Serge Corbin admis au Panthéon des sports du Québec

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Serge Corbin a été admis, mercredi, au Panthéon des sports du Québec.

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Louis-Simon Gauthier
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Le Nouvelliste

(Terrebonne) Ses exploits ont été soulignés en Mauricie, au Michigan ainsi que dans l'État de New York. Des endroits où il aura apposé sa signature en devenant l'un des athlètes les plus dominants de l'histoire de son sport, voire le meilleur, comme l'ont déjà avancé certains spécialistes américains du canot long parcours.

Mercredi, au prestigieux club de golf Le Mirage, c'était au tour du Panthéon des sports du Québec de souligner cette carrière forte en succès, en émotions surtout.

Serge Corbin a été intronisé au Temple de la renommée de l'institution en compagnie de Ken Dryden (hockey), Clara Hughes (patinage de vitesse et cyclisme), Rusty Staub (baseball), Denyse Julien (badminton) et Charles H. Cardinal (volleyball).

Déjà bien connu dans sa région natale, le roi de la rivière Saint-Maurice, vainqueur à 26 reprises de la Classique internationale de canots de la Mauricie, verra donc son étoile briller aux côtés de légendes sportives qui ont façonné l'histoire du Québec.

«C'est le summum du summum, la cerise sur le sundae», reconnaissait l'homme de 57 ans, chaleureusement applaudi par la foule lors de son arrivée sur l'estrade où il a pris la parole.

«Je tiens à remercier tous mes coéquipiers, mes ravitailleurs ainsi que tous ceux qui ont manifesté de l'intérêt pour la cause du canot long parcours au cours de ces 40 années. Un merci particulier à ma femme Nathalie, qui a toujours été là pour moi.»

Corbin a fait rire l'auditoire en racontant une anecdote savoureuse datant de 1987, dont plusieurs se souviennent encore aujourd'hui. Il avait à l'époque perdu sa rame dans la rivière et avait dû laisser son coéquipier Normand Mainguy (avec qui il a gagné cinq fois la course, comme avec son frère Claude) pagayer seul pendant quelques minutes.

«Nos adversaires nous regardaient un peu incrédules. On a finalement perdu la Classique par quelques minutes. Celle-là, c'est la 27e victoire que je n'ai jamais eue!»

Vibrant hommage

Dans la vidéo d'introduction, Richard Toupin et Gabriel Flageole ont pris la parole en louageant leur ami. «Je n'ai jamais vu un canotier aussi méticuleux. Il étudiait tout sur la rivière: le courant, les portages, tout! Personne, en 48 ans dans le domaine, n'est arrivé à la cheville de Serge au niveau de la préparation», racontait Toupin.

«C'est devenu un spécialiste du sport qui construisait aussi ses canots, poursuivait Flageole. Il n'a jamais été un péteux de broue malgré tout, c'était un gars gêné au départ, mais il a appris l'anglais et il est devenu habitué aux caméras. Comme ambassadeur, on ne pouvait demander mieux.»

Le Pierre Harvey de la Mauricie

Histoire de souligner ce moment unique, Serge Corbin avait mandaté le marcheur olympique Marcel Jobin pour le présenter, lui qui avait déjà été honoré en 1993 par le Panthéon.

Ce dernier n'a pas tari d'éloges à l'endroit de l'intronisé. «Il est le Pierre Harvey de la Mauricie. Si Serge avait évolué dans un sport olympique, il aurait gagné des médailles, participé à trois ou quatre Olympiades. Dans la région, il est pas mal plus connu que moi! Serge, c'est un naturel dans plusieurs sports. Il faut le voir aller en ski de fond ou en vélo pour constater qu'il est tout un athlète.»

Les deux hommes sont d'ailleurs souvent confondus lorsqu'ils participent à des galas honorifiques comme celui de mercredi. «Remarque, ce n'est pas une insulte du tout que d'être comparé à Serge.»

Celui qui a remporté sa première Classique à l'âge de 16 ans parlait de la grande fierté qui l'envahissait en voyant son nom aux côtés de Ken Dryden et des autres athlètes immortalisés. Il s'agissait effectivement d'une belle brochette de sportifs.

«C'est le plus grand honneur que je reçois, c'est la preuve que je n'ai pas travaillé pour rien.»

Serge Corbin en a ramé un coup pour en arriver au Panthéon des sports du Québec. Mais ceux qui le côtoient savent qu'il n'a pas accompli tout ça pour la gloire. «Il a toujours été humble, conclut Gabriel Flageole. C'est pour ça que les gens l'apprécient autant.»

Faits saillants de la carrière de Serge Corbin

>Première victoire à 13 ans, en 1970, à la course du tour des îles, à Trois-Rivières

>26 victoires à la Classique internationale de canots de la Mauricie

>Champion de la General Clinton Canoe Regatta à 28 reprises en 29 courses

>Gagnant 18 fois du Au Sable River Canoe Marathon

>Champion mondial à Outrigger (Hawaii) en 1985

>Deux médailles d'or aux championnats américains de canot long parcours en 1989

>Vainqueur de 90 % des courses auxquelles il a participé en 40 ans

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