Fluoration: des risques légaux et financiers?

Trois-Rivières a décidé de fluorer l'eau potable.... (Photothèque Le Soleil)

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Trois-Rivières a décidé de fluorer l'eau potable.

Photothèque Le Soleil

Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La décision de la Ville de Trois-Rivières de fluorer l'eau potable fait vivement réagir la Coalition pour une gestion responsable de l'eau Eau secours! ainsi que la Coalition trifluvienne pour eau très saine.

Les deux organismes préviennent les autorités municipales et les payeurs de taxes que la Ville s'expose à «des risques légaux et financiers» en agissant de la sorte.

«Nous aimerions vous rappeler que personne ne peut administrer une substance dans un but thérapeutique chez un individu sans son consentement éclairé préalable, sans contrevenir à la Charte des droits et libertés du Canada, à la Charte des droits de la personne du Québec et à l'éthique médicale», plaident les deux coalitions.

Il n'y a pas qu'à Trois-Rivières que la fluoration de l'eau fait réagir les citoyens. À Waterloo, en Ontario, l'organisme Waterloo Watch qui regroupe des citoyens, des experts et des professionnels, a publié un document dans lequel il rappelle que ni les compagnies productrices de produits fluorés destinés à l'eau potable, ni le gouvernement ne sont responsables du contenu de ces produits. En cas de toxicité, la responsabilité repose sur les municipalités qui les mettent dans leur eau, signale l'organisme.

À la suite d'une pétition déposée par deux citoyens du Québec au Bureau du Vérificateur général du Canada, en 2008, demandant la cessation de la fluoration de l'eau, Santé Canada a reconnu qu'elle n'est pas responsable de s'assurer «que l'eau traitée ne pose pas de risques pour la santé des consommateurs, que ce soit en raison du fluorure ou de toutes autres impuretés.»

«À l'heure actuelle, les produits chimiques de fluoration sont gérés comme des produits de traitement de l'eau potable», fait valoir Eau secours! alors qu'on en fait un usage thérapeutique.

L'organisme qui certifie le contenu des produits de fluoration, c'est la National Sanitation Fondation. Selon Eau secours!, «la NSF se libère de ses responsabilités par une clause de décharge. Elle se dégage des responsabilités légales relatives à l'innocuité parce que les agences gouvernementales les auraient supposément (sic) prises en charge», ajoute la Coalition, ce qui n'est pas la cas.

Eau secours! a demandé au ministère de la Santé et des services sociaux, par la Loi d'accès à l'information, copie des études toxicologiques effectuées sur les composés fluosiliciques employés pour fluorer l'eau potable. La réponse du ministère fut la suivante: «Nous n'avons trouvé aucun document.»

«La même demande déposée auprès de Santé Canada donne un réponse équivalente», signale la Coalition.

Des citoyens de la Ville de Winnipeg ont récemment signé eux aussi une pétition pour dénoncer la fluoration de leur eau potable. Selon leurs recherches, «les résidents de Winnipeg ne sont pas traités avec du fluorure de calcium qui est reconnu par Santé Canada comme étant un minéral nutritif naturel. Ils sont plutôt traités avec des ions de fluor contaminés en provenance de l'industrie (le Na2SiF6, le H2SiF6 et le NaF), ce qui n'est pas classifié comme un nutriment essentiel», signale la pétition.

Eau secours! s'inquiète elle aussi de cette situation. Deux études récentes confirment, dit-elle, la toxicité des produits chimiques injectés dans l'eau.

Même s'il existe des informations scientifiques opposées sur la question, une analyse financée par l'Agence de santé publique du Canada et réalisée par l'Université de Calgary en 2011 indique que «certaines violations des droits de la personne sont justifiées lorsque le bien-être de groupes vulnérables est en jeu. Par exemple, la fluoration serait un moyen pratique et efficace d'assurer l'accès au fluor aux enfants de milieux moins favorisés n'ayant pas accès autrement au fluor pour assurer leur santé bucco-dentaire.»

Mais où trouve-t-on ce fameux fluor ailleurs que dans l'eau fluorée? Selon le Fluoride Action Network, dans la pâte à dents, dans les formules pour bébés, dans les céréales à déjeuner, dans le jus, les boissons gazeuses, le thé, le vin, la bière, le poulet et le poisson pour ne citer que quelques exemple. «Les jeunes enfants qui boivent fréquemment des quantités substantielles de jus ne devraient possiblement pas prendre de suppléments de fluor car ils risqueraient de développer de la fluorose dentaire», peut-on lire dans une étude publiée dans le Journal of the American Dental Association en 1996.

Pour les deux coalitions, il est donc clair, à la lumière des informations scientifiques connues, que la Ville de Trois-Rivières devrait revenir sur ses positions.

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