Bactérie au CHRTR: une personne dans un état grave

Le Centre hospitalier régional de Trois-Rivières.... (Photo: Archives Le Nouvelliste)

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Le Centre hospitalier régional de Trois-Rivières.

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le Centre hospitalier régional de Trois-Rivières est en état d'alerte et a dû fermer, hier, le bloc opératoire et reporter 70 chirurgies de toutes spécialités, non urgentes, après avoir appris que la bactérie responsable de la gangrène, le clostridium perfringens, s'est attaquée à deux patients opérés les
14 et 18 février derniers. Une de ces personnes, opérées à l'abdomen, est toujours dans un état jugé critique et souffre d'une infection très sévère.

L'Agence de santé et des services sociaux Mauricie-Centre-du-Québec a été mise au fait de la situation ainsi que le service de Santé publique.

La directrice du CHRTR, Lucie Letendre, le docteur Lise-Andrée Galarneau, infectiologue et microbiologiste et le docteur Yves Lamirande, directeur des services professionnels, ont rencontré les médias en fin de matinée hier pour faire le point.

Le docteur Lamirande a expliqué qu'après avoir été mis au courant que deux patients avaient été infectés par une bactérie plutôt rare, une enquête a été ouverte qui a rapidement permis d'apprendre que les deux personnes avaient transité par la même salle d'opération du bloc opératoire, qui a été immédiatement fermée. Une recherche possible de contamination a été entreprise et les résultats préliminaires ont mis en évidence le même type de bactérie dans les filtres d'air de cette salle que chez les patients infectés.

«À la suite de cette découverte, les interventions ont été annulées dans l'ensemble du bloc opératoire et des prélèvements ont été faits dans l'ensemble des salles et le système de ventilation du bloc opératoire pour s'assurer de l'absence de contamination ailleurs que dans la salle concernée, a expliqué le docteur Lamirande. À l'heure actuelle, les cas urgents sont concentrés dans une salle ayant un système de ventilation différent des autres ce qui exempte des risques de contamination. Nous aurons les résultats en fin de semaine et à moins d'avis contraire, les activités devraient reprendre normalement lundi dans des conditions sécuritaires.»

Le docteur Galarneau a expliqué que le clostridium perfringens est différent du clostridium C. difficile, maintenant mieux connu du public. «Le clostridium perfringens est une bactérie que l'on retrouve fréquemment dans l'environnement ou dans la flore intestinale de toute personne en santé. Lorsque cette bactérie contamine une plaie profonde, elle peut être responsable d'une infection et dans de rares cas, d'infections sérieuses et graves associées à une gangrène. Dans le cas des deux patients (atteints), un se porte bien et l'autre est dans un état jugé critique.»

Pour des raisons de confidentialité, le médecin n'a pas donné beaucoup de détails sur ce dernier patient, sinon pour dire qu'on était en présence d'une infection avec complications, dans la région abdominale.

L'infectiologue s'est fait rassurante en soulignant que l'infection ne se transmet pas de patient à patient à l'intérieur d'un hôpital ou de patient au personnel et donc qu'il n'y a pas lieu de prendre des mesures d'isolement particulières. Les recommandations sont de respecter les pratiques de base, ce qu'on fait.

Ce n'est pas la première fois que le CHRTR doit affronter cette bactérie qui s'est déjà manifestée, quoique rarement, par le passé mais toujours dans des cas isolés et non deux cas rapprochés comme actuellement. Le médecin a ajouté que même si les 14 systèmes de ventilation fonctionnent de façon indépendante, des analyses y ont été également été faites pour s'assurer qu'ils ne sont pas contaminés.

Tous les patients qui ont été opérés récemment dans les salles concernées ont été contactés par le CHRTR et heureusement aucun ne présentait de symptômes suspects. Le docteur Galarneau a par ailleurs précisé que la période d'incubation de la bactérie était plutôt brève. Le premier patient l'a développée en 24 heures et le second en trois ou quatre jours.

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