«Il manque la Comète!», rigolait le nouveau pilote des Flames de Calgary, dont le destin a voulu qu'il quitte l'aréna au beau milieu de la finale face aux Knights de London afin d'aller attraper un vol qui le conduirait vers son nouveau port d'attache.
«J'aurais aimé rester jusqu'à la fin, mais j'ai quitté pour une bonne cause! En route, j'ai écouté la suite du match à la radio, mais j'ai perdu le signal à Joliette! J'ai donc arrêté en chemin à Rosemère chez M. Morrissette (n.d.l.r.: Jean-Claude, ancien propriétaire du Titan de Laval) afin de voir la fin à la télévision et je n'ai pas été déçu!»
Quand il a vu Anton Zlobin percer Michael Houser en prolongation pour transformer ce match en délire collectif, Hartley dit avoir ressenti beaucoup de bonheur.
«Quel but! Un lancer de la Ligue nationale! Tout le monde connaît les liens qui m'unissent à Éric Veilleux... J'étais tellement content pour lui. Pour lui, et pour Lenny (Patrick Léonard), qui a commencé comme préposé à l'équipement avec moi à Hawkesburry à 16 ans. Je connaissais aussi le jeune Grandmaison car il avait participé à mon école de hockey. C'est d'ailleurs grâce à moi s'il a hérité du surnom de Bighouse», livre Hartley.
Ce dernier est reconnu comme un collectionneur de championnats. Peu importe le niveau où il a dirigé, Hartley est toujours sorti avec au moins une nouvelle bague. Plusieurs pensent que sa présence à Shawinigan le printemps dernier a été déterminante dans l'un des plus beaux retours dans l'histoire de la Ligue canadienne de hockey. Or Hartley préfère laisser tout le crédit au personnel hockey et aux joueurs.
«Mon rôle n'était pas de faire des x et de o, c'était seulement d'épauler Éric. Les Cataractes avaient fait leurs devoirs en allant chercher des gros morceaux à la période des transactions, je savais que l'élimination en séries avait fait mal. Tout ce que j'ai essayé de faire, c'est de rendre confortable tout le monde à l'intérieur de l'équipe», confie-t-il.
«Bien sûr, le soir en revenant du Centre Bionest, j'allais dans la chambre d'hôtel d'Éric et on parlait hockey. Il me posait des questions, je lui en posais aussi et on décortiquait les choses ensemble. J'ai adoré faire ça avec lui. Mes discussions avec le reste du personnel d'entraîneurs étaient également très intéressantes.»
Un championnat national se veut habituellement une belle fenêtre pour les entraîneurs prometteurs afin qu'ils accèdent à l'échelon supérieur. Éric Veilleux a bien quitté Shawinigan après son triomphe, mais il a dû se contenter d'un déplacement latéral, s'installant à Baie-Comeau où il dirigera le Drakkar. Son nom avait pourtant circulé comme adjoint potentiel à son mentor à Calgary...
«J'avais parlé avec Éric de quelques scénarios et il connaissait ma philosophie pour chacun d'eux. Il n'y a jamais eu d'ambiguïté», se défend presque Hartley.
«Ceci étant dit, je suis convaincu qu'il est maintenant sur le radar de quelques équipes. Son nom a circulé... Personne ne pourra jamais lui enlever ce qu'il a accompli ici.»
Veilleux parti sur la Côte-Nord, Hartley a mis ses habits de vendeur pour inciter Mondou à offrir le job à Denis Chalifoux.
«C'est tout un monsieur, Denis Chalifoux. J'aime garder contact avec mes anciens joueurs, je retire une fierté du fait que certains d'entre eux bifurquent vers le coaching. C'est un beau défi pour lui, l'équipe est en reconstruction. L'équipe a fait ses devoirs l'an passé, elle n'est pas restée sur la clôture. Tu peux être passager ou conducteur, les Cataractes ont choisi d'être conducteur et je salue ça, je crois que tu dois foncer quand c'est ton année. Maintenant, il y a un prix à payer pour cette Coupe et c'est la reconstruction. Sauf que les jeunes sont entre bonnes mains avec Denis. Il va ouvrir la porte à d'autres jeunes... Parfois, dans le junior, les reconstructions, ça se passe plus rapidement que prévu!»