Délice historique et, surtout, magique

Parade des Cataractes champions de la Coupe Memorial... (Photo: Émilie O'Connor)

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Parade des Cataractes champions de la Coupe Memorial 2012.

Photo: Émilie O'Connor

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Steve Turcotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Magique. J'ai beau chercher un épithète plus retentissant, c'est le mot qui s'impose dans ma tête dès que je pense au 27 mai 2012. Une journée maintenant historique puisque les Cataractes de Shawinigan y ont exorcisé leurs derniers démons en s'appropriant la Coupe Memorial devant leurs fidèles partisans.

Il y avait dans la foule ce jour-là un paquet de gens qui avaient été témoins de quatre décennies de hockey junior marquées par de terrible déceptions. L'époque honteuse des Dynamos, les rendez-vous manqués malgré des équipes armées jusqu'aux dents, notamment en 1985, 2001, 2002, et 2009. À chaque fois, il y avait un ingrédient qui faisait en sorte que le gâteau ne levait pas.

L'édition 2011-12 s'enlignait d'ailleurs pour se mouler à la perfection au carcan d'éternels perdants qui collait à la peau de la plus vieille organisation de la LHJMQ. Même si Martin Mondou avait sacrifié l'avenir de l'équipe à moyen terme pour équiper le navire d'Éric Veilleux d'armes de destruction massive, celui-ci s'est échoué lamentablement en deuxième ronde des séries face aux Saguenéens, ce qui a entraîné une ambiance assez morose merci à Shawinigan. De fervents partisans de l'équipe offraient sur Internet leurs billets pour la Coupe Memorial à moitié prix tellement ils étaient découragés!

Ceux qui ont trouvé preneur l'ont sûrement regretté amèrement. Pendant que la tempête s'abattait sur lui, Veilleux a réussi à regrouper sa bande de rock stars durant le mois qui les séparait du grand bal de fin d'année de la Ligue canadienne et son plan d'entraînement concocté avec des spécialistes a visé dans le mille. Résultat, Ce sont des Cataractes enfin prêts à jouer à la hauteur de leur potentiel qui ont amorcé le tournoi. Non, les Cataractes n'ont pas survolé la compétition. Mais une fois débarrassés de la rouille, ils ont mis la foule de leur côté et, à partir du match de bris d'égalité, celle-ci a joué son rôle à la perfection. Les Cataractes ont éliminé les monarques de l'Ouest, puis leurs grands rivaux et champions en titre, les Sea Dogs de St.John, afin de se retrouver en finale face aux Knights de London.

J'aimerais vous dire que le match fut un grand classique. Ce serait vous mentir. Les Knights ont abusé de la trappe dès les premières secondes du duel et à partir du moment où ils ont pris l'avance 1-0 en première période, leur voeu le plus cher était de garder la rondelle loin de leur gardien Michael Houser, même si ça voulait dire camper en zone neutre. Mettons que ce n'est pas le genre de stratégie qui favorise le spectacle. Mais quand Anton Zlobin a fait dévier un tir de la pointe pour créer l'égalité 1-1 en deuxième, le momentum a basculé et le jeu a commencé à s'ouvrir. À partir de la troisième période, ce fut fabuleux, les deux clubs s'échangeant de bonnes chances de marquer devant des fans au bout de leur siège qui comprenaient que le prochain but allait être décisif. Il est finalement venu de la palette d'Anton Zlobin, qui a percé Houser d'un boulet de canon après une passe divine de son capitaine Michaël Bournival. Une scène qui n'aurait pas eu lieu si Veilleux n'avait pas forcé Zlobin à sauter sur la glace à la mise en jeu, alors que ce dernier préférait rester au banc!

En une fraction de seconde, le toit du Centre Bionest a levé. L'électrochoc a été ressenti jusque sur la galerie de la presse. Ne le racontez à personne, mais j'ai vu bien des collègues brandir le poing en l'air et sautiller, un comportement que l'on va attribuer au délire collectif qui venait de s'installer dans le building. Moi? Je suis resté accroché à mon portable, conscient que j'avais une dizaine de minutes tout au plus devant moi pour raconter ce que je venais de voir avant que les presses ne s'emparent de mon article. Mais j'avais certes le sourire d'un gars qui comprenait la dimension unique de la soirée qui se déroulait.

Ce sourire a duré jusqu'au déjeuner. J'ai assisté à la nuit folle qui s'est déroulée au Broadway, alors que quelques centaines de personnes dansaient et festoyaient à la même réussite. J'en ai vu des partys dans ma vie, de Cancun à Orlando en passant par Acapulco, mais aucun n'a été aussi grisant. Tu sais qu'il se passe quelque chose de spécial quand une ancienne vedette de l'équipe, qui a son numéro accroché dans les hauteurs du Centre Bionest, s'empare d'un des bars de la discothèque pour servir lui-même la clientèle... gratuitement. Ou encore quand tu vois un des actionnaires de l'équipe, homme d'affaires accompli, danser en bédaine sur la piste!!! Tout ce beau monde ne s'est quitté que plusieurs heures après le lever du soleil... avant de se réunir à nouveau en après-midi pour la parade des champions.

Il y a donc enfin une grosse bannière jaune qui flotte au domicile des Cataractes, une récompense qui a été à la hauteur des 43 ans d'attente. Vraiment, le seul mot qui convient à cette odyssée, c'est MAGIQUE...

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