«Ce n'est pas humain»

Réjean Gélinas estime que sa mère, Simone Bellemare,... (Photo: Émilie O'Connor)

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Réjean Gélinas estime que sa mère, Simone Bellemare, âgée de 98 ans, a été maltraitée à plus d'une reprise depuis son arrivée au Centre Cloutier-du Rivage.

Photo: Émilie O'Connor

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Exaspéré par différents incidents impliquant sa mère Simone Bellemare au Centre d'hébergement Cloutier-du Rivage, Réjean Gélinas a décidé que c'en était assez. Il souhaite dénoncer publiquement le mauvais traitement qui a été réservé à la dame de 98 ans au cours des derniers mois.

«Ce n'est pas la première fois qu'on entend que des personnes âgées sont maltraitées alors c'est pourquoi j'ai décidé de dénoncer la situation», lance-t-il.

Le dernier épisode qui a fait sortir M. Gélinas de son mutisme est survenu il y a quelques jours alors que le personnel de l'établissement a expulsé une dame qui rendait souvent visite à Mme Bellemare, notamment pour lui offrir des massages et lui tenir compagnie.

«Quand elle est arrivée pour lui offrir son massage, elle s'est aperçue que ma mère était dans son urine. Elle a donc demandé s'il était possible de la changer de couche. Les gens ont refusé et ont fait venir des gardiens de sécurité pour qu'ils l'escortent jusqu'à l'extérieur de la résidence», raconte-t-il.

La dame en question, Madeleine Proulx, s'explique d'ailleurs bien mal pourquoi les employés du Centre de santé et de services sociaux de Trois-Rivières lui ont montré la porte.

«On m'a renvoyée avec le gardien de sécurité. Je n'ai pas rouspété. La préposée était insultée parce que j'avais demandé pourquoi il n'y avait pas de service (pour changer Mme Bellemare). Ça me révolte, car je voulais seulement qu'elle se sente mieux. Tout ça est bien malheureux parce que je souhaite seulement aider cette dame-là», souligne-t-elle.

Un suppositoire, de force

Quelques mois plus tôt, une situation plus délicate est survenue lors d'une erreur de manipulation et a forcé l'intervention du médecin pour soigner une infection. On a d'abord demandé à Mme Bellemare si on pouvait lui donner un suppositoire dans ses traitements, ce qu'elle a refusé. Malgré tout, le personnel a procédé mais a commis une bourde pendant la manoeuvre. Plutôt que de l'insérer dans l'anus, le suppositoire a été placé dans le vagin de la résidente, ce qui a entraîné une infection. «Ça lui a fait très mal» note le fils de la nonagénaire.

Au-delà de l'infection, Réjean Gélinas se demande pourquoi les préposés n'ont pas respecté la volonté de sa mère. «Est-ce qu'une femme, qui est très lucide, a le droit de refuser un médicament ou non?», se questionne M. Gélinas.

Du côté de la direction du CSSS de Trois-Rivières, on explique ne pas pouvoir commenter le dossier de la dame en question pour des raisons de confidentialité.

Néanmoins, on souligne que tout patient a le droit de refuser des services. Pour ce type de situation, il existe un type d'approche afin de «permettre aux gens de ne pas se sentir confrontés dans les services qu'ils reçoivent» et «éviter qu'on se retrouve dans une situation conflictuelle», explique Sébastien Rouleau, directeur de l'hébergement au CSSS. D'ailleurs, un plan d'intervention est normalement mis en place en collaboration avec la famille du résident et le médecin.

Ongle arraché

Encore là, ce n'était pas la première fois que Réjean Gélinas jugeait que sa mère était maltraitée. D'ailleurs, il n'est pas le seul non plus à dénoncer la situation. Deux amis de la famille appuient notamment ses dénonciations.

Plus tôt lors de son séjour à Cloutier-du Rivage, Simone Bellemare avait eu un ongle arraché alors qu'on tentait de l'amener se laver et qu'elle refusait de coopérer.

Pour Élizabeth Salé, une amie de la famille qui travaille également comme infirmière, le traitement réservé à Mme Bellemare est insensé. «Ce n'est pas humain du tout, ce qu'on lui a fait subir. Pourquoi l'avoir tirée de force hors de son lit alors qu'elle ne le voulait pas?», indique-t-elle.

Les différents événements ont d'ailleurs eu une incidence sur le comportement de la résidente, croit son fils. Selon lui, elle est devenue plus craintive envers le personnel.

«Quand ils ont mis Mme Proulx dehors, on nous a dit qu'en demandant à ce que la couche soit changée, cela a traumatisé ma mère! Pourtant, quand j'ai parlé à ma mère, c'était bien plus l'infirmière qui lui avait arraché un ongle qui lui faisait peur», estime son garçon.

Au centre d'hébergement, on a proposé à M. Gélinas de formuler une plainte concernant les traitements offerts à sa mère, mais ce dernier ne croit pas que ça fera avancer le dossier. Il a préféré étaler la situation publiquement. «Je ne ferai pas de plainte, car ça donnera absolument rien. Ma plainte va mourir dans l'oeuf», plaide-t-il.

Le CSSS dit prendre «tous les moyens nécessaires pour s'assurer que les gens soient respectés dans les soins qu'ils reçoivent» et qu'il est toujours possible de porter plainte.

«Tous les événements indésirables qui se produisent sont très clairement pris aux sérieux. Quand c'est adressé à la commissaire aux plaintes, on se met aussitôt en mode enquête pour savoir ce qui s'est réellement passé et vérifier s'il n'y a pas des mesures qui doivent être prises», indique le directeur de l'hébergement du CSSS.

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