Ils sont les premiers intervenants pendant ce boum des inscriptions.
Tout de suite après une première analyse de Josée Rainville, responsable des inscriptions et de l'encadrement à distance des joueurs de la LHJMQ inscrits au programme Sport-études de l'Académie les Estacades, les entraîneurs des différentes disciplines sportives sont mis au courant des inscriptions reçues pour chacun des sports.
Selon les critères, les entraîneurs soulignent au duo d'adjoints au directeur si ces futurs élèves-athlètes sont admissibles dans leur programme sportif. «Au hockey, par exemple, on accepte que les élèves qui évoluent dans un niveau double lettre», explique Luc Francoeur.
Autres voies
Si un jeune n'est pas accepté dans une discipline en particulier, cela ne veut pas dire qu'il est automatiquement refusé au niveau du programme Sport-études. «On peut orienter un élève-athlète vers un autre sport ou encore lui permettre de s'inscrire au programme multivoies pour les deux premières années de son secondaire. L'élève-athlète peut se donner un temps de réflexion avant de choisir, pour son arrivée aux études de second cycle, une discipline parmi les 12 auxquelles il aura été initié», souligne Luc Francoeur.
«Pendant que les entraîneurs évaluent les inscriptions, Madame Rainville étudie les dossiers académiques pour nous les soumettre par la suite. Certains méritent qu'on les analyse. Pour d'autres, on peut dire: wow, c'est magnifique... On peut alors admettre tout de suite un candidat ou une candidate», souligne Rosemarie Boucher.
Critères d'admissibilité
Il y a, bien sûr, des critères d'admissibilité pour entrer au programme Sport-études. Au plan académique d'abord. «Ça prend une note minimale de 75 % dans les matières de base (français, mathématiques et anglais) et aucun échec dans les autres matières», dit Rosemarie Boucher.
«Il peut arriver que le dossier d'un élève-athlète fasse le cas d'une évaluation s'il ne rencontre pas ce premier critère. Il peut y avoir des circonstances atténuantes qui peuvent expliquer cela. Si nous avons des raisons de croire qu'un élève-athlète mérite d'être admis et qu'il a des chances d'améliorer ses performances académiques, il peut être accepté», ajoute Luc Francoeur.
Au plan sportif, il peut aussi y avoir des critères spécifiques. Exemples: au hockey un jeune doit évoluer au niveau double lettre alors qu'en gymnastique l'élève-gymnaste doit déjà être de niveau provincial.
Cette moyenne académique et les critères de réussite doivent, à plus forte raison, être respectés une fois l'élève-athlète admis dans le programme.
«Dès qu'il y a un signal d'alarme, nous, les intervenants, agissons promptement. Si un élève-athlète a de la difficulté dans une matière, nous prenons les moyens pour y remédier. Soit en lui accordant des cours supplémentaires, soit en le dirigeant vers la remédiation. Le professeur ou le titulaire sont les premiers intervenants. Et le courriel nous permet d'avertir immédiatement les parents qui sont aussi informés par courrier électronique lorsque nous remettons un bulletin aux élèves-athlètes», raconte Rosemarie Boucher.
Ce type de communication est, paraît-il, très apprécié des parents.
Ça permet de conserver un haut taux de réussite. Les défections et rejets sont rares. Une vingtaine par année au premier cycle, cinq ou six au deuxième cycle. Mais pour ceux qui terminent, le taux de réussite est très élevé: 97 % dans un cycle normal et 100 % selon les critères du Ministère de l'éducation du Loisir et du Sport (MELS) - soit de terminer les études secondaires avant l'âge de 21 ans.
Une famille
Certains élèves turbulents au primaire deviennent presque des anges s'ils adhèrent au programme Sport-études. Peut-être pas tous, mais leur niveau de motivation et de concentration est plus grand parce que ces jeunes ne veulent plus quitter le programme. «La majorité ont besoin de canaliser leur surplus d'énergie, ce qui n'est pas toujours possible au primaire. En alliant études et sport, ils dépensent beaucoup d'énergie ce qui fait qu'une fois en classe ils sont plus concentrés. Certains avouent que leur comportement n'était pas aussi bon au primaire. Et ils sont fiers de changer de comportement. Ils apprennent aussi à admettre qu'ils peuvent être responsables de leurs erreurs», souligne Rosemarie Boucher qui a horreur d'entendre un élève dire que ce n'est pas de sa faute.
En fait, le programme Sport-études permet à ces jeunes de se responsabiliser, d'autant que certains d'entre eux doivent quitter l'école allant jusqu'à six semaines pour parfaire leur entraînement. Comme les élèves-athlètes de canoë-kayak qui, l'hiver, passent six semaines en Floride.
C'est le temps pour eux de faire preuve de responsabilité, d'assurer et assumer leur suivi académique.
Comme adjoints au directeur de l'Académie les Estacades, Rosemarie Boucher et Luc Francoeur sont de tout coeur avec leurs protégés. «On ne peut pas rester froid. On fait équipe avec ces jeunes. Leurs succès nous intéressent. On veut qu'ils réussissent, autant sur le plan académique que sportif. Nous ne pouvons afficher une attitude de détachement. Nous formons une famille et nous voulons donc que les jeunes parviennent à leurs fins. Nous sommes aussi de tout coeur avec ces jeunes qui pourraient avoir des problèmes personnels. Nous les soutenons et les encadrons, surtout s'ils sont en pleine crise d'adolescence. C'est la même chose dans les autres programmes de l'école (Art-études, Musique-études, etc...)», souligne Rosemarie Boucher.
Un privilège
Pour ces jeunes, leur admission au programme Sport-études est un privilège. «Les jeunes doivent se responsabiliser sachant que c'est un privilège pour eux d'être admis au programme», dit Luc Francoeur.
Mais lui et Rosemarie Boucher sont aussi des privilégiés d'oeuvrer dans un tel programme et ils l'admettent volontiers.