Les Cactus privés de football

Face à la volonté exprimée par les joueurs... (Photo: Louis-Simon Gauthier)

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Face à la volonté exprimée par les joueurs pendant la période estivale, le Séminaire Sainte-Marie avait pris la décision de rejoindre la nouvelle ligue de football à huit du RSEQ Mauricie. L'euphorie a toutefois laissé place à la déception ces derniers jours...

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Louis-Simon Gauthier
Louis-Simon Gauthier
Le Nouvelliste

Les joueurs des Cactus du Séminaire Sainte-Marie, les mêmes qui avaient pris l'initiative de redémarrer le programme dans leur institution l'été dernier, se voient privés de football pour la saison 2014. L'euphorie a donc laissé place à une amère déception pour ces adolescents, victimes collatérales d'un règlement qui interdit à des élèves de 3e secondaire d'évoluer dans les rangs juvéniles.

Les Cactus, qui devaient disputer leur rencontre inaugurale de football à huit samedi dernier à Saint-Tite, ont plutôt décidé, la veille, d'abdiquer pour la campagne en cours. Sur les 24 joueurs recensés dans la formation dirigée par Stéphane Garceau, neuf ne remplissaient pas les exigences du Réseau du sport étudiant de la Mauricie en ce qui a trait à la clause des J6, ces jeunes qui en sont à leur sixième année au secondaire.

Cette règle stipule que toute équipe doit aligner des joueurs dont l'écart d'âge maximal est de 36 mois. Football Québec impose cette décision à toutes ses organisations, le RSEQ doit donc s'y plier pour des raisons de sécurité.

Mais voilà, une erreur s'est glissée dans la feuille détaillant les catégories d'âge envoyée aux écoles au début du mois de septembre, et ce par le RSEQ Mauricie. Dans le communiqué, l'organisme expliquait aux responsables des sports que les jeunes devaient être nés avant le 30 septembre 2000, alors qu'il aurait fallu lire le 30 septembre 1999. Le Séminaire Sainte-Marie, qui avait commencé son camp d'entraînement, se croyait ainsi en toute légalité. C'était avant le 19 septembre...

«Cette journée-là, nous avons lu l'article de la relance du football au SSM dans Le Nouvelliste», explique la directrice générale du RSEQ Mauricie Micheline Guillemette. «On a vu immédiatement que quelque chose clochait quand ils parlaient des plus jeunes de l'équipe. Oui, nous avons commis une erreur, mais une deuxième feuille a été envoyée par la suite et la réponse des Cactus a tardé.»

Celle-ci reconnaît la bourde, mais ajoute que d'autres documents, publiés dès le mois de juin, précisaient bel et bien que les J6 faisaient partie intégrante du football juvénile mauricien, que ce soit pour la division 2-b ou la nouvelle ligue à huit, qui regroupait jusqu'à vendredi dernier trois clubs (le SSM, Champagnat ainsi que Paul-Le Jeune-Du Rocher).

«En enlevant les J6, on désavantage La Tuque et Saint-Tite. Puisqu'ils ont suivi les règles, on ne peut pas les pénaliser. C'est très regrettable pour le Séminaire, surtout qu'ils avaient encore le nombre de joueurs nécessaires pour disputer des matchs, même sans les gars de3e secondaire. Mais après une pratique, ils se sont rendus à l'évidence que c'était impossible pour eux d'aligner une formation compétitive. Ça occasionnait trop de changements.»

Consternation

Au SSM, le responsable des sports, Éric Lamy, partage la déception des parents et des élèves. «On n'en veut pas aux gars de sixième année, ce n'est pas de leur faute. Mais pourquoi cela a pris trois semaines au RSEQ avant de réaliser que leur première feuille était erronée? Nous, on s'entraînait en impliquant les 3e secondaire. Vrai que j'aurais pu m'assurer que tout était légal, surtout avec les documents reçus pendant l'été, mais d'un autre côté, on se fiait à la feuille des catégories.»

Le coordonnateur rappelle qu'à peine 80 garçons d'âge juvénile sont inscrits au Séminaire. Difficile donc de changer les plans d'une équipe sportive dans des délais aussi courts. «C'était une belle fierté pour eux que de relancer le programme, surtout qu'il s'agissait d'un projet commun.»

Les parents étaient même prêts à signer une décharge garantissant à l'école et au RSEQ qu'ils n'intenteraient pas de poursuite en cas de blessure à leur enfant. Selon Micheline Guillemette, toutefois, ce recours n'a aucune valeur. «Aucun avocat ne prendrait cette cause et c'est Football Québec qui a le gros bout du bâton», explique-t-elle.

Pour Éric Lamy, on oublie l'essentiel. «L'objectif principal devrait être de faire bouger les jeunes. Nous étions bien partis avec notre relance. Les parents s'occupaient des fêtes d'avant-match, les jeunes arrivaient à l'école en pensant à leur pratique du soir. Il faudrait peut-être que dans les règlements votés, on s'adapte à la réalité du milieu. C'était d'ailleurs le but premier du football à huit au départ.»

Ceci dit, le responsable se montre confiant de bâtir une formation en vue de l'automne 2015. Au final, trois finissants de l'édition 2014 ne pourront toutefois jouer au football, la plupart se trouvant en 3e ou 4e secondaire. «On va aussi travailler pour consolider le cadet dans la ligue du printemps.»

D'ici là, joueurs et entraîneurs rongent leur frein. «C'est certain qu'en enlevant une équipe, l'intérêt des jeunes pour le football va augmenter» a écrit au Nouvelliste, avec une pointe d'ironie, le pilote Garceau. «Vont-ils suggérer une ligue à quatre l'an prochain? Les décideurs déconnectés de la réalité prennent de drôles de décisions. C'est pathétique que les jeunes en paient le prix.»

Quant aux formations deLa Tuque et Saint-Tite, elles auront l'opportunité de se mesurer à trois clubs du Saguenay-Lac-Saint-Jean durant la saison.

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