La direction de la coopérative a accueilli plusieurs dizaines de personnes hier matin à l'occasion de l'inauguration.
La coopérative loge dans l'ancienne usine Grand-Mère Shoe, où la clinique médicale s'étend sur 8600 pieds carrés au premier étage.
«La partie en briques rouges de l'édifice est occupée à 100 % ou presque, avec la pharmacie Uniprix et la clinique d'inhalothérapie au rez-de-chaussée et la clinique et la coopérative au premier étage. Mais toute la partie blanche de l'édifice offre 6000 pieds carrés sur deux étages. En juin, on attend une réponse du gouvernement pour l'implantation d'un CPE de 39 places. Avec ce CPE, on remplirait tout le rez-de-chaussée», raconte M. Laforme, en précisant que le premier étage de cette partie inoccupée est réservé pour une future phase de développement de la clinique.
À l'heure actuelle, quelque 10 000 personnes sont membres de la coopérative. À 50 $ la part, plus des frais annuels de 30 $, ce nombre permet à la coop d'avoir un projet viable. Mais du même souffle, M. Laforme précise que ce ne sont pas tous les patients de la clinique médicale qui sont membres de la coopérative.
«Le groupe de médecine familiale a 15 500 personnes. De ce nombre, 6000 sont membres de la coopérative. On souhaiterait que les 9000 autres personnes soient membres de la coopérative. Si toutes ces personnes étaient membres, ça permettrait d'offrir plus de services.»
Jean-François Laforme insiste sur le fait que la coop Le Rocher est un promoteur immobilier dans ce projet. La coopérative loue ses locaux aux médecins de la clinique médicale et ce sont eux qui paient les frais de location.
«Les médecins ont accepté de doubler leur loyer pour venir ici, souligne le président de la coopérative. Il y a une bonne collaboration entre la coop et les médecins.»
Le docteur Jocelyn Trudel, chef du groupe de médecine familiale, était très reconnaissant de voir que l'investissement de 2,5 millions de dollars provenant du secteur privé avait permis la naissance de cette coopérative dans le secteur Grand-Mère.
«Comme installations, c'est le jour et la nuit (comparativement aux anciens locaux). La réalisation de ce projet est la preuve que des solutions novatrices sont possibles.»
Le financement de la coopérative provient de commandites et des parts des membres pour environ 500 000 $. Quelque deux millions de dollars ont été financés sous forme d'emprunts.
4000 membres de la coopérative sont sans médecin de famille
La clinique médicale de la coopérative de solidarité santé Le Rocher prend les moyens pour s'assurer que tous les membres de la coop aient accès à des soins, même s'ils n'ont pas tous un médecin de famille.
Des 10 000 membres de la coop, quelque 4000 sont sans médecin de famille. Pour pallier ce problème, la direction de la clinique prépare depuis quelque temps un projet appelé "accès avancé". Selon le docteur Jocelyn Trudel, cette méthode provenant du domaine de l'ingénierie permettra de voir plus de patients grâce à l'engagement de toute l'équipe de la clinique."Le principe est simple: il faut considérer les besoins et les demandes des patients de façon égale. Les gens en première ligne recueillent les données auprès d'une personne qui appelle à la clinique et qui demande à voir un médecin. Le médecin est celui qui analyse les informations et décide s'il doit voir la personne."
Par exemple, le docteur Trudel mentionne le cas d'une personne qui a besoin de voir rapidement un médecin afin de renouveler son formulaire pour un permis de conduire, car un rendez-vous avec son médecin surviendrait après la date limite pour le renouvellement.
"L'assistante médicale va guider le patient pour qu'il obtienne un délai pour son permis. Le patient est satisfait et je n'ai pas besoin de le voir."
Toutefois, si une personne appelle en disant qu'elle ne va pas bien, qu'elle semble en état dépressif et qu'elle se trouve en présence d'une arme à feu, le médecin va rapidement la recevoir.
Le docteur Trudel explique qu'il a commencé à suivre une formation en ce sens par le ministère de la Santé. Il a toutefois ses idées afin d'implanter officiellement cette méthode à l'intérieur de la clinique.
"Ça fait 27 ans que je fais ça: ici, on ne fait pas de sans rendez-vous. Mais on voit entre 125 et 150 personnes sans rendez-vous, chaque semaine. On le fait dans notre horaire, entre deux patients."
Le docteur Trudel confirme que les autres médecins de la clinique médicale appuient cette démarche.