Tennis de table: les balles de la discorde

Le tennis de table n'est pas à l'abri... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Le tennis de table n'est pas à l'abri des petites révolutions, comme en témoigne ce changement de cap de la fédération internationale par rapport aux compositions des balles. L'entraîneur du Ping-O-Max, Martin Marcotte, aussi impliqué dans la fédération provinciale, croit qu'il faudra du temps pour s'adapter aux nouvelles balles de plastique.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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Louis-Simon Gauthier
Louis-Simon Gauthier
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Dans le milieu, il s'agit d'une véritable révolution, semblable aux changements instaurés dans certaines règles du jeu au début des années 2000 afin de rendre la discipline plus excitante, de ralentir la cadence aussi.

Depuis le 1er juillet, la Fédération internationale de tennis de table utilise des balles en plastique composite, abandonnant du coup le celluloïd, une matière hautement inflammable et dont le transport par bateau coûtait une petite fortune aux compagnies, notamment en raison des délais de livraison. Dès 2011, la question était sur toutes les lèvres lors de l'assemblée générale annuelle aux Pays-Bas, en marge des championnats mondiaux: à quand la disparition du celluloïd?

À peine trois ans plus tard, le club Ping-O-Max de Trois-Rivières commence à explorer ces nouvelles balles de plastique puisque toutes les fédérations doivent désormais s'y plier. Mais les dites balles ne font pas l'unanimité, les nombreuses compagnies spécialisées dans leur conception peinant à offrir un produit de qualité... du moins pour l'instant.

«Ça chiale pas mal, admet non sans sourire l'entraîneur Martin Marcotte. On essaie plusieurs types, des groupes de discussions sur Facebook ont été lancés, nous étudions le rapport qualité-prix. Le problème, c'est que jusqu'à maintenant, personne ne nous impressionne avec les modèles. C'est un peu de la scrap, comme on dit en bon québécois! Ici au club, nous en avons brisé quelques unes. Dès qu'il y a un mauvais contact, on dirait qu'on ne peut plus rien faire.»

C'est pourquoi Marcotte commande ses balles par échantillons. Pas question de se stocker auprès d'une marque X, surtout en sachant que les tests se poursuivent en laboratoire. L'entraîneur se questionne d'ailleurs sur la décision de la fédération provinciale dans le dossier.

«Ils ont réagi un peu vite en déclarant que dès le 1er octobre, nous devions nous conformer au plastique. La fédération canadienne attendra pour sa part au 1er janvier alors que dans d'autres pays, comme la France, rien n'a été statué. Oui, ça devient obligatoire, mais plusieurs auraient apprécié que ça se fasse plus en douceur au Québec. Il n'y avait pas lieu de se presser.»

Si les qualifications en vue des Jeux du Canada ont été disputées avec les balles en celluloïd à la fin septembre, le plastique a fait son apparition la semaine dernière, à Laval, dans le cadre d'un important tournoi provincial.

Résultat: la balle tourne moins et perd un peu de son effet. En retour de service, ça permet de rallonger quelque peu les échanges. «La véritable raison du changement de balle est relié au danger par rapport à l'inflammabilité. Impossible de transporter ces balles par avion dû aux risques. Mais sur le plan technique, ils veulent aussi ralentir le jeu. Ç'a peut-être penché dans 30 % de la décision finale.»

Avant que les entreprises concernées ne trouvent la formule miracle pour plaire à tous cependant, la patience sera de mise. Comme dans tous les sports, les meilleurs s'adapteront plus vite. Pour les quelque 65 membres du Ping-O-Max, l'ajustement est déjà amorcé. Pour le meilleur et pour le pire!

Vandalisme...

«Quel jeune n'a jamais brûlé une balle de ping-pong juste pour plaisir», sourit Martin Marcotte, en évoquant l'inflammabilité des balles en celluloïd. Le Ping-O-Max a dû composer avec cette réalité et l'entraîneur admet avoir perdu plusieurs balles, dérobées par certains étudiants qui ne sont pas affiliés au club...

Soutien du C.R.E.E.M.

Si les balles de celluloïd valaient environ 37¢ l'unité, celles de plastique coûtent près de deux dollars. Le Ping-O-Max devra investir entre 2500 et 3000 $ à ce chapitre, mais recevra une importante subvention du Centre régional d'entraînement et d'événement de la Mauricie (C.R.E.E.M.). Ce montant pourrait atteindre 1600 $.

Août 2015

Dans la région, les amateurs auront une meilleure idée des répercussions des changements lors du Championnat canadien de tennis de table, prévu à Trois-Rivières en août 2015. Le son au contact de la raquette, entre autres, est différent...

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