Patinage de vitesse: Éric Bédard quitte l'équipe de France

Éric Bédard quitte l'équipe nationale de France en... (PHOTO RÉMI MELÉE, ARCHIVES LA PRESSE)

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Éric Bédard quitte l'équipe nationale de France en patinage de vitesse courte piste.

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(Trois-Rivières) Éric Bédard doit déjà faire ses valises. L'entraîneur de l'équipe de la France en patinage de vitesse courte piste a annoncé qu'il ne poursuivrait pas son cheminement avec les responsables de la Fédération française des sports de glace. Il a d'ailleurs remis une lettre aux dirigeants de l'organisation pas plus tard que samedi, avant d'informer ses athlètes de son départ, lundi.

On ne peut même pas parler d'une démission dans son cas. S'il s'était entendu sur les termes d'une entente en avril dernier avec la FFSG, cette dernière n'a jamais voulu honorer le contrat. Il n'était donc pas officiellement en poste.

«Plusieurs clauses n'ont pas été respectées», a mentionné Bédard dans une entrevue accordée au Nouvelliste, depuis Font Romeu dans le sud de la France, où se situe le centre national d'entraînement.

«Au printemps, nous nous étions entendus sur un salaire net que j'allais recevoir chaque mois. On avait alors une entente écrite par courriel, approuvée par le président et les autres personnes de la Fédération. Ils m'ont expliqué plus tard que les impôts seraient à ma charge, ce qui ne devait pas être le cas. Jamais un entraîneur n'aurait signé ça. Pour moi, ça représentait une diminution de 30 % par rapport à ce que nous avions établi.»

Qui plus est, Bédard avait pris quelques semaines de répit, en juillet, afin de revenir au Québec pour les vacances. La fédération, avec à sa tête le président Didier Gailhaguet, a pourtant refusé de le payer.

Le conflit perdurait depuis le 15 juillet. Afin de demeurer en Europe, Bédard, accompagné de sa famille, devait se procurer un visa avant le 9 novembre. C'est qu'un étranger ne peut rester en territoire français plus de trois mois sans être considéré comme illégal par le gouvernement. Il n'était toutefois pas question de séjourner plus longtemps à Font Romeu avec ce que la FFSG lui suggérait.

«Aujourd'hui, je me retrouve en position inconfortable, je ne suis qu'un touriste ici et je n'ai pas de statut de travail.»

Sans jeter la pierre à qui que ce soit, Bédard admet néanmoins que les procédures du clan français étaient parfois douteuses. «Dans le contrat qu'on m'avait adressé en juillet, il y avait plusieurs fautes de frappes, dont ma date de fête... et c'était rédigé en anglais!»

L'association entre les deux clans se conclura vendredi. D'ici là, la copine d'Éric Bédard aura déjà quitté le pays avec ses deux enfants. Il les rejoindra au Québec dans moins de dix jours.

Les portes sont ouvertes

Si les patineurs français se disent confiants de voir la Fédération obtempérer aux demandes de l'entraîneur canadien, ce dernier ne se fait pas trop d'illusion. Il garde une porte ouverte, mais ce manque de confiance des dirigeants le démotive un peu.

«Ça allait bien dans l'équipe chez les garçons. Nous venions de battre le record français du relais par cinq secondes, on fondait beaucoup d'espoir sur des top-5 en Coupe du monde. Mais je ne peux m'embarquer dans une aventure de quatre ans avec autant de points d'interrogation.»

L'entraîneur a reçu un bel appui de ses patineurs, qui étaient tous présents lundi, chez lui pour «l'apéro». «Ils étaient heureux de ma réaction. Ils se disaient: "enfin, un coach qui tient tête à la fédé"! Mais je n'ai plus d'énergie à perdre. J'explorerai toutes les options devant moi, je suis en recherche d'emploi.»

Originaire de Sainte-Thècle, l'ex-patineur aujourd'hui âgé de 37 ans a remporté quatre médailles olympiques au cours de sa carrière. Il est aussi connu pour avoir relancé le programme italien. Sous sa gouverne, la Squadra Azzurra de patinage de vitesse a gagné trois médailles l'hiver dernier à Sotchi.

Auparavant, c'est l'équipe nationale de l'Allemagne qui avait bénéficié de ses connaissances, notamment durant les Jeux de Vancouver en 2010. Depuis 1998, Éric Bédard a ainsi pris part à toutes les Olympiades d'hiver.

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