Pas facile, la nouvelle vie de Philippe Lefebvre

Philippe Lefebvre s'habitue lentement, mais sûrement, à son... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Philippe Lefebvre s'habitue lentement, mais sûrement, à son passage au hockey universitaire canadien. Il devra toutefois ronger son frein pendant un an avant de faire officiellement ses débuts avec les Patriotes.

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(Trois-Rivières) Alors que s'amorcent les camps d'entraînements des équipes des ligues mineures américaines, Philippe Lefebvre ne cache pas qu'il vit un petit vide. Pour l'attaquant, sa vie est bien différente avec les Patriotes de l'UQTR.

L'ajustement entre le hockey professionnel et la vie d'étudiant-athlète n'a pas été facile jusqu'à présent pour Lefebvre. Si le tout se déroulait bien lorsque lui et ses coéquipiers ne faisaient que s'entraîner, l'arrivée de la saison régulière le fait soupirer.

Pour la première fois depuis sa tendre enfance, le Trifluvien ne pourra disputer de rencontres cet hiver. Le règlement du hockey universitaire canadien oblige une pause d'une année pour un joueur ayant évolué au niveau professionnel.

«Je vois mes amis, Michaël Bournival et Louis-Marc Aubry, batailler dans les camps professionnels pour obtenir un poste dans la Ligue nationale de hockey. J'ai quand même renoncé à mon rêve en un certain sens, donc c'est sûr que ça me fait mal au coeur de voir tout le monde jouer et pas moi. L'ajustement, au niveau émotif, est difficile.»

Dans ces conditions, les entraînements sont parfois longs, et la motivation n'est pas toujours au rendez-vous. Deux bonnes conversations avec son patron, Marc-Étienne Hubert, lui ont permis de remettre les pieds sur terre.

«Qu'on le veuille ou non, parfois, je suis de trop. Les entraîneurs ont un match à préparer et comme je ne suis pas sur une ligne, ils ne peuvent pas s'occuper de moi. Mais ils s'assurent quand même que je ne chôme pas, ce que j'apprécie. C'est arrivé que j'ai dit à Marc-Étienne que ça ne me tentait pas, et qu'il fallait qu'il me motive. Il a trouvé les bons mots.»

Hubert s'est d'ailleurs assuré que son protégé soit le plus impliqué possible dans l'organisation, ainsi que dans le vestiaire, le tout, afin de lui faire oublier qu'il sera dans les estrades une fois la semaine d'entraînement terminée.

«On sait que ce ne sera pas une année facile, surtout quand tu as joué professionnel pendant trois ans. Mais il sait quoi faire pour se préparer et s'imposer les sacrifices nécessaires. Il a ce qu'il faut pour passer à travers. Il a vécu pire que ça aux États-Unis. Les ligues mineures, ce n'est pas tout le temps évident», rappelle le pilote.

Retour aux études

Comme plusieurs joueurs qui mettent un terme à leur passage en terre américaine, Lefebvre aurait pu, et pourrait toujours, se tourner vers la Ligue nord-américaine de hockey. Pour l'instant, il n'y aucun intérêt en ce sens de sa part.

«Pour certains, le hockey universitaire, c'est un passage obligé et ça leur tente moins. Ce n'est pas mon cas, j'ai choisi de venir ici. J'aurais pu aller en Europe, dans la ECHL ou même aller travailler chez Jean Coutu, mais j'ai décidé d'aller à l'école. Je vais le faire comme du monde et avoir les meilleures notes possibles», note-t-il.

Ce dernier s'est d'ailleurs lancé dans un baccalauréat en administration des finances, comme plusieurs de ses coéquipiers.

«C'était difficile au début, ça faisait quatre ans que je n'étais pas allé à l'école. J'ai dû me réhabituer. J'ai donc choisi le profil universitaire qui va le plus m'aider dans ma réinsertion», rigole-t-il.

Revenir à Trois-Rivières n'allait toutefois pas signifier un retour chez maman et papa. Son passé de hockeyeur lui a permis de faire l'acquisition d'une résidence, un confort auquel ses collègues de classe n'auront pas droit.

«Depuis que j'ai 16 ans, je vis ailleurs durant l'hiver. Je suis avec ma copine depuis six ans et elle est à l'école elle aussi. Il était temps de passer à autre chose. Il faut dire que je n'avais pas fait le fou avec l'argent de mon contrat. Nous étions donc dans une belle position.»

Impressionné par le calibre

À son arrivée avec les Patriotes, Lefebvre savait à quoi s'en tenir à propos du calibre du hockey universitaire canadien, qu'il qualifie de très fort. L'année prochaine, il ne s'attend pas à survoler la ligue parce qu'il a évolué dans l'antichambre de la Ligue nationale de hockey.

Il donne en exemple Cédric Lalonde-McNicoll. Après avoir évolué chez les professionnels pendant trois ans, l'ancien des Cataractes est maintenant un marqueur de 35 points avec les Redmen de McGill.

«Je ne pense pas marquer 200 buts l'année prochaine. Oui, je peux être un joueur important et c'est ce que je veux. Mais ce n'est pas un calibre dans lequel un gars comme moi peut arriver et dire que ça va être facile. Il y a des joueurs de qualité», conclut-il.

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