Cancer: «Une spirale sans fin vers la pauvreté»

Catherine Gendron, du Mouvement Action Chômage de Trois-Rivières.... (Photo: Émilie O'Connor)

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Catherine Gendron, du Mouvement Action Chômage de Trois-Rivières.

Photo: Émilie O'Connor

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) N'importe quelle personne qui a le malheur de tomber gravement malade peut subir le même sort que la Trifluvienne Manon Douville, c'est-à-dire être obligée de liquider ses biens et ses économies pour essayer de survivre.

«Des milliers de personnes au Canada sont aux prises avec cette problématique-là», confirme Catherine Gendron, directrice du Mouvement Action Chômage de Trois-Rivières, un organisme qui, comme plusieurs autres, a tenté de faire allonger la trop courte période d'indemnisation de 15 semaines d'assurance-emploi.

Pire encore, si la personne malade n'arrive pas à retourner au travail après 26 semaines, l'employeur peut mettre fin au lien d'emploi, tient à signaler Marie-Josée Magny, directrice générale du Comité d'action des non-syndiqué-es.

Or, peu de Canadiens, semble-t-il, sont au courant de ces mesures qui les font tomber entre deux chaises, comme Mme Douville. Cette dernière est le cas typique d'une personne subitement malade qui ne peut retirer plus de 15 semaines d'assurance-emploi et qui a trop d'avoirs pour espérer retirer des prestations d'aide sociale. Elle devra donc liquider une partie de ses avoirs, peut-être tous même, pour manger, payer ses médicaments, déplacements et autres nombreuses dépenses de la vie courante.

«L'aide sociale va regarder ses avoirs et c'est là qu'elle va se faire refuser probablement, à cause de la valeur de sa maison, c'est-à-dire l'évaluation municipale moins le solde hypothécaire», explique Mme Magny. «Au niveau de ses avoirs bancaires, de ses liquidités, de ses assurances, de ses REÉR, il faut se débarrasser de tout», ajoute-t-elle.

«La maladie crée une spirale sans fin vers la pauvreté», résume la directrice du CANOS.

Ça pourrait être autrement si l'assurance-emploi avait une durée beaucoup plus grande pour des cas pareils, signale le député Robert Aubin du NPD dont le parti demande 52 semaines de prestations au lieu de 15.

Catherine Gendron signale que Manon Douville n'est pas la première à sensibiliser l'opinion publique à ce sujet.

On se souviendra de Marie-Hélène Dubé qui, en 2012, à la suite d'un cancer de la thyroïde, a amassé des milliers de signatures pour faire augmenter le nombre de semaines d'assurance-chômage. Le mouvement a aussi eu des échos à Vancouver.

Le député fédéral Robert Aubin signale que le NPD a déposé pas moins de neuf projets de loi à la Chambre des communes sur l'assurance-emploi, dont un sur la question des 15 semaines pour maladie parrainé par le député Fin Donnelly.

«Dans le cas du projet de loi de Fin Donnelly, l'avantage, c'est qu'il est passé en première lecture et la deuxième lecture n'a pas eu lieu encore», explique M. Aubin.

«Ça veut dire qu'on va, espère-t-on, profiter de tout le blitz médiatique qu'il y a autour de tout ce foutoir de l'assurance-emploi et peut-être arriver à sensibiliser davantage», espère le député. «Ce n'est pas qu'au Québec que ça crie», dit-il.

Marie-Josée Magny signale que le gouvernement fédéral n'a pas à refuser cette demande. «Le gouvernement ne contribue plus à la caisse de l'assurance-emploi depuis de nombreuses années. C'est vous, c'est moi et les employeurs qui contribuent à la caisse», explique-t-elle. «Le fédéral est responsable de la loi qui gère cette caisse», précise-t-elle, mais au bout du compte, c'est ceux qui contribuent qui devraient décider, fait-elle valoir.

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