Sévère mais juste, selon Brunelle

Louis-Simon Gauthier

Louis-Simon Gauthier
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Michel Therrien et Jean-François Brunelle ont effectué le même parcours au hockey junior dans les années 90. Le nouvel entraîneur-chef du Canadien était derrière le banc du Titan de Laval entre 1993 et 1995 et il pilotait les Prédateurs de Granby entre 1995 et 1997, notamment lors de leur conquête de la Coupe Memorial en 1996. À chaque fois, Brunelle se retrouvait dans le vestiaire. «Il était très sévère, mais juste», se souvient celui qui dirige désormais le programme de hockey au Séminaire Saint-Joseph en plus d'occuper les fonctions d'adjoint chez les Patriotes de l'UQTR. «La seule chose qui l'animait, c'était de gagner. Il a laissé beaucoup plus de traces positives que négatives. Je vais toujours me rappeler de ses discours de motivation, il se renouvelait sans arrêt et nous surprenait toujours! Il passait aussi beaucoup de temps à préparer ses entraînements, il démontrait beaucoup de rigueur.»

«Personnellement, je l'ai apprécié, on a appris à se connaître pendant ces quatre saisons et à chaque fois qu'on renoue lors des retrouvailles pour le championnat de 96, les échanges sont toujours très cordiaux.»

Mais Therrien avait ses défauts. Et qui de mieux placé que le joueur qui l'a suivi pendant tout son stage junior pour nous les rappeler!

«Ses façons de réagir par rapport à ceux qui n'en donnaient pas assez posaient problème et ne seraient plus tolérées aujourd'hui. Des fois, il a dépassé les bornes, mais il ne s'agissait pas d'un cas isolé à l'époque, plusieurs entraîneurs réagissaient ainsi. Les moeurs ont changé.»

Brunelle estime tout de même que son premier séjour à Montréal entre 2000 et 2003 l'a assagi.

«J'ai reconnu sa fougue, mais il s'était calmé! Je crois également qu'il a compris qu'un entraîneur, ça évolue. J'ai hâte de le voir réagir avec les têtes fortes dans le vestiaire du Canadien, quelle empreinte il va laisser. Je ne connais pas la culture du CH, mais c'est certain qu'il sera très exigeant avec tous les gars. Il n'a pas accepté le job pour gagner un concours de popularité ou pour se promener en avion et les joueurs vont le comprendre très rapidement.»

Brunelle retient une phrase célèbre prononcée par son ancien entraîneur lorsqu'il a été remercié par les Penguins de Pittsburgh en février 2009.

«Il a dit: Ma plus grande fierté a été de constater le changement de culture dans l'équipe. Nous sommes passés d'un country club à une formation compétitive'.»

Le temps allait lui donner raison. Quelques mois plus tard, les Penguins soulevaient la Coupe Stanley en remportant la série finale en sept matchs face aux Red Wings de Detroit... mais c'était Dan Bylsma qui dirigeait l'équipe.

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