerais pour rien au monde les expériences que j'ai vécues. Si j'étais allé dans le junior, j'aurais connu de belles aventures, mais ce que j'ai vécu au Collège Laflèche est important. J'y ai rencontré mes meilleurs amis. Dans la BCHL, c'était la première fois que je m'éloignais de chez moi et ça m'a ouvert les portes de la NCAA. Maintenant, je me promène aux États-Unis, je visite de grandes villes et je m'entraîne dans des installations olympiques. C'est incroyable et je n'échangerais ça pour rien au monde.»

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