L'étape du développement de l'athlète

Gabriela Desbiens-Richard à l'entraînement.... (PHOTO: FRANÇOIS GERVAIS)

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Gabriela Desbiens-Richard à l'entraînement.

PHOTO: FRANÇOIS GERVAIS

Robert Martin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) D'entrée de jeu, il faut en convenir, il faut comprendre que n'entre pas qui veut dans le programme athlétisme-études de l'Académie les Estacades. Il faut d'abord être membre du club d'athlétisme Zénith.

La mise en place d'une discipline sportive dans le cadre du programme Sport-études, quelque soit l'institution et la commission scolaire, implique la fédération sportive québécoise concernée, un club membre de ladite fédération, et, bien sûr, une commission scolaire et une école.

Dans ce cas-ci: la Fédération d'athlétisme du Québec, le club Zénith, l'Académie les Estacades et la Commission scolaire Chemin-du-Roy.

«Ça serait problématique de regrouper des athlètes de clubs différents compte tenu que les entraîneurs ont des méthodes d'entraînement différentes et qu'il serait difficile de collaborer entre entraîneurs pour voir au bon développement des athlètes. La planification des entraînements varie passablement d'un club à l'autre, d'un entraîneur à un autre. En étant déjà regroupés dans un même club, les athlètes bénéficient d'une supervision unique et en fonction de leur développement personnel», souligne Éric Chamberland, entraîneur du club Zénith et entraîneur-responsable du programme athlétisme-études.

Les 17 élèves-athlètes de ce programme sont donc tous membres du club Zénith. Tous sont en plein développement. Ils sont jeunes et, compte tenu de leur âge, ne sont pas encore entraînés qu'en fonction d'une seule discipline.

«Les athlètes connaissent leur peak à 24 ou 25 ans pour les femmes, et entre 27 et 30 ans pour les hommes. Nos jeunes sont âgés entre 13 et 17 ans. Ils ont donc amplement le temps de développer une discipline en spécialité», explique Chamberland.

«Nous visons le développement à long terme de ces jeunes athlètes», ajoute-t-il.

Outre l'entraînement en salle ou à l'extérieur, trois fois par semaine, ces jeunes fréquentent aussi la salle de musculation deux fois par semaine. «Ils doivent travailler en flexibilité, en motricité et en équilibre. En musculation, ils doivent travailler sur des muscles spécifiques. Et pour le moment, ils ne touchent pas aux appareils, comme au niveau des lancers», note Chamberland.

Ce dernier bénéficie de l'appui d'un vétéran - le vétéran des vétérans - pour la partie des sauts. Jacques Bellot, ex-entraîneur d'athlétisme et ex-enseignant en éducation physique au Cégep de Trois-Rivières, s'occupe de superviser les sauteurs.

Bien que le CSAD fasse bénéficier les jeunes athlètes d'infrastructures adéquates, ce n'est pas encore l'idéal. «Je dois me placer dans un coin de la piste pour superviser l'entraînement de mes athlètes en virage et en ligne droite. Les immenses rideaux dressés au centre de la piste m'empêchent d'avoir un oeil sur toute la piste. Heureusement, une fois par semaine ces rideaux sont levés et je peux exercer un meilleur regard sur la course de mes athlètes», souligne Chamberland.

Police scientifique

Gabriela Desbiens-Richard fait de l'athlétisme que depuis quatre mois. Elle court sur des distances variant de 200 à 800 mètres, mais aussi sur un kilomètre. Ce kilomètre, elle le franchissait en cinq minutes à ses premiers essais. Elle le court maintenant en 4:13.

«Le fait d'être inscrite à ce programme d'athlétisme-études m'a permis de m'améliorer grandement et en peu de temps», raconte l'adolescente de 13 ans.

Initiée par un papa marathonien, Gabriela ne tient pas à faire des épreuves de fond, ni même de demi-fond. «J'aime mieux travailler en intensité qu'en endurance. Même courir un kilomètre, je trouve ça un peu long. Je fais bien un peu de cross-country, mais c'est pour maintenir la forme et varier l'entraînement», souligne la jeune fille.

Au niveau des entraînements, la petite Desbiens-Richard estime qu'elle peut en prendre davantage qu'à ses débuts. «Je n'étais pas vraiment tough. Les entraînements m'ont donné plus d'endurance. Et puis, ça m'aide à mieux me concentrer lorsque je suis en classe», dit-elle.

Il y a de ces jeunes athlètes qui rêvent de Jeux olympiques, de compétitions d'envergure sur les plans national ou international.

Gabriela Desbiens-Richard n'en est pas là. Pas encore, à tout le moins. Même que les études lui sont bien davantage prioritaires que sa discipline sportive.

À 13 ans, elle sait déjà comment elle aimerait gagner sa vie. En faisant partie de la police scientifique. «J'ai toujours aimé défaire les choses pour mieux comprendre comment elles sont faites. J'aime les sciences», affirme-t-elle.

«J'aime bien le personnage de Lyndsay Monroe (Anna Belknap) dans la série CSI New York. J'aimerais bien faire comme elle plus tard. Je trouve ça passionnant», reprend-t-elle.

Pour les non-initiés - comme l'auteur de ces lignes - le personnage campé par Anna Becknap est détective investigatrice dans l'équipe de la police scientifique de New York.

«Si je peux faire mes mathématiques avancées et ma chimie sans pour autant devoir délaisser l'athlétisme, je vais encore faire les deux. Mais si je dois choisir, je vais me tourner uniquement vers les études», affirme Gabriela Desbiens-Richard.

C'est savoir, malgré toute sa jeunesse, mettre les priorités aux bonnes places.

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