Les pharmaciens auront bientôt plus de pouvoirs

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Avant d'obtenir ces nouvelles responsabilités, environ 6000 pharmaciens devront être formés au cours des prochains mois.

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La Presse Canadienne

Les Québécois devront attendre encore jusqu'à l'été prochain avant que leurs pharmaciens puissent prolonger temporairement certaines ordonnances et prescrire des médicaments pour des maux bénins ou en prévention.

Une entente à cet effet était intervenue il y a environ un an entre le Collège des médecins du Québec, l'Ordre des pharmaciens et le ministère de la Santé et des Services sociaux.

Mais il fallait ensuite que chaque ordre professionnel adopte un règlement pour valider cette entente, ce qui vient d'être fait. Les trois parties en ont fait l'annonce lundi, à Montréal, franchissant ainsi une nouvelle étape dans ce long processus.

«L'étape qu'on vient de franchir ne permet pas aux patients tout de suite de bénéficier demain en pharmacie de ces services-là. À l'annonce de la loi (il y a un an), c'était  tellement attendu que les pharmaciens ont été littéralement envahis par des patients qui exigeaient d'eux d'avoir accès à ces services», a relaté la présidente de l'Ordre des pharmaciens, Diane Lamarre.

Il reste maintenant à publier le règlement dans la Gazette officielle et à négocier les honoraires professionnels des pharmaciens qui accompliront ces tâches à la place des médecins. Le ministre de la Santé et des Services sociaux pense que la négociation avec les pharmaciens pourrait être conclue le printemps prochain.

C'est donc «d'ici l'été» prochain que les pharmaciens pourront, par exemple, prolonger l'ordonnance d'une personne qui n'arrive pas à voir son médecin assez rapidement, alors que sa prescription de médicament est échue. Il devra cependant s'agir d'un problème de santé chronique, et l'état de santé de la personne devra être stable.

Certaines exceptions de prolongation d'ordonnances sont prévues, toutefois, comme les prescriptions de narcotiques et de médicaments qui, en général, peuvent causer de l'accoutumance.

Deuxièmement, le pharmacien pourra ajuster une ordonnance de médecin en modifiant la dose, la posologie ou la forme du médicament.

Troisièmement, il pourra substituer un médicament prescrit par un autre, en cas de rupture d'approvisionnement.

Quatrièmement, pour des fins de démonstration d'un usage approprié, le pharmacien pourra administrer un médicament par voie orale, topique, sous-cutanée, intradermique ou intramusculaire.

Cinquièmement, le pharmacien pourra prescrire un médicament lorsqu'aucun diagnostic n'est requis, notamment à des fins préventives, comme pour la diarrhée du voyageur, ou prescrire de l'acide folique à une femme enceinte.

Sixièmement, le pharmacien qui exerce en établissement de santé pourra prescrire et interpréter des examens de laboratoire pour faire le suivi de la thérapie médicamenteuse du patient.

Les pharmaciens suivront une formation théorique et pratique en conséquence.

«On était la province canadienne qui utilisait le moins les pharmaciens pour l'accès à la première ligne. Avec ce règlement-là, on devient la province canadienne qui les utilise le plus», s'est félicité le ministre de la Santé et des Services sociaux, Réjean Hébert.

Le président-directeur général du Collège des médecins, le Dr Charles Bernard, croit que les médecins aussi y trouveront leur compte, particulièrement les médecins de famille.

«Ceux qui vont consulter le pharmacien pour ces conditions-là vont libérer du temps pour les médecins qui vont pouvoir prendre des patients supplémentaires. Nous croyons fermement que toute cette diminution de volume de travail un peu répétitif, de prolongation, va amener une libération de temps pour la clinique pour les médecins, surtout les médecins de famille», a-t-il estimé.

Il ne croit pas non plus que ses membres vont sourciller de voir une clientèle leur échapper. «C'est sûr que les activités que les pharmaciens vont pouvoir réaliser sont faites pour les patients qui ont déjà des ordonnances, qui sont soit déjà suivis, ou qui ont soit consulté un médecin», souligne le Dr Bernard.

D'autres tâches pourraient un jour être dévolues aux pharmaciens, quoique l'horizon à ce chapitre reste imprécis.

«Avec l'évolution de la science, on devra examiner d'autres médicaments, d'autres conditions pour lesquelles le pharmacien pourrait être appelé à jouer un rôle plus important», a indiqué le ministre Hébert, avant d'ajouter qu'à son avis, «le règlement actuel couvre l'ensemble des médicaments et conditions qui pourraient être couverts par l'extension du rôle du pharmacien».

Reste qu'un comité de vigie, formé de représentants des deux ordres professionnels, suivra la situation pour voir ce qui peut être fait ensuite, selon l'évolution des connaissances.

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