Le dernier droit avant Londres

Alex Genest n'est plus qu'à trois semaines de son rêve...

Agrandir

Alex Genest n'est plus qu'à trois semaines de son rêve olympique. Le 3 août, il foulera la piste du stade olympique de Londres pour les qualifications du 3000 m steeple-chase. Si ça se passe comme il le souhaite, il sera de retour sur la même piste le 5 août pour la grande finale.

Louis Ménard

Louis Ménard
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La voix à l'autre bout du fil est beaucoup plus préoccupée par la soudaine crisette d'Arno que par les Jeux olympiques de Londres. Rien de mieux pour ramener Alex Genest à la réalité du quotidien et à son rôle de père.

Demain, cependant, le coureur de Lac-aux-Sables va changer de routine. Fini les repas en famille, les histoires avant le dodo et... les changements de couches! Pour les trois prochaines semaines, il ne vivra qu'en fonction des Jeux de Londres pour lesquels il s'est qualifié il y a à peine deux semaines.

Demain, donc, il prend l'avion pour l'Europe afin de se préparer pour le plus important rendez-vous sportif de sa carrière: le 3000 m steeple-chase olympique le 3 août.

Entre ces deux moments, il s'arrêtera à Lucerne, en Suisse, mardi prochain afin de participer à une course préolympique du circuit européen. Son inscription a déjà été acceptée.

C'est toutefois la course du20 juillet à Monaco qui le titille le plus, sauf qu'il n'a pas encore reçu confirmation de sa participation. «C'est une épreuve de la Ligue de diamant (Diamond League) qui regroupe les meilleurs. Pour l'instant, je ne sais pas si je vais pouvoir prendre le départ. Je suis sur la liste d'attente. J'espère que quelqu'un va se désister pour me permettre d'être de la course, mais je vais probablement le savoir juste la veille au soir.»

Évidemment, une participation à l'épreuve de Monaco lui permettrait de mesurer où il se situe par rapport à ses adversaires et quelles sont ses chances d'atteindre son objectif de se qualifier pour la finale du 5 août.

Après Monaco, Alex Genest se rendra en Allemagne, à Kamen (près de Dusseldorf), du 21 au 31 juillet avec les autres membres de l'équipe canadienne d'athlétisme pour mettre un point final à sa préparation. Ce n'est donc que trois ou quatre jours avant son entrée officielle dans la grande famille olympique qu'il mettra les pieds à Londres.

Support moral

À son arrivée dans la capitale britannique, il retrouvera sa petite famille et, à son grand bonheur, ses parents. «Ils ne voyageront pas tous ensemble, mais ils vont arriver à Londres à peu près tous en même temps. Je suis surtout content pour mes parents qui en seront à un premier voyage en Europe. Ça n'a pas été facile à organiser, surtout pour les billets donnant accès au stade les jours de compétition. Tout était vendu. En passant par une amie de ma blonde, on a toutefois réussi à trouver des billets. J'aurais trouvé ça plate qu'ils viennent en Europe et qu'ils doivent se contenter de me regarder courir sur un écran géant à l'extérieur du stade. Tout s'est réglé pour le mieux et je suis vraiment content qu'ils aient décidé de faire le voyage. J'ai aussi un oncle et une tante qui vont être avec nous pour cet important rendez-vous.»

Sur place, le clan Genest pourra se côtoyer quelques heures par jour, notamment lors des heures de repas. «Je vais pouvoir les inviter à la Maison du Canada sur le site des Jeux. J'ai bien hâte de vivre ça.»

Son moral, on s'en doute bien, ne s'en portera que mieux!

Des phénomènes

Si la famille Genest se déplace à Londres avant tout pour voir à l'oeuvre Alex, elle aura aussi l'occasion de s'extasier devant les prouesses d'autres athlètes qui ne manqueront pas de marquer ces Jeux olympiques 2012. On pense, notamment, au Sud-Africain Oscar Pistorius, cet athlète handicapé qui a été sélectionné par son pays pour participer au 400 m et au relais 4x400 m. Amputé des deux jambes alors qu'il n'avait pas encore un an, Pistorius, surnommé Blade runner en raison des lames en carbone qui font office de jambes, sera assurément une des principales attractions à Londres.

«J'ai eu l'occasion de le voir à l'oeuvre l'an dernier au Championnat du monde d'athlétisme à Daegu, en Corée du Sud. C'est vraiment spécial. Ça lui prend du temps à atteindre sa vitesse de croisière. Dans son cas, ça se passe vraiment dans les 100 derniers mètres. Il a vraiment trouvé la distance qui l'avantage le plus avec ses prothèses. Chose certaine, c'est impressionnant!»

Il faudra aussi voir comment Usain Bolt réagira après avoir été battu autant au 100 m qu'au 200 m lors des sélections nationales de la Jamaïque. «Oui, Bolt et celui qui l'a battu (Yohan Blake) vont sûrement retenir l'attention.»

Et du côté canadien? «Je pense à Jessica Zelinka, répond Alex Genest. Elle est inscrite à l'heptathlon et au 100 m haies où elle a eu le meilleur sur Priscilla Lopes-Schliep et Perdita Felicien. Je pense d'ailleurs que le 100 m haies féminin est la discipline la plus forte au Canada présentement. Zelinka a terminé cinquième à l'heptathlon à Pékin et, après les Jeux, elle a eu une petite fille. Elle a mis deux ans à retrouver son niveau de forme de Pékin, mais elle a surpassé ses résultats de 2008 lors des derniers Championnats canadiens. Si elle peut répéter les mêmes performances à Londres, elle pourrait surprendre.»

Alex Genest, lui, passera probablement sous le radar de la faune médiatique à Londres. Qu'à cela ne tienne, toutes les personnes qui comptent pour lui seront à ses côtés. Sa médaille, il la tiendra dans ses bras après avoir fourni le meilleur de lui-même sur la piste. Le sourire que son petit Arno lui rendra vaudra, à n'en pas douter, son pesant d'or...

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer