Profitant de l'avantage de la patinoire ce week-end, les protégés de Jacques Laporte ont d'abord évité l'affront d'une élimination, samedi, en remportant une bataille offensive par la marque de 7 à 5. Le match d'hier ressemblait d'ailleurs beaucoup au duel de la veille.
À chaque fois les Trifluviens ont ouvert la marque dès les premières minutes de jeu, mais les visiteurs, pas du tout complexés, revenaient de l'arrière pour s'inscrire au tableau d'affichage à leur tour.
Le jeu du chat et de la souris s'est poursuivi pendant plusieurs minutes jusqu'à ce que l'une des deux équipes parvienne à distancer suffisamment ses adversaires pour se forger un petit coussin. Au bout du compte, le talent brut des Patriotes aura fait la différence.
«On doit leur donner le crédit, jamais nous nous attendions à recevoir pareille opposition», admettait Jeff Desjardins, auteur de deux buts hier soir, dont celui d'assurance qui a brisé les reins des Rams en début de troisième période. «Ils ont eu beaucoup de succès autour de notre filet et nous avons peut-être perdu un peu trop de batailles. L'important, c'est qu'on soit revenu plus fort en troisième, je crois que ç'a été notre meilleure période dans cette série.»
Outre Desjardins, Tommy Tremblay, Félix Lefrançois et Billy Lacasse (en désavantage numérique) ont fait scintiller la lumière rouge derrière Troy Passingham, qui a fait face à 29 lancers. À l'autre bout, le gardien Guillaume Nadeau, confronté à 26 tirs, faisait le nécessaire pour mériter la victoire.
«Je viens de vivre une des séries les plus stressantes de ma carrière, souriait le jeune cerbère de 20 ans. Mais je lève mon chapeau à mes coéquipiers. Ils ont fait toutes les choses déplaisantes qu'on doit effectuer au cours d'une rencontre pour protéger une avance. J'ai vu plusieurs joueurs se sacrifier devant moi, ça facilitait ma tâche.»
Un aspect qu'a apprécié l'entraîneur-chef des vainqueurs, Jacques Laporte, visiblement soulagé de voir ses protégés passer leur premier test des éliminatoires.
«Les gars ont donné confiance à Nadeau. Un joueur comme Jeff Desjardins, qui a attendu son tour toute l'année, mérite pleinement ce qui lui arrive ce soir (hier). Nous n'avions plus de marge de manoeuvre après la défaite de 9-2 à Toronto, mais nous avons trouvé la plus belle façon de répliquer.»
Des fleurs à Ryerson
Laporte tenait d'ailleurs à rendre hommage aux Rams de Ryerson, une équipe classée septième de la division et de qui on n'attendait rien... ou si peu! «C'est une formation à l'image de leurs entraîneurs: émotive et intense! Leur premier trio peut se comparer à n'importe quel des équipes de tête du circuit ontarien. Chose certaine, ce ne sont plus les Rams de Ryerson d'il y a quelques années. Avec un peu de chance, ils auraient pu terminer parmi les quatre premiers.»
Dans l'autre vestiaire, le pilote des Rams Graham Wise accueillait ce revers avec philosophie. «Je suis fier, nous avons livré toute une bataille à un excellent programme de hockey. Notre plan de match était de gagner à Toronto, on savait que ce serait difficile à Trois-Rivières, mais on espérait.» Seul un joueur termine son stage universitaire cette sison, ce qui laisse présager de belles années à Ryerson. «Nous sommes sur le bon chemin, ça il n'y a aucun doute.»
Contre Carleton mercredi
Tard hier soir, les Ravens de Carleton ont éliminé les Varsity Blues de Toronto, méritant du coup leur billet pour affronter les Patriotes en deuxième ronde.
Le premier match de cette série sera présenté mercredi soir au Colisée de Trois-Rivières.