Mortalité hospitalière: le CHRTR en queue de peloton

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Le CHRTR a un des plus haut taux de mortalité au Québec selon l'étude de l'Institut canadien d'information sur la santé.

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La Presse et Gabriel Delisle
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Au Québec, il vaut mieux être malade dans un hôpital universitaire que dans un hôpital territorial si l'on se trouve dans un état critique. Et les chances d'en sortir vivant sont encore meilleures dans un hôpital de l'Ontario.

L'image est forte, mais c'est le constat que dresse le premier rapport pancanadien sur la mortalité hospitalière, dont les données ont été dévoilées hier.

Cette étude nous apprend aussi que le Centre hospitalier régional de Trois-Rivières (CHRTR) se retrouve avec un des plus hauts taux de mortalité au Québec. Pour la première fois en six ans, l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS) a en effet obtenu les données du Québec sur la mortalité hospitalière, ce qui lui permet de dresser un portrait plus complet.

Ailleurs au Canada, de moins en moins de personnes meurent dans les établissements de soins de courte durée, avec une baisse de 16 % en 2012 par rapport à 2011, pour les 82 établissements sous la loupe de l'Institut.

Au Québec, 11 hôpitaux sont en tête du peloton pour leur bas taux de mortalité: le Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), le Centre de santé McGill (CUSM), l'Hôpital général juif, le Centre de santé de l'Université de Sherbrooke et le CHU de Québec.

À l'inverse, dans quatre hôpitaux, le taux de mortalité est plus élevé que la moyenne canadienne: l'Hôpital de Saint-Jérôme, celui de Verdun, le Centre hospitalier de Gatineau et le CHRTR.

«On ne s'en attendait pas», souligne le directeur des communications du CHRTR, Serge Boulard, qui précise que la direction du centre hospitalier étudiera les raisons de son taux élevé de mortalité. «Mais lorsqu'on gratte, nous arrivons à prendre du recul sur ces données.»

Le CHRTR ne remet pas en question l'étude de l'ICIS et affirme qu'il s'agit d'un outil pertinent. Cela dit, la direction du CHRTR estime que la perception des données à la source, des fois différentes d'un établissement de santé à l'autre, peuvent expliquer les résultats.

Cette vision est partagée par le porte-parole de l'ICIS, Claude Lemay, qui précise bien que ces données sur le taux de mortalité ne doit pas servir à établir un palmarès des hôpitaux. Il souligne que plusieurs facteurs, comme l'âge de la population, dont la moyenne est très élevée à Trois-Rivières, peuvent influencer les résultats.

L'Hôpital de Saint-Eustache, qui a connu une année sombre en 2008 pour avoir administré une surdose de médicaments fatale à l'ancien animateur de RDS Paul Buisson, a visiblement appris de son erreur. Le taux de mortalité dans cet hôpital des Laurentides est plus bas que la moyenne nationale depuis 2009, et il ne cesse de s'améliorer. À Montréal, l'Hôpital du Sacré-Coeur, qui accueille les cas lourds de traumatologie, se démarque aussi: il a amélioré sa performance de près de 25 % depuis 2007, pour se situer dans la moyenne nationale en 2010.

Mortalité hospitalièreen baisse en Ontario

À l'ICIS, le vice-président à la recherche et à l'analyse, Jérémy Veillard, explique que ces données sont d'importants indicateurs de la performance des hôpitaux.

«En Ontario, tout comme en Saskatchewan, la loi oblige les hôpitaux à publier leur taux de mortalité sur leur site Internet. On remarque que, depuis, la mortalité diminue d'année en année dans les hôpitaux ontariens», explique M. Veillard.

À titre d'exemple, le St. Mary's General Hospital, à Kitchener en Ontario, a diminué du tiers le taux de mortalité de ses patients depuis 2007. Il faut souligner que les hôpitaux de l'Ontario sont financés à la performance, et que la mortalité est l'un des indicateurs étudiés par le gouvernement pour établir les primes à verser aux établissements. Le gouvernement du Québec songe d'ailleurs à adopter ce mode de financement.

En Angleterre, où les taux de mortalité à l'hôpital sont analysés depuis des années, on observe que le nombre de morts a diminué de 19 % en 10 ans. Selon M. Veillard, il est clair que ces données «responsabilisent les professionnels de la santé, et incitent les patients à mieux s'informer des soins qu'ils reçoivent».

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