Au 1er novembre dernier, la formation du Centre-de-la-Mauricie n'avait gagné que 46 amateurs par rencontre (moyenne de 2149), une maigre augmentation de 2,2% par rapport aux chiffres de l'année dernière. On s'entend pour dire que le calibre de l'équipe de l'année dernière n'avait rien à voir avec celui de cette année.
Depuis la parution du rapport du 1er novembre, les Cataractes ont disputé six autres matchs à domicile. Le 1er novembre, 2231 amateurs ont assisté à une victoire de 5-2 contre Drummondville. Le 14, ils étaient 2636 pour voir les Cataractes s'imposer 4-1 contre Gatineau. Le lendemain, contre le Rocket de l'Île-du-Prince-Édouard, 3108 amateurs, la meilleure foule de la saison, se sont déplacés pour assister à une victoire de 3-1. Contre Lewiston, le 21, la victoire de 7-4 a été enregistrée devant 2576 partisans. Par la suite, 2377 et 2203 amateurs ont respectivement été témoins de victoires de 5-3 et 7-3 contre Chicoutimi et Baie-Comeau.
Tout le monde l'aura remarqué, ces chiffres sont supérieurs à la moyenne avant le 1er novembre, ce qui est déjà une amélioration.
Deuxièmes au Canada, électrisants en attaque, solides le long des rampes, les protégés d'Éric Veilleux donnent un bon spectacle. Pourtant, seulement quatre des 16 matchs présentés à l'aréna Jacques-Plante ont attiré au moins 2500 amateurs. Un seul, celui contre le Rocket, a été joué dans un aréna rempli à pleine capacité (selon les chiffres de la ligue, le maximum à Shawinigan est de 2965 spectateurs).
À l'inverse, en septembre, deux rencontres n'ont pas dépassé le seuil des 1800 spectateurs (1650 et 1711)!
Après analyse de ces chiffres, je vois difficilement comment les Cataractes pourraient remplir le nouvel amphithéâtre, dont la capacité est établie à 4000 spectateurs, s'ils n'y arrivent même pas à l'aréna Jacques-Plante. Il y aura bien sûr le phénomène de la nouveauté au début. Mais après?
À moins, évidemment, que les amateurs de hockey de Shawinigan... et de Trois-Rivières arrêtent de regarder passer la parade et commencent à encourager l'excellente équipe mise sur pied par Martin Mondou et habilement dirigée par Éric Veilleux. Ai-je un parti pris? Assurément. Pour avoir vécu la course au championnat des Draveurs à leur dernière année à Trois-Rivières, je me considère plutôt bien placé pour en parler. Lors du sixième match de la finale, l'équipe, alors dirigée par Guy Chouinard, n'avait même pas fait salle comble. Une honte, si vous voulez mon avis. Les Draveurs ont finalement perdu lors du septième match et c'est le Collège Français qui a obtenu le laissez-passer pour la Coupe Memorial à Seattle.
J'entends déjà les chialeux dire que la visibilité n'est pas bonne à l'aréna Jacques-Plante, que les matchs vont être meilleurs après les Fêtes, que les nouveaux réglements ont rendu le jeu sans intérêt etc,. Ceux-là auront toujours une bonne raison pour expliquer leur absence. Ce n'est pas de ces chialeux que les Cataractes ont besoin. Ce qu'ils recherchent, ce sont des amateurs qui les appuieront dans les bons comme les mauvais moments, des amateurs qui pourront les pousser vers les plus hauts sommets pour réaliser ce qu'aucune équipe de Shawinigan, ni de Trois-Rivières d'ailleurs, n'a encore fait: remporter la Coupe Memorial.
Les Cataractes méritent assurément un meilleur sort, surtout qu'ils célèbrent cette saison leur 40e anniversaire. Pourquoi pas quelques paires de billets sous l'arbre de Noël en guise de cadeaux?
Et Trois-Rivières?
Je vois déjà les Trifluviens se moquer des Shawiniganais parce que ceux-ci n'arrivent pas à remplir leur aréna. Qu'ils se gardent une petite gêne parce qu'ils devront eux aussi montrer leur attachement à leur ville au cours de la prochaine année.
Dans le cadre du 375e anniversaire de Trois-Rivières, plusieurs activités sportives d'envergure seront présentées en nos murs. Dès janvier, on aura droit à un championnat canadien de boxe olympique et au championnat provincial de curling féminin. J'ose espérer que la population trifluvienne saura appuyer ses bénévoles et ses athlètes en participant en grand nombre à ces activités.
Guillaume Latendresse
Un petit mot sur Guillaume Latendresse maintenant.
Plusieurs amateurs s'énervent parce que Guy Carbonneau le promène d'un trio à l'autre... quand il ne l'envoie pas carrément dans les gradins. Personnellement, ça ne me fait pas un pli sur la différence. Pourtant, je ne suis ni anti-Québécois, ni pro-Russes. Je suis avant tout un amateur de hockey qui aime bien que son équipe gagne. Et Latendresse, à mon avis, n'a toujours pas fait la preuve qu'il peut être un élément de premier plan chez le Canadien.
Le grand gaillard aimerait bien que son entraîneur le fasse jouer avec un centre offensif. Tout à fait normal quand on a des mains comme les siennes. Sauf qu'il ne peut pas déloger un des six attaquants des deux premiers trios parce que son coup de patin est déficient. Plus lent que ça, tu joues en bottines!
Un jour, peut-être, Guillaume Latendresse remplira les filets adverses. Nul ne sait s'il le fera dans l'uniforme du Canadien ou dans celui d'une autre équipe de la Ligue nationale. En attendant, toutefois, il doit prendre tous les moyens inimaginables pour prouver à son entraîneur qu'il mérite du temps de glace en compagnie de joueurs de qualité. Ça veut dire se planter devant le gardien adverse et manger des coups sans répliquer, ou sans se faire prendre à répliquer. Un nom? Tomas Holmstrom. Ça veut dire aller dans les coins et gagner ses batailles. Un autre nom? Ryan Clowe. Enfin, ça veut dire être responsable défensivement. Un dernier nom? Milan Lucic.
Latendresse doit se retrousser les manches, jouer comme un chien enragé, manger les bandes, bousculer ses adversaires et marquer des buts. S'il fait tout ça, Carbonneau n'aura pas le choix de le faire jouer et personne ne pourra dire que le Canadien lui préfère injustement des Russes, des Ontariens où... des Martiens!
Je ne suis juste pas sûr qu'il a l'étoffe nécessaire...