Un beau cadeau... bien mal emballé

Le Trifluvien Marc-André Bergeron a mis sur pied... (Photo: Associated Press)

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Le Trifluvien Marc-André Bergeron a mis sur pied une très belle initiative pour la période des Fêtes. Le problème, ce sont les modalités qui entourent cette initiative devant permettre à de jeunes hockeyeurs de côtoyer un professionnel de la Ligue nationale.

Photo: Associated Press

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Louis Ménard
Louis Ménard
Le Nouvelliste

J'aime bien Marc-André Bergeron, le joueur de hockey. Sa détermination peut être citée en exemple, et pas seulement aux jeunes joueurs de hockey, pour illustrer l'importance de croire en ses rêves, d'aller au bout de ses possibilités afin d'atteindre ses objectifs, de ne pas abdiquer tant qu'on a l'impression qu'il y a encore une chance, aussi mince soit-elle, d'y arriver.

Après tout, ce ne sont pas tous les joueurs qui peuvent passer du midget BB à la Ligue nationale en se payant, au passage, le record de buts de la LHJMQ pour un défenseur! Pour son parcours, il mérite tout notre respect. J'aime beaucoup moins Marc-André Bergeron, l'entrepreneur, cependant.

J'ai failli avaler mon jus d'orange de travers hier matin en lisant le texte de mon collègue Steve Turcotte sur la dernière initiative du défenseur du Lightning de Tampa Bay. Pour ceux qui ne sont pas au courant, Bergeron offre à des jeunes de 9 ans et plus de passer une journée ou deux avec lui les 26 et 27 décembre pour leur permettre de partager son expérience de hockeyeur professionnel, autant sur la glace qu'à l'extérieur de celle-ci. C'est une façon pour lui, explique-t-il, de remettre ce qu'il a reçu étant plus jeune. Jusque-là, ça va.

Ça se gâte toutefois quand on constate qu'il en coûte au minimum 200 $ pour passer une journée en sa compagnie et que la dépense peut atteindre 350 $ si on opte pour une participation de deux jours. Ouch!

En cette année de lock-out de la Ligue nationale de hockey, ça donne l'impression d'un millionnaire à court de revenus qui cherche à renflouer ses coffres en profitant de sa popularité. Et comme tout, de nos jours, est une question de perception, l'image qui reste ne sied pas en cette saison de partage qu'est la période des Fêtes.

Bien sûr, l'idée de base est louable. Tous les ti-culs qui capotent sur le hockey rêvent de côtoyer des joueurs de la Ligue nationale. Là-dessus, tout le monde s'entend, c'est un beau geste d'offrir une telle opportunité. Le problème, c'est la manière.

Dans l'article de mon collègue, Marc-André Bergeron prend la peine de mentionner qu'il aurait aimé avoir la même chance, plus jeune, de profiter des conseils d'un hockeyeur professionnel. LA question qu'il aurait dû se poser avant de finaliser son projet est la suivante: «Est-ce que mes parents auraient eu les moyens de me payer une telle activité?»...

Engager une dépense imprévue de 200 $ ou 350 $ à quelques jours de Noël n'est pas donné à tous. Ça crée une pression additionnelle pour des parents qui ne veulent pas décevoir leur marmaille, mais qui n'ont pas non plus les ressources nécessaires. Ça ouvre la porte aux plus fortunés pour qui l'argent ne constitue pas un problème. Bref, cela discrimine. Venant d'un joueur de hockey issu d'une famille de la classe moyenne qui devrait comprendre mieux que quiconque la situation, c'est décevant...

Marc-André Bergeron aurait dû prendre le temps de peaufiner son projet avant de l'annoncer, Je ne peux croire, par exemple, qu'il lui aurait été impossible de dénicher un commanditaire qui aurait accepté de le rémunérer pour faire baisser les coûts de l'inscription, voire les éliminer en transformant plutôt l'expérience en concours lors duquel un certain nombre de gagnants auraient remporté le privilège de sauter sur la glace avec lui.

J'ose penser que Martin Mondou aurait été plus qu'heureux de l'accueillir avec ses invités sous la houlette des Cataractes. On aurait même pu demander à certains de ses anciens coéquipiers, comme Alexandre Burrows et Jason Pominville, de se joindre à la fête pour en faire une activité encore plus mémorable.

Les jeunes qui vont participer à son activité les 26 et 27 décembreà l'aréna Fernand-Asselin vont s'en souvenir toute leur vie. Ceux qui en rêvaient, mais dont les parents n'en avaient pas les moyens, vont rapidement oublier. Du moins, je l'espère...

C'est encore l'amateur qui va payer!

À qui le tour?

V

oilà ce que semblent se demander les propriétaires et les joueurs dans leur quête d'une nouvelle convention collective. Personne n'ose faire les premiers pas de peur d'affaiblir sa position.

Les joueurs, qui estiment qu'ils ont suffisamment donné, ne veulent pas en rajouter.

Les propriétaires, qui n'ont pratiquement rien concédé, refusent de s'avancer afin de ne pas entacher leur écrasante victoire par des concessions qu'ils jugent inutiles.

Pendant ce temps-là, les amateurs rongent leur frein.

Les maniaques n'en peuvent plus de voir les deux parties se bouder ainsi, les privant de leur passion.

Les mordus regrettent les soirées du samedi devant le petit écran pour bénir ou maudire Pacioretty, Price, Lucic ou Brian Burke!

Les occasionnels, ceux qui se laissent emporter par la fièvre quand elle prend de l'ampleur, sont déjà passés à autre chose. Sauf que ce n'est pas facile de migrer vers autre chose quand les réseaux de télévision spécialisés dans les sports n'ont que des championnats de dard ou de bras de fer à offrir aux heures de grande écoute en semaine!

Qu'on ne se trompe pas. Si le conflit se règle à temps pour permettre la présentation d'une saison de 48 matchs, tout le monde va se garrocher pour suivre la course effrenée qui va s'engager afin de déterminer l'identité de l'équipe qui va soulever la Coupe Stanley vers la fin du mois de juin... si ce n'est pas au début du mois de juillet!

C'est bien dommage, si vous voulez mon avis. Joueurs et propriétaires ne méritent pas un tel support parce que c'est la troisième fois depuis que Gary Bettman est commissaire de la LNH que les activités sont perturbées. Quand le rendement à l'extérieur de la patinoire devient plus important que celui sur la surface de jeu, ça démontre clairement que les priorités ont changé, que l'argent a pris l'ascendant sur le jeu.

La business a tué le plaisir et les amateurs sont ceux qui en souffrent le plus. Lorsqu'il y aura règlement, on pourrait penser qu'ils vont eux aussi profiter, d'une certaine façon, de la prochaine convention, mais bien naïfs sont ceux qui croient que les propriétaires vont leur refiler une partie des économies qu'ils sont sur le point de réaliser en abaissant le coût des billets et le prix des à-côtés (hot-dogs, bières, boissons gazeuses).

Ces gens-là ne sont pas devenus millionnaires en donnant leur argent...

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