Au cours des trois jours que durera le forum qui devrait attirer plus de 350 cliniciens, intervenants, chercheurs, gestionnaires et citoyens mobilisés, plusieurs sujets seront traités en profondeur lors de plus de 45 conférences, ateliers et activités diverses. Les différents sujets au programme seront regroupés sous cinq thèmes principaux, soit l'homophobie, le deuil, le suicide dans les communautés autochtones, dans les milieux de travail et chez les jeunes de 17 à 23 ans. Le rassemblement est organisé par l'Association québécoise de prévention du suicide (AQPS) en collaboration avec le Centre de prévention suicide les Deux Rives et l'Agence de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec.
Selon le directeur général de l'AQPS, Bruno Marchand, ce forum, qui se tiendra à Trois-Rivières pour la première fois, a pour objectif d'optimiser les pratiques présentement utilisées afin de prévenir le suicide.
«On espère que cette réunion des acteurs permettra une continuité dans la transformation de nos pratiques. Si nous avons fait des pas pour prévenir le suicide, c'est que nous avons fait des actions significatives. Si on en perd encore 1100, c'est qu'on n'en fait pas assez. Il faut donc en faire plus et il faut savoir quoi faire de plus. On doit être convaincu qu'il est encore possible de faire baisser le nombre de suicides. Mais pour réussir, ce genre de rassemblement est nécessaire», explique M. Marchand. Ce dernier ajoute que son association a arrêté son choix sur Trois-Rivières pour tenir cet événement afin de répondre à une volonté de sortir des grands centres comme Montréal et Québec ainsi qu'en raison du dynamisme des différents acteurs régionaux impliqués dans la prévention de ce fléau.
Conscient que le tableau est particulièrement préoccupant dans la région comparativement à ailleurs au Québec, le directeur de la santé publique à l'Agence de la santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec, Gilles W. Grenier, soutient qu'il était tout naturel que l'agence s'implique dans cet événement. Elle versera notamment un montant de 5000 $ à l'AQPS qui permettra à 40 personnes endeuillées par le suicide de participer à la journée au cours de laquelle la thématique du deuil sera traitée. Rappelons qu'à chaque année, près de 100 personnes se suicident en Mauricie-Centre-du-Québec. En 2007, le taux enregistré était de 19,2 suicides par 100 000 personnes alors que la moyenne du Québec tournait autour de 14,2 suicides par 100 Québécois.
«Comme on a une problématique plus grave qu'ailleurs, il faut que nos actions soient vraiment efficaces. Les taux ont été plus élevés à la fin de années 1990 et au début des années 2000 et ça a baissé jusqu'en 2007 ou 2008. Maintenant il y a une stagnation. Il faut donc donner un coup de barre. Un forum comme ça permettra aux différents partenaires de discuter afin d'optimiser le système qui s'occupe des personnes suicidaires», mentionne le directeur de la santé publique.
Fait à noter, le forum se tiendra au centre des congrès de l'hôtel Delta.
«On ne pourrait pas se priver d'un événement comme ça»
Parmi les quelque 350 intervenants qui prendront part au Grand forum de la prévention du suicide qui se tiendra à Trois-Rivières au mois de septembre prochain, certains proviennent de la région et participent ou ont participé aux efforts de prévention du suicide. C'est notamment le cas de Philippe Roy, un Trifluvien qui étudie présentement au doctorat en service social à l'Université Laval.
Le jeune homme qui a complété son baccalauréat en psychologie à l'Université du Québec à Trois-Rivières a récemment été informé qu'il participera à une discussion au cours de laquelle il pourra présenter le fruit de son travail et discuter de celui des autres panélistes. Le doctorant s'intéresse tout particulièrement à l'adaptation au stress et au rôle masculin en milieu agricole.
"Au Québec, les plus hauts taux de suicides sont en milieu rural. À ma connaissance, la question de la prévention du suicide en milieu rural n'a jamais été abordé de façon large. Ce que je trouve intéressant de notre symposium, c'est que nous allons mettre en valeur les initiatives régionales. Ce que les différents intervenants font chacun de leur côté, on n'en entend pas vraiment parler", explique le doctorant.
Ce sera d'ailleurs la deuxième fois que le Trifluvien participera à ce rassemblement. Il avait également participé à un symposium sur le suicide chez les hommes lors du Grand forum qui a eu lieu à Rimouski en 2010. Tout comme les organisateurs, il est convaincu que ce genre d'exercice permet aux intervenants de trouver de nouveaux outils afin d'être encore plus efficaces dans leurs efforts pour prévenir ce fléau.
"On ne pourrait pas se priver d'un événement comme ça. C'est un point de rencontre entre la recherche, les interventions et les politiques publiques", soutient celui qui a également oeuvré dans le passé au sein de l'équipe de l'Accalmie, un organisme trifluvien venant en aide aux personnes suicidaires.