Située tout près de la frontière française, la petite localité carbure au rythme du hockey en patin à roulettes. L'équipe du coin avait toutefois besoin de joueurs et s'est donc tournée vers les hockeyeurs internationaux afin de regarnir sa banque. Là-bas, les deux Québécois participent aux parties des Gravalons, mais préparent aussi les entraînements les soirs de semaine et aident au développement des plus jeunes. Le roller hockey, c'est du sérieux!
«C'est certain que nous avons accepté l'offre d'abord pour le trip de visiter l'Europe, mais on a aussi des comptes à rendre, explique Tremblay, qui a rejoint son coéquipier au mois de mai. Ce sport est très populaire dans la région, il y a environ 150 personnes qui assistent à nos matchs et on parle d'une petite ville où tout le monde se connaît. Pour un gars du Québec qui arrive dans le canton, c'est surprenant. On joue habituellement au roller pour s'amuser, mais ici, nous sommes payés et si l'équipe ne gagne pas, on se le fait rappeler!»
Les deux comparses ont eu peu de temps pour faire les touristes puisque l'horaire lié à la saison de roller hockey demeure exigeant. Les joueurs s'entraînent du lundi au vendredi et les rencontres ont lieu le week-end. Souvent, ils passent une journée complète autour du terrain puisque chaque club compte plusieurs équipes réparties en diverses catégories, des novices à la Ligue nationale B. Toutes les formations jouent les unes après les autres.
«Le dernier match se termine vers 22 h, mais les gens peuvent rester jusqu'à 3 h parfois... «, sourit Tremblay.
Le Latuquois est d'ailleurs impressionné par le calibre de jeu: quelques athlètes ont même toujours évolué dans une structure de roller hockey depuis leur enfance. Et comme au Québec, certaines parties sont plus intenses que d'autres.
«Quand on affronte des équipes suisses composées d'Italiens et, surtout, d'Allemands, ça brasse pas mal. C'est comparable à l'animosité qui règne entre Français et Anglais par chez nous. Il faut dire que la situation géographique du canton de Jura, qui se trouve dans la partie française de la Suisse, aide à créer des tensions entre ces groupes.»
Ambiance bonasse
Mais l'ambiance reste tout de même bonasse la plupart du temps, heureusement!
«À Buix, les gens nous apprécient énormément Alex et moi, mentionne le numéro 11 des Patriotes. Ils comprennent qu'on veut les aider, notre bagage hockey est plus grand que le leur et c'est motivant de partager nos connaissances, surtout avec les plus jeunes.»
Évidemment, qui dit Europe dit soccer... et Euro. Sans surprise, c'était la folie furieuse sur le Vieux continent et la Suisse, bien qu'écartée de l'édition 2012, ne faisait pas exception à la règle.
«Tout le monde a son opinion sur le match de la veille et ils connaissent tous les joueurs, rigole Tremblay. C'est encore plus gros que le Canadien car c'est répandu sur tout le continent! Je ne peux pas vraiment comparer ce genre d'événement, ce qui s'y rapproche le plus, chez nous, ce sont les Jeux olympiques.»
Bien que leur horaire du temps soit très chargé, les deux hockeyeurs comptent prendre des vacances prochainement. Tommy Tremblay en profitera pour faire un tour de l'Europe tandis qu'Alexandre Demers, qui a disputé sa dernière saison universitaire l'an dernier, viendra voir ses proches au Québec avant de retourner à Nantes, en France, où il poursuivra sa carrière l'an prochain.