Le couronnement de l'Équatorien Ytalo Antonio Perea Castillo, qui avait battu Kean vendredi en demi-finale, lui a permis de monter sur la troisième marche du podium. Défait 16-10 en finale, l'Américain Dominic Angelo Breazeale a quant à lui mérité la médaille d'argent. Seuls les trois meilleurs boxeurs de la catégorie obtenaient leur laissez-passer olympique.
Simon Kean, 23 ans, participera donc à ses premiers Jeux olympiques, cet été, à Londres. «Je suis vraiment content! Ça fait quatre ans que j'attends ce moment», a lancé Kean.
«C'est aussi un gros soulagement», ne pouvait s'empêcher de lancer le boxeur trifluvien.
«On passe un peu du cauchemar au rêve», a ajouté l'entraîneur Daniel Trépanier, qui accompagne les boxeurs canadiens au Brésil. «Simon était l'homme à battre dans sa catégorie. Le combat allait tellement bien hier (vendredi) contre l'Équatorien. Avec le K.-O. en fin de combat, le rêve tournait au cauchemar. Aujourd'hui (samedi) par contre, justice a été rendue. Ça aurait été trop dommage que Simon ne puisse pas se qualifier pour les Jeux. C'était vraiment lui le meilleur boxeur de la compétition.»
Son ancien entraîneur, Jimmy Boisvert, était aussi de cet avis. «Les gens étaient vraiment impressionnés par Simon. C'est sûr qu'un bonhomme de 250 livres aussi agile et technique, on ne voit pas ça souvent. En plus, il menait le combat contre l'Équatorien, le futur champion, quand il s'est fait arrêter au troisième round. Il n'a pas gagné la médaille d'or, mais on s'en fout de la médaille. On était venu ici pour la qualification et l'objectif a été atteint. Disons que la défaite en demi-finale va servir d'avertissement...»
Simon Kean prendra une semaine de repos à son retour au Québec avant d'entreprendre le dernier segment de son entraînement en vue des Olympiques.
«Au début, les entraînements vont être plus longs et plus techniques. Plus le moment du départ va approcher, plus les entraînements vont être courts et intenses.»
Il y aura aussi des séances de vidéo pour épier les autres boxeurs qui seront à Londres. «Pour l'instant, je connais environ 70 % des gars qui seront là. J'ai boxé six fois sur la scène internationale, donc ça ne m'intimide plus. Mais on va quand même étudier le style européen parce que c'est celui qui va être le plus difficile à contrer. Le niveau de la boxe est assez élevé en Europe.»
D'ailleurs, la délégation canadienne va quitter le pays trois semaines avant les Jeux de Londres pour un camp d'entraînement en Irlande. «Ça va nous permettre de nous familiariser encore un peu plus avec le style européen et de nous acclimater au décalage horaire.»
«Pour les Jeux? Je vise la médaille d'or!», a dit Kean qui rêve aussi d'un combat revanche contre Castillo. «Je voudrais le rencontrer en partant. Je crois que je suis un meilleur boxeur que lui. C'est une histoire à régler!»