Élise Caron: «Déçue, mais tout de même contente»

Élise Caron... (Photo: Poughkeepsie Journal - Karl Rabe)

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Élise Caron

Photo: Poughkeepsie Journal - Karl Rabe

Robert Martin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «Je suis déçue, mais contente à la fois. Déçue, parce que nous avons perdu un match que nous menions avec un peu plus de deux minutes à faire. Contente, parce que notre équipe a néanmoins fait belle figure malgré la perte de notre meilleure joueuse (Erica Allenspach) en première demie. Mais contente aussi parce que je suis passée par des périodes difficiles à ma deuxième année et la saison dernière, et aussi parce que j'ai remonté la pente pour connaître une bonne dernière année.»

Élise Caron expliquait, au lendemain de l'élimination de son équipe, Marist College, face à Duke en deuxième ronde du March Madness, qu'elle avait fait une dépression lors de sa deuxième année avec les Redfoxes et que cette période sombre l'avait suivie lors de sa troisième année.

«Je me suis retrouvée seul à Poughkeepsie, loin de ma famille et de mes ami(e)s. Ça m'a rattrapée et j'ai connu une période sombre, pas facile et j'ai eu du mal à m'en sortir. Aujourd'hui, je suis contente d'être passée au travers de cette épreuve. Après ma troisième saison, l'entraîneur (Brian Giorgis) a vraiment mis les points sur les «i» et les barres sur les «t» avant que je revienne à la maison pour la période estivale. Je pense avoir répondu à ses attentes en connaissant une belle dernière campagne», disait Caron.

La Shawiniganaise a tellement bien surmonté son épreuve qu'elle songe à s'établir aux États-Unis... après, espère-t-elle, avoir fait carrière en Europe où il existe une ligue professionnelle féminine.

«Je n'ai aucun contact et si j'en ai éventuellement, je devrai sans doute m'en remettre à un agent. Mais les règlements de la NCAA nous empêchent de faire appel à un agent avant notre graduation qui est, dans mon cas, prévue pour le 21 mai. Dans mes projets immédiats, je pense qu'après quelques années je pourrais revenir aux études pour devenir «physician assistant». Je pourrais, alors, exercer la médecine sous la supervision d'un médecin», expliquait Élise Caron qui complétera sous peu ses études en biomédical.

Mais avant tout ça, elle espère revenir au Québec pour enseigner le basket-ball aux jeunes adeptes de la discipline.

Le match

Pour en revenir au match de lundi soir face aux Blue Devils de Duke, Caron affirme qu'elle et ses coéquipières étaient vraiment rendues au bout du rouleau.

«Nous avons perdu notre meilleure joueuse, mais comme c'est elle qui nous a transportées la saison durant, notre entraîneur nous a demandé de prendre la relève. Nous y sommes presque parvenus. À la fin, nos adversaires ont profité de leur force physique, elles étaient plus grandes et mieux bâties que nous, pour faire tourner le match en leur faveur. Après le match, toutefois, on parlait plus de notre performance que du jeu de Duke, même chez les partisans de cette équipe qui étaient quelque peu déçus», disait Caron.

Celle qui a fièrement toujours porté le numéro 5 disait, mardi, qu'elle ne regrette pas, malgré toutes les difficultés, d'avoir choisi d'évoluer avec les Redfoxes de Marist et d'avoir été l'une des meilleures Québécoises à évoluer dans la NCAA.

«Certaines filles ont choisi d'autres universités où elles ont pu jouer beaucoup plus que moi au cours de mes trois premières saisons. Mais, elles n'ont pas eu la chance, comme moi, d'évoluer dans une équipe gagnante. Si je devais prendre aujourd'hui une décision, je prendrais la même», concluait-elle.

Si Élise Caron peut être fière de sa carrière au basket-ball, toute la Mauricie devrait être fière de cette digne ambassadrice qui a eu une petite pensée pour l'équipe de son ancienne école qui disputera, samedi, la finale du championnat régional au niveau juvénile AA.

«Dites aux filles de donner tout ce qu'elles ont. Ça pourrait être leur dernier match de la saison, et de leur vie pour certaines. Il faut donc en profiter.»

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