Canaliser l'énergie des tout-petits... sur la tatami

Enseigner les rudiments du judo aux très jeunes... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Enseigner les rudiments du judo aux très jeunes enfants auraient des répercussions positives sur leur développement moteur, croient des entraîneurs de Shawinigan, qui ont instauré des cours programmés spécialement pour eux.

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Louis-Simon Gauthier
Louis-Simon Gauthier
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le Club de judo Shawinigan a trouvé une façon originale d'attirer les familles dans la salle qu'il loue au Centre communautaire, sur la 3e Rue. Les entraîneurs et membres fondateurs, François Lavoie et Jean-Luc Lefebvre, offrent la possibilité aux très jeunes enfants de découvrir les rudiments de ce sport, à raison de séances d'environ une demi-heure par semaine.

Le concept a vu le jour en janvier dernier, quelques mois après l'inauguration du local. Lavoie, ceinture noire 3e Dan, explique que l'objectif fixé avec son associé, au départ, consistait à rendre accessible la discipline à la population, avant même de préparer une équipe de compétition. Dans son esprit, le développement commençait donc avec la base. Et la base, ce sont les tout-petits, âgés pour la plupart de deux ou trois ans.

«Il faut bien se comprendre, on ne les envoie pas en duel, ils sont beaucoup trop jeunes», prévient non sans sourire le directeur technique, aussi éducateur physique.

«On développe leur psychomotricité, le jeu d'équilibre et la locomotion. Les enfants font des roulades, apprennent à sauter sur un pied, ils expérimentent la poutre... Bref, c'est très ludique, nous voulons qu'ils s'amusent et jusqu'à maintenant, c'est concluant.»

La véritable initiation au judo se fait souvent à partir de l'âge de quatre ans. En Mauricie, le Club de judo Shawinigan a donc innové en proposant des séances que les entraîneurs ont surnommé «Bébé en forme».

Dans le secteur Saint-Georges-de-Champlain, le Ghishintaido organise aussi des ateliers avec les bambins cette année. L'entraîneur Philippe Davidson, qui reçoit l'appui d'une éducatrice spécialisée, se dit aussi emballé par le projet.

«On a plus de 110 personnes au club, mais du lot, une vingtaine appartiennent à ce groupe de très jeunes enfants. C'est une belle façon de garder actifs autant les jeunes que leurs parents.»

«Les techniques de roulades et d'immobilisation ont fait leurs preuves, poursuit Davidson. Dès l'âge de 2 ou 3 ans, il est possible de leur apprendre à bien tomber, ce qui pourrait aider à éviter les commotions cérébrales. C'est un avantage collatéral, l'art de se protéger.»

Initiative saluée par Judo Québec

«Il s'agit d'une initiative intéressante», estime pour sa part le coordonnateur technique chez Judo Québec, Patrick Vesin. «On parle d'un cours de pré-judo où le développement moteur est mis de l'avant. Avec l'équipement qu'ils ont à leur disposition, comme le ballon suisse, l'espalier, le matelas de gym, les cordes ou la poutre, les entraîneurs peuvent enseigner aux enfants certaines notions. Il faut ajouter à cela tout le travail fait en groupe, comme l'intégration, la coopération et l'amusement.»

Ça permet aussi aux petits judokas en herbe de bien canaliser leur énergie. Là-dessus, il semble y avoir une belle unanimité, autant chez les entraîneurs que du côté des parents. «On a constaté des changements comportementaux positifs chez certains, indique François Lavoie. Peu de sports offrent la possibilité aux parents d'inscrire les 2-3 ans dans un cours, sauf peut-être la natation. Pourtant, il y a plusieurs bienfaits et en France, les ateliers de bébé-judo existent depuis au moins trois ou quatre ans.»

À savoir si les enfants auront un intérêt à poursuivre leur cheminement sur le tatami du Club de judo Shawinigan, Lavoie se montre confiant. «Du judo, les enfants en font au quotidien sans s'en apercevoir! Ça touche à tous les muscles du corps et ça les aides à socialiser. À entendre les commentaires des parents, je pense qu'on peut miser sur encore de bonnes années.»

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