Si le voyage sur le Vieux Continent était planifié depuis quelques mois, le détour par la Floride pour se mesurer aux autres gars qui rêvent de s'établir sur le circuit le plus prestigieux au monde s'est imposé dans son esprit lorsqu'il a fait banco au Skins Game de l'AGPQ à Berthier cet été, raflant quelque 14 000 $.
«J'ai toujours dit que je participerais aux qualifications de la PGA quand j'estimerais que mon jeu serait à point et avec l'été que j'ai eu, c'est le cas», mentionne le représentant du Mirage. «Quand j'ai mis la main sur ce chèque, la décision était encore plus facile à prendre...»
Surtout que l'élève de Michel Martin a l'impression d'être plus en contrôle que jamais lorsqu'il se présente sur le premier tertre de départ d'un terrain de golf, lui qui a raffiné de petites choses qui font une grande différence en bout de ligne.
«Je sais qu'il y a beaucoup de gens qui pensent que si tu veux percer, tu perds ton temps au Québec, mais pour moi, ce fut bénéfique de passer du temps chez nous. J'ai travaillé avec Michel, avec Debbie Savoye-Morel, et j'ai réussi à améliorer mon jeu court.»
«Deux roulés de moins par partie, c'est six coups de moins après trois rondes, ça fait une énorme différence. Et puis ça met moins de pression au tertre de départ, tu n'es pas obligé d'être aussi agressif quand tu sais que ton fer droit est solide. Tout s'enchaîne dans ce temps-là et soudainement, les bons pointages s'accumulent», sourit-il.
Godin s'envolera d'abord pour l'Italie avec sa copine pour la première étape du circuit européen qui se tiendra du 27 au 30 septembre. «Nous serons 117 en lice, il y aura entre 20 et 25 laissez-passer pour la deuxième étape. Le calibre sera bien sûr relevé, mais au golf, tu te bats d'abord et avant tout contre toi-même», rappelle celui qui a choisi la qualification italienne parce que les conditions ressemblent davantage à celles du Québec.
«Au Portugal et en Angleterre, ce n'est pas le même gazon, ni la même température. En Écosse, à cause du vent, ce n'est pas évident... En Italie, je ne serai pas trop dépaysé. J'aurai besoin d'un cumulatif entre -4 et -6 pour passer à la deuxième étape, c'est un objectif atteignable.»
Un mois plus tard, il répétera le même exercice, cette fois pour la première étape des qualifications de la PGA.
«Nous jouerons des terrains de 7000 verges, je n'ai pas de problème avec ça. Par contre, la façon de penser est différente qu'au Québec où nous sommes impliqués dans des tournois de deux rondes. Il faut être très agressif ici étant donné que très peu de joueurs ont de bonnes bourses. Pour ces deux qualifications, ce sont des tournois de quatre rondes, et il y a plusieurs laissez-passer à l'enjeu. Ce n'est pas dramatique de partir croche, ou de connaître un mauvais trou. Tu peux revenir dans la course rapidement si tu gardes ton calme.»
Godin a beau investir des sous dans l'aventure, il assure ne ressentir aucune pression supplémentaire de rentabiliser ses deux sorties. S'il manque son coup cette année, tout indique qu'il répétera l'aventure à court terme s'il a encore la conviction que le jeu en vaut la chandelle.
«Au hockey, tu es brûlé à 22 ans si tu n'as pas percé, mais au golf, c'est bien différent. La moyenne d'âge des gars qui se qualifient pour la PGA est de 31 ans. À 27 ans, je suis encore jeune», rigole-t-il.
«C'est un sport tellement exigeant sur le plan mental que plus tu prends de l'expérience, plus tu es dangereux si tu as encore le désir de t'améliorer. Regarde Yvan Beauchemin, il a dépassé la cinquantaine et il réussit toujours à se battre avec les meilleurs. J'ai joué avec Serge Thivierge récemment, le monsieur a gagné le tournoi avec une ronde de 66... «
«Et puis si je ne vais pas aux qualifications, j'ai 100 % de chances que ça ne marche pas! Alors qu'au golf, ça prend juste un petit déclic et tu es en mesure de réaliser de très belles choses sur le terrain. C'est ce que je me souhaite!»
Carnet de notes
Louis-Pierre Godin a roulé pendant plus de huit heures vendredi dernier pour se rendre à Ridgeway afin de jouer une ronde de pratique en prévision du Championnat canadien des adjoints. Il a ensuite pris l'avion pour le Québec samedi soir pour assister au baptême de sa filleule dimanche, après quoi il a repris l'avion pour Toronto afin d'être présent lundi matin sur le tertre de départ pour sa première ronde officielle de la compétition. Un parrain attentionné, vous dîtes?