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Classique de canots: «ils auraient pu consulter les canotiers»

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La Classique internationale de canots de la Mauricie aurait intérêt... (PHOTO: OLIVIER CROTEAU)

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La Classique internationale de canots de la Mauricie aurait intérêt à consulter davantage les canotiers, estime Serge Corbin, parce que ce sont eux qui représentent le présent et l'avenir de l'événement.

PHOTO: OLIVIER CROTEAU

Louis-Simon Gauthier

Louis-Simon Gauthier
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Serge Corbin comprend mal pourquoi les organisateurs de la Classique internationale de canots de la Mauricie s'entêtent à ne pas consulter les participants lorsque vient le temps de prendre des décisions importantes, comme celle de déplacer l'arrivée de la course au sanctuaire Notre-Dame-du-Cap. Bien qu'il ratera l'événement pour une deuxième année d'affilée en raison d'une blessure au nerf sciatique qui tarde à guérir, le Roi de la rivière Saint-Maurice demeure très concerné par ce qui se passe dans le petit monde du canot au Québec. S'il partage l'avis des dirigeants par rapport au nouveau tracé, il n'hésite pas à critiquer le dialogue de sourds qui semble prévaloir dans l'organisation quand vient le moment d'écouter les recommandations de certains membres de l'Association des coureurs en canot du Québec. «C'est plate parce qu'ils sont complètement à part des canotiers, estime Corbin. Normalement, ils auraient dû contacter l'ACCQ dès le départ, mais au lieu de cela, ils ont imposé une façon de penser et de faire et c'est ça qui dérange le plus les gens à qui j'ai parlé. Personnellement, je me suis déjà buté à cela. On se plaignait à propos de certains détails, mais dans la plupart des cas, ça n'aboutissait à rien. C'était assez décourageant, surtout qu'on souhaitait seulement améliorer les choses et attirer encore plus de monde.»

Serge Corbin... (PHOTO: STÉPHANE LESSARD) - image 1.0

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Serge Corbin

PHOTO: STÉPHANE LESSARD

Celui qui compte 26 victoires à la Classique - l'événement en sera à une 79e édition en 2012 - connaît aussi bien la portion du fleuve Saint-Laurent qu'emprunteront désormais les participants que la rivière Saint-Maurice entre La Tuque et Trois-Rivières. Jeune adolescent, il ramait déjà sur le fleuve près du sanctuaire et assure ne jamais avoir été incommodé par les vagues. «J'ai été élevé là et je peux vous dire qu'il n'y a pas de danger. Je dois avoir fait le trajet 20 000 fois, si ce n'est pas plus! S'ils se tiennent sur le bord, autant les vétérans que les moins expérimentés ne devraient pas avoir de problèmes. Le seul obstacle serait de contourner le quai, ce qui créerait beaucoup de courant, mais je ne pense pas que ce soit leur intention.»

Et les spectateurs en sortiront aussi grands gagnants. «Soyons honnêtes, l'île St-Quentin n'était pas le meilleur endroit pour voir l'arrivée des canotiers. Les gens devaient s'avancer dans l'eau pour nous voir alors qu'au sanctuaire, ils auront un panorama assez intéressant.»

À l'instar du directeur général de la Classique Jacques Bellemare, Corbin n'a pas eu vent d'un boycott de la part des athlètes américains. «Mais je comprendrais leurs craintes. Aux États-Unis, ils ne sont pas habitués de ramer avec les vagues parce que leurs cours d'eau sont assez tranquilles. Ce n'est pas pour rien qu'ils cherchent toujours des canotiers québécois d'expérience quand ils se préparent pour le défi de la Classique.»

N'empêche, les dirigeants de la plus vieille compétition sportive de la Mauricie gagneraient à prendre exemple sur des épreuves présentées au sud de la frontière, affirme Corbin. «Au Michigan, je me souviens d'avoir vu une centaine d'équipes sur une rivière plus petite que le Saint-Maurice! Ils réussissent à attirer du nouveau monde à chaque année et ce serait incroyable que la Classique parvienne à accomplir la même chose, car le potentiel au Québec, il est là. Plusieurs centaines de personnes font du canot.»

D'ailleurs, l'emplacement du futur amphithéâtre de Trois-Rivières représenterait une place de choix pour l'arrivée des dizaines de canotiers, croit-il.

«Je pense qu'il s'agirait du meilleur spot. Ils ont une entente de cinq ans avec le sanctuaire, mais quand le projet de Trois-Rivières sur Saint-Laurent sera complété, ça pourrait devenir une belle alternative. L'important, et les gens de la Classique doivent le comprendre, c'est d'avoir les canotiers de leur bord. Il y a une relève qui se pointe avec les Samuel Frigon et d'autres jeunes canotiers d'ici et d'ailleurs, mais si on veut qu'ils poursuivent la tradition, il faut être à l'écoute de tout le monde.»

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