«Je suis vraiment surprise de cet accueil. Je pensais voir ma famille mais mes amies et mêmes des filles que j'ai coachées sont là. Ça fait chaud au coeur», souriait en essuyant quelques larmes celle qui a aidé la formation féminine de soccer du Canada à monter sur le podium. Considérant la façon dont les événement se sont déroulés, elle estimait avoir été au-delà de ses rêves. «Quand j'étais petite, je regardais les Jeux à la télévision avec mes parents et je rêvais de me rendre jusque-là. De revenir avec une médaille, c'est un gros boni. Ça vaut de l'or pour moi! Je pense bien coucher avec ma médaille durant la prochaine semaine!»
Nault disait également avoir vraiment hâte de partager son expérience avec sa famille. «Ce fut un petit peu difficile de vivre tout ça sans mes parents. Les parents des autres filles étaient là, ils passaient du temps ensemble. Mais bon, ils m'ont toujours supporté et je sais qu'ils poussaient aussi fort que les autres pendant les matchs! Je suis contente de les retrouver.»
La retraite? Pas sûr!
Les choses changent parfois rapidement dans le sport. En étant retenue comme réserviste, Nault avait l'impression que son passage sur l'équipe nationale tirait à sa fin. Quelques semaines plus tard, alors que des blessures l'ont propulsé sur le terrain où elle a prouvé qu'elle pouvait toujours tenir son bout face aux meilleures filles sur la planète, la jeune femme de 30 ans dit qu'elle va devoir songer à son avenir au cours des prochaines semaines. «On va commencer par des vacances! Mais c'est sûr que ce qui s'est passé à Londres sème un doute dans mon esprit. On verra bien.»
Qu'elle accroche ou non ses crampons, Nault sait qu'elle est devenue une source d'inspiration pour des centaines de jeunes mordus de son sport et c'est un statut qu'elle est prête à assumer avec plaisir. «Tant mieux si je peux inspirer des jeunes! Car ça peut peut-être permettre à 1-2-3 jeunes de vivre ce que je viens de vivre. Et laissez-moi vous dire que c'était incroyable, c'était magique!»
Ça change une vie
Autant Marie-Ève a vécu des émotions inoubliable en Angleterre, autant ses parents ont été emportés par le tourbillon olympique. «Une médaille olympique, ça change une vie! Et pas juste pour Marie-Ève, pour nous aussi», soulignait Bernard Nault, qui s'est payé une autre tournée médiatique avant de prendre sa fille dans ses bras hier. «Le téléphone n'a pas dérougi à la maison depuis quelques jours. Et il faut se trouver des talents d'orateur pour les médias. Mais bon, c'est pour une bonne cause!»
Un peu plus loin, le grand-papa de Marie-Ève n'aurait manqué pour rien au monde le retour de sa petite fille. «Je suis tellement fier d'elle! Nous étions une bonne vingtaine à bord de l'autobus et personne ne s'est fait tirer l'oreille pour être là! J'ai hâte de la serrer dans mes bras!», racontait Josaphat Nault.
Son autre grand-papa, Paul Grenier, se rappelait de bons souvenirs. «Elle venait se baigner chez moi à 4-5 ans et déjà, elle était attirée par le ballon qui traînait dans la cour. Elle voulait toujours jouer avec le ballon! Évidemment qu'à l'époque, je ne me doutais pas de la voir un jour aller aux Olympiques. Sauf que rapidement, on a vu qu'elle avait du talent et surtout qu'elle était vraiment passionnée. Tout ce qu'elle vit, elle le mérite», concluait-il.
Honorée par la Ville de Trois-Rivières
La Ville de Trois-Rivières va honorer Marie-Ève Nault, vendredi, à l'hôtel de ville. Membre de l'équipe canadienne de soccer qui a remporté la médaille de bronze à Londres, elle est devenue la première Trifluvienne à obtenir une médaille à des Jeux olympiques.
Marie-Ève Nault sera reçue par le maire Yves Lévesque pour signer le livre d'or de la Ville.